De la guimauve...


C'est l'automne. Il pleut averse, il vente, la température est presque divisée par deux. Donc pas de sortie facilement possible aujourd'hui, aussi bien en mer qu'en montagne. Est-ce donc en restant bien au chaud chez moi que je parle de guimauve, avec son chocolat chaud et son soupçon de cannelle ? Non bien entendu, vous avez l'habitude de mes introductions décalées...


C'est juste pour évoquer l’avènement tout proche d'Android Marshmallow, 6.0 pour les intimes. Heureux possesseur d'un Nexus de Google, je ne peux que m'en réjouir. L'idée même d'être émoustillé par le fait d'avoir la dernière version d'un OS, pour faire la même chose en fait, est un must chez le geek moyen.

Car oui, Lollipop a été un changement majeur dans l'OS de Google, tant en surface avec le Material Design, qu'au sein des rouages internes du système. D'où un passage plutôt justifié de la branche 4 à une branche 5. Mais ici, que nous apporte M ? Je ne déroge pas à ma ligne de conduite, pour la liste exhaustive des mises à jour dans Android 6.0, consultez les articles déjà copiés-collés rédigés sur la toile. Çà pullule de toutes manières...

Ici, la question des apports est plus "philosophique". Du peaufinage, c'est ce qui semble ressortir des changelogs. C'est très bien. Très très bien d'ailleurs si l'on en juge par les annonces traditionnelles quant à l'optimisation de la durée de vie des batteries (çà a encore moins de sens que les SMS de vœux du 1er janvier niveau vraisemblance...). Mais la question est : cela mérite-t-il un nouveau changement majeur de version ? De ce point de vue, l'informatique est devenue un vrai bordel, avec du Firefox 41 qui côtoie un noyau Linux 4.3 alors que je ne suis qu'en 4.1, ou un Windows 10 qui cherche toujours qui était le neuvième... Je ne joue pas spécialement la carte de la nostalgie des logiciels en version 1.0...0.x, mais où est passé l'attrait d'avoir la version à l'unité au-dessus si en fait elle ne correspond plus qu'à une vulgaire mise à jour corrective ?

C'est du pinaillage. Pour paraphraser Lisa Simpson (oui ! J'ose !!!) : la rose ne sentirait-elle plus aussi bon bon si elle ne s'appelait plus "rose" ? Bien entendu que l'étiquette ne change pas la qualité du produit. Mais si les renseignements qu'elle donne ne sont pas pertinents, à quoi sert-elle ? Et là de me rétorquer : tu as lu tes titres de billets ces derniers-temps ? En terme d'étiquetage frauduleux tu en fais un beau... Ouais, ouais... Mais on en arrive au même but : celui d'aiguiser la curiosité pour attiser l'attrait. Pas fou le Greg... Et c'est cet esprit "effet d'annonce" au détriment du contenu qui commence à m'agacer...

Sinon, en guise de conclusion à ce billet d'humeur déguisé en presqu'info technologique, oui, je me précipiterai sur l'image du Marshmallow dès qu'elle sera disponible, oui je céderai à mes bas instincts en flashant mon téléphone depuis un terminal sous Linux... Je vous fais la morale, mais au fond, je n'ai jamais dit que je valais mieux que vous les enfants...
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Paranoid Android

 


Comme le titre de Radiohead, pas la ROM Android custom... Varier les plaisirs est la règle ici.

En farfouillant sur la toile en quête d'actualité sur les marshmallows (mettez Android et marshmallow dans un moteur de recherche si vous n'avez pas compris), je tombe sur cet article. Pas mal d'autres sites ont relayé l'information, mais j'aime bien Korben donc c'est son lien que je choisis en illustration.

Sans entrer dans les détails "techniques" ni dans un débat sur le caractère prétendu facile de l'exécution (demandez déjà à mes parents de déverrouiller un smartphone tactile sans protection et pleurez de rire...), ce qui m'interpelle ici est que l'on en est arrivé à un stade où l'on doit systématiquement faire attention au moindre petit objet de notre quotidien, sous peine de voir notre intimité potentiellement mise à nu. Et ce par la faute à cette connexion omniprésente et vendue comme l'avenir.

Les "objets connectés". On a eu notre smartphone pour qui passer des coups de fils ou envoyer des SMS est vite devenu le comble de la ringardise. Si tu ne consultes pas les réseaux sociaux avec et que tu ne reçois pas tes spams, pardon mails, en temps réel, tu es d'un autre temps. On a enchaîné avec des concepts de gadgets risibles genre four ou frigo connectés... pour que les gens puissent liker ta quiche en temps réel je pense. Çà arrive mais je pense que çà restera plutôt confidentiel encore un certain temps. Et maintenant, la montre connectée et éventuellement les autres capteurs à faire pâlir d'envie les électroencéphalographes médicaux vue le nombre de paramètres biologiques mesurés.

Comme toutes les avancées, ne crachons pas forcément complètement dessus. Imaginons le cas d'une personne souffrant de problèmes cardiaques, avoir un monitoring quasi permanent peut éventuellement lui sauver la vie, ou du moins l'alerter en cas de pépin. Mais pour le reste ? Ceux qui partagent sans retenue leur vie via leurs comptes Google, Facebook, Twitter, ceux qui saisissent leurs identifiants bancaires ou fiscaux et demandent à leur navigateur de les retenir parce que c'est tellement plus simple. Là, la question de la risibilité de la faille exposée en introduction se pose.

On a "inventé" les mots de passe pour se sentir à peu près en sécurité comme on l'a fait avec les serrures et les clés. Mais on oublie qu'aucune serrure n'est parfaitement inviolable. Un petit malin arrivera toujours à déjouer l'entrave sans pour autant vous subtiliser la clé. On répondra que ranger ses objets de valeurs dans un coffre soigneusement clos suffit dans la majorité des cas à les défendre. Certes. Mais c'est là où je vous amène peu à peu depuis le début : dans le coffre tout est centralisé et on ne dépend que d'une serrure qui se doit de tenir le coup. Mais à répandre ses biens à droite à gauche, ou bien à introduire une deuxième porte moins sécurisée, on perd le bénéfice de cette relative protection. Une image que j'emploie souvent est celle d'une pièce fermée par une porte blindée, mais qui aurait une porte vitrée classique juste à côté de la première. Un simple coup à travers la vitre et exit l'inviolabilité du lieux.

Que ce soit clair, je ne me pose pas comme le prophète de la paranoïa sécuritaire, bien au contraire, je suis le premier à penser qu'une chose n'est jamais aussi bien cachée que si elle est exposée aux yeux de tous. Simplement je partage mes interrogations vis à vis du rapport entre les informations personnelles que les grands de l'informatique actuelle cherchent à nous soutirer pour mieux nous servir (ou nous cibler publicitairement...) et la protection de celle-ci.

En gros, posons-nous la question de savoir si l'on a réellement envie qu'une donnée personnelle qu'on divulgue mérite d'être possiblement montrée à tous avant de la saisir sur un quelconque objet relié au web...
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The Social Network

Vous le voyez beaucoup que j'ai rajouté les icônes de mes "réseaux sociaux" dans la barre de navigation ?



Pour la chaîne YouTube, c'est principalement par convenance, histoire de faciliter quelque peu le raccourci vers mes "œuvres" vidéo... ou surtout les images associées à certains de mes récits. Un petit point de détail qui m'a taraudé juste après avoir publié ce billet, je précise que je n'ai pas l'intention de monétiser mes vidéos. Certaines le sont, mais c'est le fait des musiques employées. A l'avenir, je tenterai d'en choisir de vraiment "libres". Certes je respecte le travail d'autrui, et c'est pour cela que je crédite systématiquement les auteurs dans les descriptions, mais je ne veux pas imposer aux viewers, pour employer le terme consacré, de subir les hypothétiques pubs associées.

Sinon, grosse nouveauté, je me suis décidé à ouvrir une page Facebook au nom du blog. Je ne suis pas fan du réseau social bleu foncé. J'ai eu un compte comme tout le monde par le passé, mais je l'ai vite clôturé vu l'inutilité du service pour mon usage... Je préfère l'interaction "réelle" avec mes amis, plutôt que des "likes" qui sonnent faux, ou des invitations usantes pour tel ou tel jeu bidon...


Alors pourquoi y revenir ?


Soyons réalistes. Google+ est tout sauf un réseau social actif. J'apprécie ce calme relatif plutôt que le spam de notifications. Mais à côté le blog perd en visibilité. Ou plutôt en possibilités d'interactions. Je vous ai déjà fait le coup du délire métaphysique quand à votre existence vis à vis du nombre de vues du blog. Pas de réelles réponses. Problème : j'ai activé des commentaires Google+, donc, pour qui ne veux pas adhérer au réseau, impossible de réagir.

Facebook est alors le moyen de prédilection pour allier visibilité et interactions.


Donc voili-voilou, sous couvert de trahir mes convictions, sachez que c'est juste une concession... Je ne mendierai jamais les pouces bleus ou les likes...

Sauf si vous voulez que pour le 100ème article j'enlève le haut ;-) (private joke)
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Productivité

 

Aujourd'hui je suis prolifique.

A croire que le temps libre me réussi, quitte à ce que je l'occupe inlassablement comme pour fuir le fait que je devrais plutôt en profiter pour me détendre un peu. Au lieu de flemmarder tranquillement pour profiter des derniers rayons du soleil d'été, voilà qu'une idée me vient pour m'occuper les mains sainement : Construire une platine pour ma caméra d'action.

Vous aurez sans doute remarqué si vous suivez ma chaîne Youtube que j'y poste mes vidéos d'exploits sportifs divers et variés (actuellement : mettre un masque et un tuba pour barboter entre les rochers au bord...), immortalisés grâce à ma YiCam. Pourquoi pas une GoPro me direz-vous ? S'il y a une chose que je déteste au plus haut point, c'est de ma faire pigeonner. La concurrente chinoise à bas prix était donc tout indiquée pour moi. D'autant que Xiaomi qui la fabrique est un acteur majeur du monde d'Android avec sa ROM MIUI. Et le vert/turquoise du joujou a fini de me convaincre...

C'est bien beau tout çà, mais çà tremble mon petit dans tes vidéos, as-tu consulté un neurologue ? Merci de vous en soucier mais non. C'est juste qu'en mouvement, c'est juste impossible ou presque de donner une impression de stabilité en tenant la caméra à bout de bras. Alors, je cherche çà et là comment y remédier. Le geek adore la recherche, c'est bien connu. Il en résulte qu'il existe divers moyens. Mais çà coûte un bras, tremblant ou pas ! Comment des bouts de ferraille peuvent être vendu près de trois fois ce que j'ai payé pour la caméra ? Qu'à cela ne tienne, le geek est ingénieux.

On va partir de cette image. A priori, c'est un boomerang avec 2 poignées. Et à quel prix... Je veux bien concéder que les matériaux soient insensibles à la corrosion, que tout soit étudié pour facilité l'usage de la caméra fixée. Mais tout de même... Je peux faire similaire pour beaucoup, beaucoup moins cher... Rien de spécial à faire aujourd'hui ? Direction le magasin de bricolage du coin...

Je l'avoue, j'ai trouvé l'idée de base de mon montage en farfouillant sur le web... Le geek a de la mémoire visuelle (mais pas des URL...). Donc, au menu des courses : une équerre à 2,50 €, deux tiges filetées en laiton pour 4,50 €, des écrous pour environ 5 € (et encore, il m'en reste plein...), 2 poignées de vélo pour 10 € (çà, c'est au magasin de sport bien sûr...), et une fixation GoPro pour tubes que j'ai malencontreusement abîmé, donc on va dire gratis... Soit un montant de 12 euros environ. Dix fois moins cher que l'autre.

Bon blablater c'est marrant, mais maintenant il faut sortir la clé à molette et s'amuser un peu... Un tout petit quart d'heure. C'est enfantin comme montage, j'ai plus perdu de temps à rajouter des écrous en plus pour rigidifier au maximum qu'autre chose...

Et voilà ce que çà donne :


Ne faites pas attention au filetage qui dépasse, j'ai oublié que je n'avais plus de scie à métaux...

En conclusion : oui, l'équerre d'acier ne va pas apprécier l'eau salée au long court. Mais je n'aurai qu'à la rincer le cas échéant après les plongées. De toutes manières il faut tout rincer après l'immersion, alors un accessoire de plus ou de moins... Mais à moins de 15 €, et surtout fait de mes blanches mains, que demander de plus ?

A tester dans les conditions du réel...
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A la faveur de l'automne...



... revient cette douce mélancolie. 1, 2, 3, 4 un peu comme on fredonne de vieilles mélodies.

Voilà, hommage annuel à Tété fait. J'aime cette chanson, cette "douce mélancolie" évoquée résume parfaitement l'état d'esprit de la fin annoncée de l'été. Exit la mer, exit cette chaleur lourde mais au fond pas désagréable... Bref, bonjour l'évocation de la grisaille, de l'incertitude pour les activités de plein air, et cette nuit qui arrive toujours plus tôt... Toujours trop tôt.

Mais à mesure que les années passent, je m'y fais. Après tout, on finit à force par comprendre que l'automne est plus un état d'esprit qu'un réel frein. Certes, les créneaux du jour, qui permet de réaliser mes précieuses activités, se restreignent. Et après ? De toutes façons je n'aime pas quand çà s'éternise de trop non plus. Une fois que tu as passé 5-6 heures dehors, tu peux bien rentrer après tout. Une belle journée tiède d'automne vaut largement les beaux jours d'été où le soleil t'écrase de son étreinte brûlante. Le calme de cette saison de raison qui suit le climax de l'année est en fait reposant et délectable.

Et surtout, je continue, voire reprends, mes dites activités. Marcher m'est difficilement supportable l'été, trop chaud et désagréable de cramer, et là je peux enfin songer à respirer de nouveau vers les sommets. Et pourquoi ne pas continuer un peu à plonger ? L'eau est encore très (trop ?) chaude. Même sans shorty ou combinaison, je me surprends encore à y rester près d'une heure à chaque fois que je veux sonder les rochers en quête d'images.

En sommes, rien de neuf. Pour une fois je m'en vais presque sereinement quitter la chaude saison... J'espère sincèrement faire de ce court billet une prémonition pour la reprise de mes promenades de rêveur solitaire. Un peu d'égoïsme a parfois du bon.
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L'Ascension de la Paglia Orba : 50 nuances de grès...




Depuis le temps que je cherchais à placer ce jeu de mots débile tout en restant parfaitement dans le ton de la conversation...

Nulle question ici d'un roman pour femme en mal d'émoustillation douteuse. Quoique... Il est question ici de mon week end passé à gravir la Paglia Orba avec un groupe d'amis. Rapidement, ce sommet est pour certain le plus beau de Corse. Je n'entrerai pas dans le débat, on peut difficilement mesurer mes petits sommets de moyenne montagne avec un morceau de 2500 mètres sous la toise. Mais il est de ces sommets qui se méritent.

En règle générale, quand j'ai dit ceci par le passé, que je devait mériter un sommet, il s'agissait uniquement de collecte d'information ou bien de conditions météo. Mais présentement, il est question pour moi de dépasser ma panique face au vide. Sur mes entiers usuels, finalement peu de soucis. Quelques passages un peu hauts mais en fait rien d'effrayant. J'en étais presque venu à croire que j'étais libéré de cette peur du vide, voire même que je n'en avais en fait jamais souffert. En y réfléchissant, me pencher légèrement de mon balcon ou tenter des activités de haut vol comme l'accrobranche ou bien du canyoning ne m'ont pas vraiment arrêté jusqu'à présent. Je sais que l'ascension de la Paglia Orba implique des passages estampillés comme de l'escalade, mais je me laisse tenter par le groupe. D'autant que nous aurons un guide pour nous mener tout là-haut... Bon gré mal gré me voilà rassuré.

D'un point de vue logistique, nous choisissons de scinder cette ascension en deux parties réparties sur un jour et demi. Le samedi après-midi, nous grimperons jusqu'au refuge de Ciottulu di Mori depuis le lieu-dit "Fer à cheval" non loin de Vergio. Ceci nous permettra d'éliminer 700 bons mètres de dénivelé pour le lendemain. Ainsi, le dimanche nous n'aurons plus, si je puis dire, qu'à gravir les 500 derniers mètres nous séparant de la cime convoitée. Et si nous sommes dans les temps, nous aurons en bonus droit à une escapade vers le Tafunatu qui fait face à la Paglia Orba. Cet œil immense de plus de 30 mètres de larges pour 10 de haut perçant le flanc même de la montagne... Grandiose. Le programme me semble réaliste, et, je radote, la présence du guide me sécurise.

Ainsi soit-il. Samedi après-midi, départ. C'est vers 16 heures que nous nous élançons. D'aucuns considéreraient cette heure comme tardive pour rejoindre un refuge, mais nous sommes des randonneurs chevronnés tout de même. D'autant que j'ai expérimenté une bonne partie de l'itinéraire en raquette cette hiver avec le club et que, malgré la neige, le périple était loin d'être insurmontable. Et surtout, vers cette heure-ci, le soleil d'août tempère quelque peu ses ardeurs, ce qui n'est pas négligeable aux vues de ces températures qui remontent encore malgré septembre tout proche... En effet pas de difficultés particulières à noter, nous avançons bien, même si l'un des deux seniors sexagénaires de la partie tire un peu la langue sur la fin de la montée vers le refuge. Mais rien qui ne ternisse la fête prévue. Çà faisait longtemps que je n'avais plus marché avec eux, c'est toujours sympathique de réitérer la chose sans souci quand au retour pour le soir...

Notre guide est d'ores et déjà très sympathique. Il semble maîtriser le coin, à saluer tous ces gens qui rentrent dans l'autre sens, cet homme aux bergeries de Radule sur le chemin et finalement le gardien du refuge. Et ce micro détour pour nous montrer cette splendide vasque naturelle et sa cascade, nous promettant un bon bain délassant au retour de nos aventures du week end. Et encore cet arrêt à cette petite source où il nous dit que l'eau est meilleure qu'au refuge... La confiance est acquise, c'est une bonne chose pour rester relativement insouciant vis à vis du lendemain.

Arrivés un peu sur le tard à Ciuttulu, juste le temps de dresser nos tentes et de changer nos habits humides de sueur pour des secs et surtout plus chauds vu que le soleil tombe. Le dîner est bientôt servi. Très bon pour un repas de refuge dont on pourrait attendre un raffinement tout sommaire. Mais en guise de dessert, nous voilà alertés par notre guide que nous pouvons voir le soleil se coucher si nous acceptons de courir un peu et de grimper le flanc de montagne tout proche. Nous sommes pris au dépourvu, la moitié de l'équipe reste sur place, et pour ma part, pas le temps de remettre mes chaussures. Me voilà donc à trotter en tongs sur le chemin caillouteux. Cette caricature du touriste en claquette sur les chemins du GR20 me saute aux yeux. Et il faut que ce soit moi qui joue le rôle de l'ahuri... Après tout, à s'arrêter aux considérations de ridicule, on ne ferait jamais rien. Et si l'on nous a proposé ce spectacle, c'est que le jeu en vaut la chandelle.

Merveilleux en effet que ce soleil rougeoyant qui meure dans l'horizon, tout çà sur un à pic immense. Notre guide joue déjà au mouflon à grimper sur un promontoire rocheux étroit pour mieux encore nous surplomber. Je le suis lentement, mes chaussures du moment ne sont pas des plus pratiques pour la varappe à la luminosité descendant drastiquement à mesure que je tente de le rejoindre. L'obscurité progresse rapidement. La pleine lune à l'opposé de la tombe du soleil annonce cependant une nuit claire et parfaitement dégagée. On nous promet un temps magnifique pour le lendemain. Parfait. Mais là, il est temps de rentrer et de se reposer pour attaquer à l'aube.

Et ainsi le lendemain nous sommes levés et prêts pour 6 heures. Un rapide café et quelques biscuits nous tiendront jusqu'à la cime. Le soleil peine à revenir à lui, les ténèbres de l'aurore sont nos compagnes pour les premiers pas. Vite estompées certes. S'élancer de la sorte pour le col des Maures me rappelle un peu mon départ matinal pour les aiguilles de Bavella, avec une fraîcheur contrastant largement avec la saison. Mais la lumière reprend ses droits et souligne les formes des monts environnants. Et d'étranges silhouettes non loin. C'est dur à croire, pourtant l'évidence est là. Ces ombres noires dansant sur les crêtes. Des mouflons nous gratifient de leur auguste présence ! C'est si rare, et souvent si furtif, et là ils semblent parfaitement faire fi de notre groupe. Certes, nous en sommes loin, mais ceux qui sont réputés pour se soustraire au plus vite de la vue des hommes sont alors bien facétieux. Les clichés abondent. On resterait presque ici finalement. Mais l'aspiration vers le haut est là...

Le col est rallié relativement rapidement. A notre gauche le Tafunatu. Ce ne semble être qu'une infinie muraille abrupte de là où nous sommes. La question me traverse brièvement l'esprit de savoir par où y grimper plus tard, mais je me focalise sur le but premier, la Paglia Orba. Et d'ailleurs, la petite grimpette commence. Quelques rochers un peu haut pour l'instant. Je ne peux m'empêcher de regarder autour pour tenter de deviner le chemin que nous allons prendre. J'aime bien anticiper. Mais là mon esprit déductif sèche. Les parois de grès aux cinquante nuances précitées sont tellement hautes déjà. Je me ravise, on a un guide pour nous y amener, il doit y avoir une astuce qui m'échappe en tant que simple marcheur dilettante. On continue.

Et la technicité s'accentue quand on doit réellement escalader pour franchir les obstacles. Jusqu'à présent, poser les mains était juste un confort pour ne pas trop forcer sur les pattes. Mais là on doit chercher nos prises. Pour les mains je suis confiant, c'est très binaire mais soit on accroche, soit on n'accroche pas, la peau en contact direct de la roche indique clairement la couleur. Mais pour les pieds, j'ai du mal à croire en l'adhérence du caoutchouc de mes semelles. Mes chaussures ont fait leurs preuves jusqu'à présent, j'ai peu de chutes à déplorer, et encore c'est surtout du dérapage contrôlé. Mais là j'ai du mal à m'en remettre à elles. Le vide qui s'accroît tout autour doit y être pour quelque chose... Je m'y reprends toujours à deux fois à tester mes appuis bas. Je crispe en plus les bras, au cas où je devrais soutenir mon poids en cas de chute. Je regrette d'avoir négligé l’entraînement du haut du corps à ce sujet, je ne suis certes pas lourd mais mes bras ne sont pas épais non plus... Drôles de pensées pragmatiques pour une situation d'adversité.

Et ainsi de suite, on grimpe, on se suspend pour franchir, on se hisse, on virevolte. Heureusement que l'on s'entraide, sans quoi je pense être déjà resté bien plus bas que là où nous en sommes. Et alors commence à poindre cette pensée : là où tu es, comment vas-tu revenir ? Déjà que la montée t'a impressionné, imagine un peu la descente avec le vide en face... Arrête de penser pauvre fou, tu veux finir paralysé de peur ? Non, mais il va bien falloir revenir... Le guide aura bien un plan B... Tu penses qu'il va te porter sur ses épaules, idiot ? Oh et puis zut ! Je me surprends à rester encore plus silencieux qu'à l'accoutumée. Je chasse un peu ce débat intérieur pour me focaliser plus sur le groupe et ne pas laisser de trop transparaître mon angoisse naissante.

C'est d'ailleurs une étrange et délicieuse torture : je souffre réellement de cette appréhension à chaque fois qu'un franchissement un peu hasardeux se présente, j'ai envie d'abdiquer, de hurler... et pourtant c'est déjà beau. Le cadre est extraordinaire, le Tafunatu est juste en face, juste séparé de nous par un abîme infini. J'ai la tête qui tourne mais j'admire çà. Le sol et le ciel se disputent mon âme. Je voudrais ramper au plus près de ces rochers et ne jamais m'en détacher, et en même temps je scrute furtivement pour admirer ce paysage libre tout autour. Cette ascension me fait mal, vraiment. Et pourtant j’égrène les pas les uns après les autres. Tout en m'accrochant je veux partir encore plus loin... Je ne suis plus que paradoxe. A chaque pallier de relative tranquillité atteint, à peine mon cœur a-t-il fini de battre la chamade à cause de la peur ressentie que je remonte encore. Jusqu'à la croix.

Aussi bizarre à dire que ce soit, le chemin de la croix a été le morceau le plus reposant. Ce faux plat bien large m'apaise après ces sensations fortes aux limites du supportable pour qui n'aspire pas à finir quelques centaines de mètres plus bas... On s'y avance, on s'y retrouve plutôt vite alors. L'espace à notre disposition est certes restreint, mais à ce moment le vide alentours est symbole de liberté plus que de contrainte, contrairement à plus bas. On domine largement presque tout les environs. Je n'en suis pas sûr, je ne suis pas vraiment en état de m'inquiéter de ce genre de détails alors, mais ce doit être le Cintu qui nous toise non loin... Mais après l'excitation juste passée, le souci est juste de reprendre au mieux ses esprits en admirant l'endroit qui m'a causé tant de trouble.

Je sais hélas que la descente s'annonce très rude pour moi, faire face au vide pour retourner au refuge ne sera pas une sinécure. Et pourtant je suis content d'être là. La victoire est en demie-teinte pour moi mais je veux garder en tête cette notion de victoire. Les passages délicats de l'aller le seront d'autant plus dans l'autre sens, mais je n'en ai cure pour l'instant... Tout le monde est content et satisfait. Il faut dire que nous sommes aux portes des cieux encore plus que jamais. Sur l'île j'ai rarement dépassé les 2000 mètres. J'ai bien culminé à près de 3000 mètres tantôt cet été au parc du Queyras lors du tours de la tête des Toilies, mais malgré tout, pas de sensation de détachement de la terre pour le ciel comme aujourd'hui.

Je suis en effet comme sur un rocher que le ciel aspire. C'est surréaliste comme image, mais c'est l'impression que ce sommet pointu sur lequel je suis me donne. C'est mon Ascension en quelque sorte. J'ai subi ma Passion, là je suis sensé être libéré de ce carcan terrestre ? Oui et non. Je suis heureux et triste à la fois. Mais cette fois ce n'est pas la tristesse de quitter le but du jour, non. Cette fois c'est de faire face à mes démons. J'ai sciemment accepté cette aventure, sachant que le chemin à suivre serait bien plus aérien que d'habitude. Je me suis moi-même menotté à cette locomotive que je dois désormais suivre jusqu'au bout. Et là, maintenant que nous nous apprêtons à rebrousser chemin, quoi faire ? Ce jeu sadique auquel j'ai donné mon consentement commence à ne plus m'amuser. La montagne y va franchement trop fort là. Pourtant d'où je suis je n'ai plus d'échappatoire. C'est peut-être çà au fond qui me tarabuste le plus. Mais j'accepte cette dernière séance de torture...

On redescend, je peine. On prend des couloirs étroits et raides, je maudis mes gambettes trop courtes. On est à flanc du vide, je lacère la roche de mes petits doigts crispés. On descend encore, je supplie intérieurement le ciel d'abréger mon calvaire... Je suis celui qui ralentit le groupe, je crois que c'est le pire pour moi. Humble serre-file depuis que je marche en collectivité, mon but ultime est de me faire oublier tout en étant sur le qui-vive pour m'assurer de ne perdre personne en route, tout en faisant face aux hypothétiques problèmes. Autant dire qu'être celui qui est en difficulté n'est pas le rôle que je souhaite avoir. Heureusement qu'ils sont patients. On n'est pas en avance sur le planning prévu. Le guide a-t-il été trop présomptueux, ou bien suis-je vraiment un boulet littéral ? En tout cas, à force de persévérance, on est enfin sur ce bon vieux tas d'éboulis entre la Paglia Orba et le Tafunatu qui ramène au refuge.

Je n'ai jamais autant aimé les pierriers. J'en serais presque au stade ou je me vautrerais volontairement pour avoir le plaisir de toucher au plus près ce sol qui m'a tant manqué... Mais pour l'heure, c'est le moment du choix : Tafunatu ou pas ? Il est évident que je ne suis pas en mesure de réitérer une escalade. Trop d'émotions tuent l'émotion. Mais je ne suis pas déçu. D'une part, je sais que j'ai pu aller au sommet de la Paglia Orba alors que seul ç'aurait été inenvisageable, d'autre part, je préfère m'effacer un peu pour que le reste du groupe motivé pour l'aventure puisse la faire... En fait de victoire en demie-teinte, c'est bien une victoire. Mieux vaut renter au refuge, terminer de démonter notre bivouac et profiter des clichés ramenés plutôt que de retarder inutilement à vouloir jouer au héros et passer en fait pour un pleutre.

Et surtout, j'aurai tout un sentier long et interminable, mais presque plat vis à vis de là d'où je viens, à fouler... On se retrouvera donc au refuge et en redescendra tout en douceur sur cette route si sécurisante...
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La cuillère



Un billet pseudo-philosophique pour fêter le retour de ma connexion.
Ou plutôt une réflexion personnelle sur le sens de ce blog. Rien que çà.

Attaquons fort : existez-vous ? Je veux dire, vous, face à votre écran, qui lisez mes articles, regardez mes dessins, ou qui fouinez par hasard sur ce blog parce que Google ou autre vous y a amené, est-ce que vous existez bel et bien, ou bien êtes-vous juste le fruit d'un fantasme égocentrique qui conduis à ce que je suis le seul qui vous fait exister ?

Je m'explique un peu plus : quand je vois les statistiques de visites de Geek-Boxer, j'en suis presque à 18 000 consultations depuis sa création, y compris pendant le passage à vide. J'ai certes eu des retours très sympathiques via Google+, donc je sais que mes déblatérations ne tombent pas vraiment dans l'oubli des tréfonds du web. J'ai également été à l'origine de quelques centaines de vues pour m'assurer que le style personnalisé fonctionnait (à peu près). Soit, mais pas 18 000. Me baser sur une "pub" via le réseau social fantôme de Google n'était peut-être pas la meilleure façon de procéder. Mais en même temps, je ne cours pas après la notoriété, je ne suis pas là pour être le centre d'une quelconque communauté, pour reprendre ce terme en vogue dans le monde où l'anonymat est paradoxalement le mot d'ordre. Ce que j'offre aux yeux du public, c'est ce que je veux bien montrer, ce que j'aime, ce que j'ai envie de partager. Et là j'en arrive au fondement même du cas de conscience du jour : le partage.

Comme je viens de le dire, je mets à nu la part de ce que je suis que je tolère d'exhiber. Avant le blog, peu de monde savait que j'aimais écrire ou dessiner, encore moins que j'aimais fuir la vie citadine pour le milieu de nulle part. Aux yeux des gens, j'étais juste un pharmacien lambda, ou pour les plus proches un pote un peu geek. Çà n'a pas foncièrement changé depuis, je vous rassure. Simplement, un beau jour, quelques retours de vive voix avec certains patients, qui me demandent si je suis celui qui écris ses balades sur Internet. Stupeur la première fois, pas préparé à cette notoriété soudaine et presque non désirée. Mais, petit mot d'encouragement, petite marque de sympathie sortie de nulle part. Et c'est à ce moment que je prends conscience que l'interaction avec "mon public" est un peu le but premier de cette exhibition. On me félicite pour mon travail, je n'en demandais pas tant en faisant çà.

Je m'aperçois en fait aujourd'hui que je n'ai pas eu depuis de réelle interaction avec vous, "public" (je ne sais pas trop comment vous appeler). D'où cette question un peu directe sur votre existence. Non pas que je vous supplie de m'assaillir de tout part de commentaires, le cas échéant je ferai de mon mieux pour les lire, mais je ne cache pas que je n'y consacrerai pas un temps monstre ; mais plutôt je vous invite à entamer la discussion sur n'importe quel sujet abordé et qui vous intéresse. Vous aimeriez avoir des détails sur une des balades que j'ai décrites ? Je vous les donnerai volontiers. A contrario vous avez des suggestions de lieux à visiter ? Je prends volontiers également. Des critiques/conseils sur le dessin à la tablette graphique ? Il faut que je m'y remette mais je suis tout ouï. Une proposition de sortie "extrême", style canyoning ? Mais bon Dieu je désespère de ne jamais en faire !

Soyons clair, je ne mendie pas l'interaction. Je suis le premier à rester silencieux quant à ce que je consulte sur la toile. Mais je vous invite simplement à ne pas hésiter à partager votre opinion ou votre expérience sous couvert d'une relative timidité. On n'est pas ici sur Youtube avec des guerres de commentaires frôlant le vide intersidéral en terme de fond. C'est un petit blog aux sujets relativement peu attrayants pour les masses, donc l'intimité des propos y sera préservée.

Ceci s'adresse tout particulièrement aux lecteurs réguliers, si j'en ai. Sur les 18 000 vues, je ne sais pas combien de personnes distinctes çà représente. Des one shots ou bien un noyau dur de fans ? A vous de me le faire savoir à l'avenir.
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Sevrage numérique



Ces jours-ci je coupe le cordon... ou plutôt le câble ethernet.

Ma connexion est en berne, la faute probable à des travaux pharaoniques proches de chez moi, qui s'éterniseront probablement à cause de l'été et d'une lenteur inhérente à ce genre d'entreprises. Mon FAI est prévenu, vive les boîtes vocales où il faut naviguer dans des choix prédéfinis sans jamais avoir un quelconque être humain au bout du fil... Mais tant bien que mal, j'ai percé le secret du labyrinthe et ai pu déclarer le sinistre. Et système D pour continuer à avoir une vie "normale" vu le nombre d'activités qui requièrent désormais un accès Internet. Même si à la rigueur, on s'en fiche, l'objet réel du billet est tout autre.

Vous avez déjà été mis face à une addiction ? Je ne bois pas, je ne fume pas, et ne complète même pas l'ancien slogan publicitaire (vous trouverez en cherchant un peu bande de dépravés...). Par contre, je me rends compte vis à vis de cette absence de connexion involontaire qu'une bonne partie de ma vie dans mon appartement s'axe sur le web et ses délices variées.

J'ai bien entendu déjà été coupé de la matrice. Volontairement, et je n'en m'en suis pas plus mal porté d'ailleurs. Au contraire, ces épisodes de vacances complètement déconnecté des vicissitudes de ce bas-monde étaient pour le moins reposants. Le retour était même parfois plus déprimant, avec la consultation et le tri des mails reçus entre temps (je déteste relever mon courrier, aussi bien pour de bon que virtuellement...). Mais là, autant je survis (fort heureusement...), autant je dois avouer que la privation fait resurgir la dépendance de mon train-train quotidien vis à vis d'Internet.

Journée ouvrée type : lever vers 5h30 (sic !), rapide petit-déjeuner, 5h50 séance de sport devant les clips musicaux à la télé pour éviter que cette scoliose ne finisse par me rendre bossu, 6h40 brin de toilette histoire de ne pas agresser olfactivement mes contemporains le reste de la journée, 7h20 allumage du PC... et c'est là que le drame commence. Rituel : relève des courriers de la nuit, peu de choses, surtout de la notification inutile qui part de suite au panier. 7h30 : au choix, en ce moment un peu d'écriture d'article, parfois du montage vidéo, ou si vraiment rien de transcendant papillonnage utilitaire sur mes pages les plus consultées (banque, météo, actualités de Manjaro...). En prenant à peine le temps d'y penser, c'est absolument non-nécessaire, mais c'en est devenu tellement ancré dans mes mœurs que j'effectue cette routine par réflexe. Et c'est justement la privation de la bonne exécution de cette procédure qui me balance à la figure cette triste réalité... D'autant que le reste de la journée n'est guère mieux : 12h30, seconde relève des mails, pas de forfait de données sur le téléphone, et Dieu merci d'ailleurs ! Puis visionnage de quelques vidéos sur Youtube pour se détendre avant de reprendre mon office, et le soir vers 20h00, re-belote... Point positif, je n'allume plus la télévision que le matin pour le fond sonore. Vu le niveau actuel, franchement je préfère l'errance youtubienne, au moins ai-je le choix de la connerie que je veux voir là-bas...

Hormis le caractère presque navrant de cette journée type et de sa redondance jour après jour, ce qui me pose souci c'est ce fossé que je suis capable de créer entre les moment où sciemment je me détache de mon ordinateur pour m'adonner au reste de mes activités, et là je ne songe même pas à ces choses futiles ; et ces moments où je reste chez moi à survivre comme une loque lobotomisée. La faute à quoi ? Le problème quand on est connecté, c'est qu'on a accès instantanément à l'info qui passe par l'esprit. Il me faut une image pour illustrer l'en-tête d'un billet ? C'est déjà trouvé. J'ai besoin d'informations sur une chose idiote à laquelle je viens de penser, aussi futile soit-elle ? Encore une fois je trouverai mon bonheur. Et manque de bol, je suis du genre à avoir le cerveau en ébullition quand je ne fais rien de concret. D'où cette addiction tragique.

Bon j'exagère le trait, comme déjà dit, je n'ai pas vraiment de mal à prendre mes distances avec ces travers. Je préfère encore une bonne sortie à un début d'escarres sur mon tabouret de bureau. Mais çà nous ramène au fait que la privation est le façon la plus directe de s'apercevoir de nos habitudes...

... Vivement que je retrouve une connexion tout de même...
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Trop de choix tue le choix



Vous est-il déjà arrivé de rester coi pendant de longue minutes devant un rayon de supermarché ? Vous avez besoin d'un pack de lessive, tout ce que vous voulez c'est que votre linge respire la fraîcheur, comme dans les publicités qu'on voit à la télé. Et là, un mur de produits se dresse entre vous et ce rêve de propreté fraîche. C'est bête à dire, mais c'est l'illustration la plus simple du titre de ce billet. Sous couvert de vous donner toutes les cartes afin de vous satisfaire (en faisant bien entendu abstraction de toute considération marketing quant aux dispositions des packs sur les étalages...), vous êtes plus embêté au final qu'autre chose... Un besoin, une réponse. On en est hélas loin.

Soyons clair, les lessives se vaudront toutes à peu près. Un tensioactif est un tensioactif, et à moins d'être absolument envoûté par un parfum précis, l'offre pléthorique n'est qu'un superbe trompe-l’œil. En fait, hormis choisir la poudre, le liquide ou les unidoses, vous vous passeriez bien du reste. Et d'ailleurs, à force d'habitude, c'est toujours vers le même conditionnement que vous vous tournez en définitive. Donc où est l'intérêt de ce mur ? Il en faut pour tous les goûts me direz-vous. Certes. Mais ces "goûts" ne sont-ils pas induits justement par cette fausse diversité ? Comprendre : si je ne propose que des pommes ou des poires, les gens choisiront forcément l'un des deux fruits s'ils éprouvent le besoin de se procurer des fruits, et s'en contenteront à peu près. Si je rajoute des oranges, forcément j'aurais d'autres personnes qui se tourneront vers elles. Idem si on y adjoint des bananes, des mangues ou des fraises. Ont-ils réellement besoin de ces options ou bien sont-ce elles qui créent le besoin ?

Vous vous en douterez certainement, je ne suis pas là pour parler panier de la ménagère. Simplement j'illustre ici un problème qui se pose jusque dans notre usage informatique. Pour 90% de la population utilisant un ordinateur, on a un bon vieux Windows préinstallé, pour les plus "chanceux" le pack Office qui va avec et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. On peut même surfer avec Internet Explorer, c'est vous dire comme le tableau est idyllique (l'ironie est-elle suffisamment palpable ?). En gros, pour qui reste dans le chemin balisé, pas de dilemme existentiel majeur du choix de l'orange ou du Skip liquide. On se prend bien un peu la tête entre Chrom(ium) ou Firefox au bout d'un moment, mais rien qui empêche de dormir. Seulement voilà, quand on a quitté le plus beau des châteaux possibles, où va-t-on ?

On sait qu'il existe un contient lointain qui s'appelle Linux. On a entendu de tout à ce sujet, tout et son contraire d'ailleurs. Les routes y sont pavées d'or mais il faut faire le pavage soi-même. C'est un monde sans maladie mais où il faut être médecin pour vivre en bonne santé. Les PC infirmes y remarchent sans canne, du moment qu'ils enfilent des chaussures pas trop grosses et qu'ils ne comptent pas faire un sprint. La vie y est gratuite mais demande un investissement personnel important. Au moins les frontières y sont-elles très permissives, on dit même que des visites organisées sans obligations y sont instaurées pour permettre à qui voudrait renter dans le vieux monde de le faire sans rien avoir à faire de plus que de redémarrer...

Mais même dans le cas de ces voyages organisés, vers quel tour operator se tourner ? Comment comparer les prestations offertes par chacun ? A qui promet la simplicité toutes activités comprises, à qui le séjour pas dépaysant du pays de la fenêtre, à qui l'aventure sauvage au pays de la console... et c'est là qu'on retombe sur le mur de lessive. Quand vous voulez simplement démarrer fissa votre ordinateur avec un système fonctionnel qui couvre l'ensemble de vos besoins, vous ne voulez pas forcément tomber dans l'élaboration du cahier des charges qui ferait passer un marché public national pour le remplissage d'un formulaire pré-imprimé. Et alors le bât blesse.

On a bien Ubuntu en tête quand on suit un peu l'actualité informatique. C'est très bien pour commencer (je suis passé par lui d'ailleurs pour faire mes armes comme vous le saurez), mais Unity peut dérouter le néophyte. On a également Mint, la fille de la précédente, qui lui ravi de plus en plus de suffrages avec son interface Cinnamon si "windowsiene" dans l'esprit. Pour le reste, c'est du bouche à oreille. On a entendu du bien de ceci. Oui, mais cela semble mieux. On ne comprend d'ailleurs pas toujours bien en quoi les distributions diffèrent entre elles. Si c'est juste l'environnement de bureau qui change, on peut toujours en installer un autre sur sa distro, ce n'est pas çà d'ailleurs la force des Linux ? Pouvoir changer à peu près tous les composants à loisir ? On s'aperçoit vite que oui et non... Qu'une Ubuntu classique ne devient pas vraiment une Mint par le simple ajout de Cinnamon. On apprend le jeu merveilleux des dépendances des paquets et des incompatibilités entre versions de ceux-ci. Ce savant mélange qui fait qu'à recette identique, le résultat ira de la pierre philosophale tant convoité à un gloubiboulga infect.

Et ceci illustre bien l'importance du choix initial : aller vers une distribution trop orientée simplicité risque de vous brider rapidement, alors qu'à contrario, se précipiter sur une distribution pour barbu de la première heure risque fort bien de vous dégoûter, voire même de vous pousser vers un système pommé (ironie ? Encore...). Avoir le choix ds supports liveUSB n'est pas la panacée. Démarrer sa machine dessus ne vous montre rien de plus que le bureau par défaut avec le thème par défaut. En gros le papier-peint et la déco intérieur. Certes, vous vous assurez que votre engin est supporté par la distribution. Mais j'ai envie de vous répondre : les bases sont les mêmes !  Pourquoi Arch marcherait si Fedora vous refuse ? Si au moins une d'entre elle démarre alors elles peuvent virtuellement toute aboutir au même résultat. Parfois il faut mettre la main dans le cambouis avec l'une ou l'autre, c'est un fait. Mais c'est aussi çà le prix de la liberté... Avoir une alternative ne fait alors qu'éluder le fond du problème et pousse à fuir plutôt que de comprendre les tenants et les aboutissants. On n'a pas tous à savoir réparer un moteur de voiture, les mécanos sont là pour çà, mais on doit au moins savoir changer une roue crevée si l'on ne veut pas rester sur le bas côté sous la pluie battante.

Pour clôturer ce billet, je dirais simplement qu'il ne sert à rien de m'énumérer la kyrielle de distributions à ma disposition, voire même qu'il n'est pas évident qu'elles présentent toute un réel intérêt. J'ai bien passé toute mon enfance à savoir que les aubergines étaient noires violacées avant que n'émerge la variété blanche... Et tout ce que je veux quand je recherche une lessive, c'est de pouvoir simplement laver mon linge avec si c'était mon but à l'origine...

... Méditez là-dessus en ces temps chauds estivaux.

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Youtube Money



Je fais juste une petite annonce personnelle et vous dévoile que je vais tenter de publier sur ma chaîne Youtube les vidéos de mes exploits sportifs quand j'en aurai l'occasion.

J'ai en effet récemment fait l'acquisition d'une petite caméra sportive genre GoPro (mais pas GoPro...) pour pas trop cher. Un peu déçu de la qualité des photos et vidéos malgré le capteur à 10Mp annoncé cependant. Mais bon, on annonçait une marque française, donc cocorico...

Bref, je tenterai d'y faire partager mes expériences hors-PC, mais pas forcément retranscriptibles au format texte...
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L'Homme descend du singe... et le geek descend de l'arbre



Pas plus inspiré comme entrée en matière.

Dans la série "je tente des trucs que je n'aurais jamais pensé faire il y a encore peu", j'appelle l'accrobranche...

Vous le saurez (de trop), je souffre du vertige. Enfin, le vide n'est pas pour me rassurer. Si je peux éviter de me retrouver au bord du gouffre je le fais, tout comme j'évite d'escalader pour ne pas risquer de me trouver paralysé au milieu de la course comme un idiot. J'ai cependant beaucoup progressé à ce sujet, à force de marches de plus en plus montagnardes, sans jamais réellement pouvoir être assimilées à de l'alpinisme, et heureusement.

Donc, il y a peu (environ un mois si vous voulez tout savoir), alors que nous terminions une escapade d'une semaine de marche au parc naturel du Queyras avec un ami (endroit extraordinaire au demeurant...), nous avons fait halte à Sisteron pour ne pas avoir une route trop longue pour le retour jusqu'à la cité phocéenne. Petite marche le premier jour, petite visite touristique de l'endroit de rigueur, et voilà que nous tombons sur un accrobranche. En plein cœur de la ville. Rien que çà. il ne nous en faut pas tellement plus pour nous décider à tenter notre chance.

Mon compère avait déjà expérimenté, personnellement je suis novice le plus complet. Il s'est donc imposé tout naturellement que nous tenterions le parcours dit "extrême". Je ne cacherais que j'ai émis quelques réserves au moment du choix, le "vous n'en avez jamais fait, c'est vous qui voyez" du propriétaire n'a pas dû aider. Mais bon, bon gré mal gré je cède aussi à la tentation. On a alors droit au briefing d'initiation, consignes de sécurités que j'écoute religieusement (on ne se refait pas...), ainsi qu'un test des différents types d'activités à 50 cm du sol. Jusque là, c'est encore supportable pour moi.

Attaquons le gros de l'aventure. On est quatre à ce moment. Deux jeunes locaux apparemment, mon camarade et moi-même. Il va être temps de se lancer. Littéralement. C'est une belle tyrolienne qui ouvre la marche. Une petite dizaine de mètres au dessus du sol sur une bonne trentaine de mètre de long, voire plus vu que je n'ai pas le compas dans l’œil. On laisse gentiment passer les jeunes, on sent que je risque d'être un goulet d'étranglement. Je précède par contre mon ami. Je ne saurais dire s'il a simplement fait ainsi pour s'amuser de ma maladresse ou bien s'il m'a envoyé au casse-pipe afin de ne pas commettre les mêmes bourdes que moi. Mais bref, il faut se lancer. Littéralement. Encore. Je ne sais pas si j'ai effectivement hésité longtemps lors de l'impulsion qui m'a fait quitter la plate-forme de départ. Mais l'hésitation était bien là. Et voilà que la course s'interrompt vers les 3/4 du trajet, faute à une pente pas très prononcée et probablement aussi à une poussée un peu mollassonne de ma part. Il va falloir terminer à la force des bras. C'est dans ces moments-ci que je suis heureux d'être taillé comme une crevette, moins lourd à tracter. A ma décharge, mon suiveur ne fait guère mieux, il doit aussi terminer le parcours à la main si je puis dire.

On enchaîne les "ateliers" : échelles de corde, rondins suspendus à traverser, balançoires infernales, funambulisme.... Toujours un peu lent de mon côté, mais qui veut aller loin ménage sa monture comme on dit. Les deux jeunes sont loin, très loin. Mais on progresse. Les bras commencent à brûler, il faut dire que j'en abuse pour me tenir à cause de l'appréhension sous-jacente de choir. J'ai le vertige que diable ! Même si la vision du sol en bas me dérange de moins en moins. Peut-être justement grâce à cette fatigue salutaire qui me change les idées. Je sais que je souffrirai une fois l'adrénaline retombée, déjà quelques bleus également çà et là à cause de réceptions hasardeuses. Pourtant je ne me suis que très rarement senti aussi bien. La peur n'est plus. La souffrance me fait sentir plus vivant que jamais. On a bien fait de venir.

L'épreuve finale est là : le saut de Tarzan à la liane. A peu près confiant jusqu'au moment d'y arriver. Une fois la liane hissée en main, déjà moins. Elle est trop courte si vous voulez mon opinion. Je suis déjà à moitié penché dans le vide pour la tenir. Difficile de fournir une bonne impulsion dans ces conditions. Pourtant j'y vais. Je saute. Comme je peux. Je vole ! J'y suis presque à ce filet de réception qu'il faut choper au vol. Je le vois. Je l'ai presque. Mais je perds de la vitesse. Je ne remonte plus autant. Çà va être dur... Un coup de rein pour tenter de forcer ces derniers centimètres. Non... Si... Non... Si ! Le der des der. Le maillon ultime sans exagérer. Je agrippe à deux doigts. Mais je suis accroché. Je dois me hisser maintenant. Rien qu'à la force des bras. Je n'en peux plus. Je suis fatigué. Et pourtant, maillon après maillon je grimpe. Les jambes sont à porté pour m'aider. Je suis sauvé, enfin je peine moins. Et la plate-forme. Çà y est, je l'ai fait. J'y suis. Une dernière tyrolienne et me voilà au sol.

Je suis sale, en sueur, couvert de poussière et autres débris végétaux. J'ai quelques belles ecchymoses. Mais je l'ai fait. On s'est bien amusé en guise de fin de séjour. J'ai pu me confronter à l'un de mes vieux démons. Je lui ai fièrement tenu tête. Pas vaincu, mais fait face et lui ai montré que je ne m'arrêterai pas à cause de lui. C'est bien, je ne suis pas perdu au moins...
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Le fond des choses



Au moins aurais-je évité un "sous l'océan", à la Disney.

Des hauteurs des monts je passe aux abysses insondables... de Méditerranée. Moins impressionnant de suite, mais pas moins intéressant.

Pourquoi ? Toujours cette difficile question concernant la motivation de l'acte. Plus facile de dire "comment" en règle générale. Mais pour une fois, pas d'esquive style "pourquoi pas ?". Pour en revenir à la question, simplement pour l'envie de varier un peu les plaisirs. J'ai toujours aimé ce qui avait trait au monde marin : tout petit déjà, fan des productions de Cousteau, et toujours avec le masque vissé au crâne l'été à la plage. Certes très cliché comme réponse, mais sincèrement, que faut-il de plus pour motiver un acte ?

Tout a commencé avec un baptême tardif l'an dernier au mois de septembre. Le lieu choisi, l'anse de Ficaghjola était riche de signification pour moi. Au pieds du quartier Saint Joseph de Bastia, là où je suis né et ai passé les premières années de ma vie. J'avais eu l'occasion durant mon plus jeune âge de fréquenter son reste de semblant de plage, alors que le reste du front de mer avait été réaménagé bien avant pour permettre le passage d'une voie de désengorgement de la ville. Pas de discussion sur les tenants et les aboutissants du massacre d'une plage à Bastia même, écologie et tradition versus évolution, le débat est toujours inextricable... Un baptême ici ? Un peu circonspect, mais admettons.

Mise à l'eau avec mon moniteur, équipement de rigueur. En baptême on est assisté au possible, ce qui est normal en tant que novice, la plongée en bouteille différent totalement de la simple apnée qu'on pratique tous. Attention, la zone de baptême, de 3 à 6 mètres reste absolument sans dangers, au pire l'inconfort dû à la non dépressurisation des tympans. Ne reste qu'à accepter le détendeur en bouche, bien écouter les quelques recommandations du moniteur et c'est parti.

Quelle surprise ! Si proche de la plage bien fade, herbiers de posidonie, poissons variés, étoiles de mer etc... Je ne suis pas un fin zoologiste, de là à vous dire au juste ce que j'y ai vu ce jour, on dépasse largement mes capacités d'identification. Mais un spectacle merveilleux, de quoi donner l'envie d'approfondir le sujet, si je puis dire.

J'ai depuis rejoint un autre club, le premier ayant eu des créneaux d'ouverture non adaptés à mon emploi du temps. Je progresse petit à petit : niveau 1 (j'ai le droit de plonger accompagné jusqu'à 20 mètres de fonds), et récemment un PE40 (c'est un module qui m'autorise à plonger accompagné jusqu'à 40 mètres). En attendant un éventuel niveau 2 (là on rajoute la possibilité de plonger en autonome, comprendre : jamais seul, avec d'autres niveau 2, mais sans guide), ce duo me permet d'accéder à pas mal de fonds dignes d'intérêt. C'est toujours grisant de trouver çà le poulpe planqué dans son trou, là la murène tapie dans son antre, ou encore ici une énorme araignée de mer... Toujours sans toucher, c'est la règle : ne pas abîmer le milieu.

Je vous passe les détails sur la technicité de l'activité. Importante certes pour minimiser les risques, mais loin d'être insurmontable, 2-3 principes physiques de base pour tout dire. C'est extraordinaire cette sensation que l'on ressent dans ce monde où l'on progresse en semblant de lévitation lente, savant mélange de liberté et d'une maîtrise tout en douceur et en finesse. Un jour peut-être partagerai-je des clichés, même s'ils ne refléteront que partie de l'expérience... Mais on n'en est pas là, le matériel résistant à la pression n'est pas à l'ordre du jour.

En somme, de quoi varier entre les sommets et les fosses...
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Manjaro, le goût des choses simples



Détournement éhonté d'un ancien slogan publicitaire... Je n'en suis plus à çà près.

Revenons au propos initial : la distribution Manjaro, et son slogan propre "enjoy the simplicity" ("appréciez la simplicité", pour les plus anglophobes). J'ai en effet changé depuis la première ère du blog. D'Ubuntu à Manjaro. Expliquons brièvement pourquoi.

Pas de réelles raisons en fait. Je suis resté fidèle à la distribution de Canonical jusqu'à la 14.04. J'ai bien testé la 14.10, mais suite à des soucis à l'usage de certains logiciels que j'utilisais alors, j'ai du faire machine arrière en version LTS... Premier point. De plus, comme je l'avais déjà énoncé depuis longtemps, je lorgnais sur Manjaro depuis un bout de temps. Second point. Enfin, j'ai fini par me sentir prêt à passer à quelque chose d'un cran plus technique. Attention, Manjaro reste très accessible, on l'appelle souvent d'ailleurs l'Ubuntu de Arch, à juste titre à mon sens. Cependant, son caractère de rolling release requiert parfois un peu de technicité, ce sur quoi on reviendra. Troisième point. Victoire !


Je ne vais pas faire ici une revue de la distribution, je l'ai souvent répété, je ne suis pas là pour faire dans la technique brute. Je vais plutôt tâcher de vous décrire mon expérience à l'usage. Certains de mes choix seront certainement critiquables, mais ce sont les miens, pour mon utilisation en fonction de mes besoins sur ma machine. Libre à chacun bien entendu de se faire sa propre opinion sur une image live.

Qu'est-ce au juste que Manjaro ? C'est une distribution basée sur Archlinux. Arch est austère, mais efficace. Mais austère tout de même. Même si des tutos très complets existent, ainsi qu'un wiki particulièrement bien étoffé, difficile pour le quidam moyen de l'appréhender facilement. Elle vous donne la main sur TOUT votre système. Rien de réellement imposé, mais en contrepartie, à vous de mettre les mains dans le cambouis pour arriver à votre système aux petits oignons.

Manajro se veut comme une Arch facile d'accès. C'est bien entendu louable, mais dans le fond, pourquoi vouloir rendre grand public une distribution qui se veut réservée à ceux qui ne craignent pas de se documenter pour maîtriser complètement leur système ? Des efforts ont été faits (et sont toujours faits, la distribution n'est pas encore en version 1.x, malgré une stabilité exemplaire selon mon expérience), notamment sur l'installation graphique somme toute classique à l'heure actuelle, ainsi que sur la gestion graphique des paquets (même si sur ce point je trouve la ligne de commande au finale plus stable et efficace). D'autres petites attentions existent : un panneau de configuration propre à la distribution, qui permet même de switcher facilement de kernel, et surtout mhwd (pour Manjaro HardWare Detection), un utilitaire en ligne de commande assez bien fichu pour tout ce qui est installation de pilotes propriétaires (ou retour aux libres bien entendu). Pour résumer, la base Arch, avec de quoi attaquer immédiatement l'utilisation de votre session.

Bon, tout n'est pas si simple non plus. Tout d'abord, il faut choisir la version de Manajro, comprendre : l'environnement installé. 2 choix officiels, et quelques dérivés, on est encore proche de cet asspect Ubuntu. Niveau officiel, on a le choix entre Xfce ou KDE. Notons la présence d'une version Netinstall, très proche d'Arch dans le sens où vous composez vous-même votre système... à partir de la ligne de commande. Quelques compétences sont requises bien entendues, même si on s'en sort très bien avec le concours des wiki d'Arch et Manjaro. En ce qui concerne les dérivées, c'est au bon vouloir des contributeurs. Je retiendrais surtout la version LXQt, maintenue par un français.

Après le choix de l'environnement (personnellement, Xfce), rien à signaler quant à l'installation. A noter un crash majeur lors d'une mise à jour avec l'utilitaire graphique, mais que je mets plutôt sur le compte d'une installation en mode UEFI (saleté d'innovation... désactivée depuis). Réinstallation propre en mode BIOS, tout roule depuis. Car oui, comme sa maman, Manjaro est une rolling release. Quésako ? Grosso modo, 2 types de mises à jour pour les distributions Linux : la "grosse" mise à jour, avec changement radical entre les versions de la distribution, seules les mises à jour correctives sont déployées pendant la durée de vie d'une version (exemple : Ubuntu) ; et la rolling release, où l'idée est alors de mettre à jour de façon incrémentielle le système, dès qu'un composant reçois une mise à jour. Ici on a cependant un petit tampon d'environ une à deux semaines, histoire de s'assurer de la réelle stabilité de ce qui est changé. Pas forcément plus mal, on n'attend pas non plus de trop avant de recevoir les dernières moutures de ses paquets et/ou logiciels.

Bon, çà s'installe plutôt bien, c'est costaud, mais à l'usage, qu'en est-il ? Xfce disais-je. Quand on vient d'Unity, et qu'on a aimé l'expérience, cet environnement ici calqué sur du Windows classique peut décevoir. De prime abord. En effet, le bureau à la souris est d'une malléabilité incroyable. Tout n'est que panneaux et plugins qui accomplissent leur tâche à la perfection. Pour couper court, d'un Windows banal, je suis arrivé à un Ubuntu-like, avec seulement un plugin installé en plus de l'offre par défaut. Les goûts et les couleurs ne tolérant aucune discussion, passons à une considération bien plus terre à terre : la fluidité de l'interface. Et là on peut dire que c'est rapide ! Démarrage dans la minute malgré mon bon vieux disque dur classique, pas ou peu de lag, et une quantité pléthorique de RAM encore disponible... Très très bon. Certes, avec un environnement léger de telles résultats sont prévisible. Mais toujours bluffants et agréables.

Allons un poil plus profond au sein du système, avec la gestion des paquets. Çà reste une composante cruciale. D'aucuns diraient même la base du système. Ici on hérite de pacman d'Arch. Hormis la référence à la boule jaune, pacman se montre d'une efficacité redoutable dans les gestion de la cohérence du système. Les dépendances sont gérées bien entendu parfaitement, et la maintenance du système (installation/suppression des paquets, mise à jour du système...) d'une facilité déconcertante tant qu'on a assimilé la syntaxe des commande adaptées. Mais la grande force de pacman, c'est son dérivé yaourt (quel humour chez les libristes...). yaourt sert à à peu près à la même chose que pacman, à ceci près qu'il permet l'installation directe de paquets absents des dépôts officiels, mais hébergé sur AUR (pour Arch User Repository, grosso modo, les paquets mis à disposition par des utilisateurs, mais vérifiés par des "trusted users"). Le système est si bien rodé qu'en une seul ligne de commande, vous pouvez tout mettre à jour, mais là absolument tout...

Voilà pour ce tout d'horizon. Plus à venir en fonction de mes inspirations...
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Les promenades du rêveur... réunies



Oyez braves lecteurs !

Comme promis depuis peu, je vous remets bien gracieusement le recueil de mes récits.

Je vous ai donc concocté un PDF, que j'ai commencé à illustrer.
Je le mettrai à jour je l'espère.

En attendant, jetez un œil à la section "Multi-Médias".
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Les promenades du rêveur solitaire - Le tour des aiguilles de Bavella en mai 2015




Parler. Ou en l'occurrence ici, écrire. C'est à la fois si simple et si difficile quand on n'a rien à exprimer digne d'intérêt. Largement plus d'un an depuis le dernier récit, et pourtant je n'ai pas cessé pour autant mes marches. Voire même, je les ai multipliées en rejoignant un groupe de randonneurs. Le hic est que, de fait, je ne suis plus seul à ces moments. Lapalisse lui-même n'aurait pas osé cette constatation désarmante d'évidence. Je n'ai jamais eu envie d'exposer d'autre point de vue que le mien dans mes chroniques. Égoïsme ? Non. Simplement le fait que je n'assume que mon expérience propre des situations, et que je ne veux pas prétendre coucher dans ces lignes l'interprétation d'un ressenti autre, au risque de le biaiser par l'adjonction de ma propre compréhension du contexte par dessus.

J'aime me promener en groupe. Me dédouaner de la pression d'être entièrement responsable du trajet à suivre, des temps de pause. En somme, je me laisse vivre à ces moments. D'ailleurs, nous avons beau discuter longuement en cours de trajet avec les autres participants, je finis toujours dans ce même monde intérieur. Toujours eu cette capacité à me couper du reste du monde quand bien même je suis en son milieu. C'était plus simple en étant effectivement seul sur le sentiers, même si ceci garantissait au moins une vigilance nécessaire à chaque instant. Là ce n'est plus réellement utile. Suis bêtement le chemin de ton prédécesseur et tout ira bien, à priori. J'ai beau profiter de leurs expériences de marches, m'inspirer de leurs idées, échanger avec eux, je n'en reste pas moins cet animal farouche et solitaire qui n'aspire qu'à l'arpentage tranquille de routes reculées.

J'ai eu mes lubies des trois monts par la passé, ces obnubilations maladives qui m'avaient en leur temps poussé à forcer leurs explorations. Et le Monte Astu une fois à Lama semblait bien avoir marqué le début du générique de fin de cette série d'escapades esseulées. Je le répète : non pas que la motivation pour la randonnée manquait, simplement l'objectif d'alors avait été atteint. N'est de pire guerrier que celui dont la guerre s'est achevée, quelle qu'en soit l'issue d'ailleurs. A défaut de son utilité même au sein du monde, que lui reste-t-il ? Il peut semble bien prétentieux de laisser sur ce piédestal trois petites montagnes dont on fait le tour relativement rapidement avec le recul. Pourtant c'est cet état d'esprit quelque peu désabusé qui est à l'origine de mon long mutisme.

Mais alors, pourquoi aujourd'hui recommencer ces tirades ? Tout simplement car une motivation comparable aux Trois a point : visiter les aiguilles de Bavella. Encore un de ces rêve bas de gamme, somme toute facilement réalisable à y penser. Peut-être. Mais la fascination est de retour. L'acharnement à établir l'itinéraire, à collecter les renseignements sur la durée prévue, le dénivelé, les points d'attention lors de la marche... c'est enfin revenu ! Et surtout, comme pour les Trois, cette attente languissante pour pouvoir prétendre accomplir l'exploit voulu. Bavella n'est pas tout proche. Près de trois heures de route pour y accéder. Autre point accentuant le désir, car il va falloir faire un choix crucial : partir tôt ou bien passer une nuit là-bas. Nouvelle expérience en somme, là où je partais en expédition éclair sur un coup de tête corroboré par la météo.

Je pousse le vice : je pars un samedi après-midi juste après avoir terminé mon office. Compte-tenu de l'heure et du temps de trajet nécessaire, je pense pouvoir profiter du milieu d'après-midi pour effectuer un petit aller-retour vers une autre curiosité géologique locale, le Trou de la Bombe. C'est certes une énième arche naturelle, mais c'est surtout une bonne mise en jambe. Et çà me permettra de rester alerte pour le lendemain. La boucle est plutôt longue en effet, à suivre le GR et sa variante alpine, mais j'ai l'intime conviction que je ne serai pas déçu par ce qui s'offrira à moi, comme au bon vieux temps pas si lointain de mes autres fantasmes... Le propos n'étant pas d'aller réellement plus loin avec ce Trou ou bien la logistique de l'épopée, gardons simplement en tête que cette balade fût brève, et la nuit reposante. J'avais d'ailleurs bien besoin de ce repos pour attaquer le lendemain avec la fraîcheur du matin à peine installé.

Il est sept heures. Le petit déjeuner est pris, les réserves d'eau bien rangé dans mon sempiternel bardas. J'admire ce calme merveilleux qui tranche nettement avec la vision de la veille de ce parking bondé de cars de touristes. Je l'ai envisagé comme un circuit égoïste, je veux bien partager avec quelque randonneur çà ou là, mais point trop n'en faut... Je m'élance sur le sentier du GR qui plonge à l'ombre des pins sous un air pour le moins vivifiant. Ce n'est pas inquiétant, je sais pertinemment que l'effort me réchauffera bien assez tôt, et certainement de trop en ces prémices de la belle saison qui me gratifie déjà d'un ciel azuréen. Pas le temps de s'inquiéter de cette descente qu'il va bien falloir regrimper au retour que l'ascension des flancs des aiguilles débute. Les muscles ankylosés du matin réveillent sous la contrainte de l'effort. Ce début est vite raide dès lors que je bifurque vers la variante alpine. Ce qui est fait n'est plus à faire, je me ragaillardis comme je peux. Je suis pressé d'atteindre ce col étroit pour deux raisons : quitter cette ombre froide où j'évolue alors que je vois les rayons du matin illuminer tout autour, et surtout voir le soleil et avoir les aiguilles en face de moi. Après tout, n'est-ce pas pour cela que je suis là ?

C'est bientôt fait. Le versant lumineux est là, avec les sept têtes qui se détachent plus ou moins. La montée rapide m'aura déjà presque mis de niveau, et il est toujours bien plus impressionnant d'observer un sommet du pied de la montagne. Pourtant, c'est déjà magnifique : ce jeune soleil tout en douceur dans sa lumière chaude, qui projette des ombres pas encore écrasées sous son poids harassant de la mi-journée. Et cette vue désormais ouverte sur la plaine et la mer au loin en bas. C'est cette dualité entre les sommets et le littoral  que j'apprécie sûrement le plus quand je me fixe pour but de grimper sur un sommet quelconque. Beaucoup d'autres endroits peuvent-ils se vanter de pouvoir ainsi mêler littéralement à vol d'oiseau mer et montagne ? Il est temps de poursuivre cependant, pas de regret à avoir pour autant, la scène me suivra encore quelques temps vu que je longe ce flanc-ci.

Cette route d'ailleurs porte ma Némésis du jour : le passage à la chaîne. On le saura, le vertige est l'une de mes bêtes noires. Autant dire qu'une fois devant ladite chaîne à descendre, l'hésitation de rigueur fût de la partie. Hors de question de rebrousser chemin, çà va de soit. Une bonne bouffée d'air frais et l'on agrippe aux maillons pour descendre en étant à peu près assuré. La roche est tout de même très raide à ma grande surprise, je pense alors qu'il n'est pas très prudent de laisser cet accès au grand public, mais j'avance. Étonnamment bien. Je touche au but, ne reste qu'à sauter d'un peu plus d'un mètre et je serai de nouveau sur la terre ferme, élément que je maîtrise mieux. Et c'est alors que la maladresse caractéristique dont je suis affublé entre en jeu : rien de terrible, mais sur ce saut je me cogne, ou plutôt, heureusement pour moi, je râpe mon coude droit sur la roche. Rien de terrible, j'ai déjà connu pire et, qui plus est, je suis coutumier des cicatrices de guerre en promenade. Le plus dur est passé, progressons donc vers les pointes.

Elles ne tardent pas d'ailleurs, au détours d'une ascension de plus en plus douce alors. On les distingue nettement tout de même, elles méritent bien leur sobriquet d'aiguilles finalement, vu que même à leur base elles sortent du gros de la montagne. Le vent souffle sur cette crête, il n'est pas tard, j'ai grimpé comme une fusée semble-t-il. Je poursuis en direction du col qui marquera pour moi le début de le redescente par le GR. L'aiguille correspondante impressionne par le fait que, là ou ses sœurs se détachaient doucement, elle elle émerge presque à pic. Cet aplomb immense en face, et cet à-pic vertigineux sur son autre face justifient à eux-seuls qu'on les nomme également des tours. Mais trêve de contemplation, le descente s'amorce.

Paradoxalement, c'est le moment que je redoute le plus dans cette boucle, car je sais qu'il me faudra passer sous mon point de départ, et donc au final grimper de nouveau. C'est bassement terre à terre, mais il reste définitivement plus plaisant d'arriver tout doucement au but en ne s'épuisant pas à fournir les derniers efforts dont on est capable après des heures de marche. Mais je n'est suis pas là, à vol d'oiseau, mon trajet ne représente pas le tiers de ce qui me reste à faire. J'ai entendu dire que le retour par le GR20 n'était pas des plus plaisant du fait de son caractère encaissé dans une vallée forestière, mais je veux y voir une chance de ne pas souffrir de trop de la chaleur quand midi s'approchera. Pour l'heure, la descente à flanc de montagne est déjà interminable au gré des zigzags du sentier. La montée était raide, la descente vers la vallée s'annonce du même acabit. Je pense avoir mis presque autant de temps à rallier la forêt au fond que j'ai ai mis pour atteindre la première aiguille. Mais pas lieux de se tourmenter outre-mesure, j'y suis.

Et là débute le passage forestier. Certes moins interloquant en terme de paysages que ce qui vient juste d'être fait, mais au moins propice au repos à l'ombre des grands arbres environnants. Qu'en dire de plus ? Rien. Je m'éloigne de plus en plus des aiguilles, je suis encaissé et cerné de troncs, donc ma vision des environs est plus que limitée. Je respire, m'étonne d'être toujours seul sur le chemin vu qu'il appartient au GR. Je dois m'attendre à ces heures de grande affluence estivale comme expérimenté à Vizzavonna plus tôt, quand le sentier devient boulevard presque trop animé. Mais là je me ravise, nous ne sommes qu'au mois de mai après tout. Après ce qui a finalement semblé être interminable, le sentier commence à retourner en direction du col, et la végétation s'ouvre de plus en plus par endroits. Le soleil est bien présent, on approche les onze heures. Malgré ce petit vent que je notais déjà sur la crête et qui ne m'a pas abandonné, la chaleur grimpe drastiquement. Ces zones boisées deviennent alors plus délectables. Pourtant c'est long. Un peu trop. Ou est-ce du au fait que je suis seul ? Çà ne doit pas jouer en ma faveur en effet.

Je commence d'ailleurs à donner quelques signes de faiblesse : midi approche, et je ne me suis presque pas arrêté. J'ai besoin de souffler quelques instants. Je sais que je ne suis pas loin du but, mais je dois me reposer quelques temps. A peine assis, je vois enfin un être humain au loin sur le sentier. Je me sens revigoré dès lors. Je repars, suis la direction de ce semblable qui m'évite de devoir scruter minutieusement le balisage sur les rochers. La fin est-elle proche ? Oui en effet. Cette ultime ascension m'amène aux abords de ce parking où j'avais quitté la route du village ce matin. Complètement transfiguré d'ailleurs, car pris d'assaut de toutes parts. J'aurais donc eu pour moi seul les aiguilles de Bavella, l'espace d'une matinée. J'ai renoué avec ce petit plaisir solitaire, celui d'être l'espace d'instants trop fugace l'élu de la Nature dans ses dons les plus beaux dans leur simplicité.
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Des cubes et des biomes...



...Ou la présentation (tardive) de Minecraft.

Exercice périlleux, finir catalogué comme un blog de gamer n'est pas le but, d'autant qu'il n'est pas ici question d'un test de jeux vidéo. Minecraft est vieux, Minecraft est exploité sur la toile jusqu'à la moelle, avec des contenus plus ou moins intéressants. En termes techniques, ce jeu représente la lie du développement à mon sens : bourré de bugs plus ou moins corrigés à grands coups de rustines dans son code (début d'irritation colique), et ce même avant le rachat de Mojang par Microsoft, et surtout codé en Java (fin d'irritation colique). Mais passons même sur cela... cela qui d'ailleurs fait une bonne partie de son charme, à ne plus savoir ce qui est voulu dans le gameplay et ce qui est est de l'ordre du gros bug bien explicite...

Qu'est-ce donc qui me pousse à vous parler de ce jeu ? Simplement son côté OVNI. Il n'a pas été développé à la base par une grande société à blockbusters vidéoludiques, et pourtant, son succès a de quoi faire pâlir ces faiseurs de la pluie et du beau temps, au point que son papa est devenu récemment milliardaire. Les joueurs réguliers se comptent encore par millions, et malgré l'absence insolente de protections qui aboutissent forcément à du piratage, son éditeur s'en est toujours satisfait. Trublion déjà de ce point de vue, à l'époque où l'on impose de plus en plus des garde-fous sur-fliquant les individus, sous couvert de protéger les intérêts des ayant-droits comme ils se font appeler.
OVNI aussi dans le sens où, dans notre ère du jeu scripté au possible pour pouvoir y intégrer une narration à la profondeur des grands films hollywoodiens à la mode, à grand coups de cinématiques à mettre à genou n'importe quel moniteur aussi HD soit-il, Minecraft se contente d'un minimalisme graphique et scénaristique interloquant. D'aucuns y verront du pixel art et une liberté infinie, d'autres passeront à côté de cela. Question de sensibilité personnelle. Et en corollaire une liberté d'action troublante : pas de but fixe. Vous voulez bâtir la réplique d' Angkor Vat ? Faites-vous plaisir. Vous voulez juste massacrer du monstre hostile ? Après vous. Vous voulez concilier les deux ? Faites donc. C'est une nouvelle fois singulier. Étrange au début, mais finalement captivant. Votre partie évolue au gré de vos idées (et dans une moindre mesure, des moyens et ressources à votre disposition). Pour une fois, vous êtes le maître. Tantôt dieu tout-puissant, créateur ou destructeur à loisir, tantôt simple aventurier tentant de survivre dans ce monde hostile qui change du tout au tout la nuit tombée... Et même alors, à vous de choisir d'être simple architecte des blocs, comme étant plus jeune avec des Lego, à essayer que cet empilement de cubes ressemble à quelque chose, juste pour la forme vu que la fonction n'est pas intimement liée à celle-ci, ou au contraire ingénieur ingénieux, à faire fonctionner les systèmes d'automatisation mise en place, histoire de se simplifier la vie et/ou de flatter son ego.


J'y ai joué longtemps, presque concomitamment au passage à vide du blog (le jeu vidéo coupe de la réalité, tout çà tout çà... ah, non en fait, je n'ai jamais été autant dans le réel que ces deux dernières années...). Seule une pause récente a fini par briser ces heures de détente contemplative sur ce bac à sable zen virtuel. D'abord productif (buts architecturaux à la complexité croissante, puis ingénierie de pointe en passant par l’affûtage des techniques de combat/survie), puis surtout lieu de "vie" où l'on traîne sans trop savoir pourquoi, comme ces endroits réels type café/bar où l'on va presque machinalement pour rencontrer d'autres gens. Car oui, on peut y jouer en groupe, et c'est même conseillé à mon sens si l'on veut s'y amuser longtemps. Le tour de la question est vite fait sans personne à qui montrer ses œuvres cubiques. Et plus encore qu'en vrai, il n'est plus plaisant que de rire un bon coup entre ami des erreurs/taquineries d'autrui. Les avatars pixelisés aidant, surtout s'ils sont fait des blanches petites mains de leurs détenteurs (votre serviteur y a consacré des heures à avoir le résultat qu'il voulait...).

Je m'y suis bien amusé. Et m'y amuserai encore d'ailleurs à mon avis. C'est d'ailleurs un cas étrange de jeu où j'ai commencé avec une version crackée pour le découvrir, mais dont j'ai acheté la licence moins d'une semaine après. Question de principe : à l'époque encore c'était un petit studio indépendant qui l'avait mis sur le marché. Une façon en somme de rétribuer ces quelques personnes pour le travail si rafraîchissant qu'ils avaient fait, là où les gros studios se tiraient la bourre avec des nouveaux opus de licences phares au caractère novateur plus qu'incertain... Et le fait qu'il soit codé en Java, donc utilisable sous Linux n'a pu que me le rendre sympathique...


Pourquoi en parler maintenant d'ailleurs ? Primo, comme déjà dit, ce jeu a participé à me faire mettre de côté le blog, même si c'est plus le fait de ne plus ressentir le besoin d'écrire mes aventures pédestres qui a motivé cela. Secundo, je viens juste de prendre un peu mes distances avec, après en avoir même disséqué l'aspect moddé (la description que je vous en ai faite est riche ? Les possibilité de moddage du jeu le sont 100 fois plus...), donc je peux presque me vanter de pouvoir en tirer des conclusions à titre personnel, malgré son caractère inépuisable niveau jouabilité. Ayant même administré 2 serveurs, là je parle en parfaite connaissance de cause. Tertio, comme annoncé dans mon article come-back, je veux donner une direction plus éclectique à Geek-Boxer, là où je m'étais finalement cantonné à vous y exposer des compte-rendus à peine romancés de balades. Je le répète (je me fais vieux à rabâcher...) je ne virerai pas blog de gaming, trop surfait, et surtout plus en adéquation avec mon état d'esprit où le jeu vidéo a quitté les plus hautes marches de mes loisirs depuis longtemps...

Je vous aurai bien donné un lien vers ma chaîne Youtube, vu que j'y avais téléchargé pas mal de vidéos concernant mon expérience de jeu cubique, mais un coup de sang m'a fait tout supprimer... et avouons-le, ma voix n'est pas des plus agréable à entendre. Notons cependant que ce jeu aura réussi à parfaire ma "sociabilisation virtuelle", là où le secret de mon petit cocon privé avait toujours prévalu...
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L'éveil... encore



Cette fois-ci plus de faux départ.
Promis.

J'excave le cadavre du blog après 2 ans de silence radio. Merci à ceux qui entre temps ont lu mon contenu, je dois avouer que les statistiques de vue des pages m'ont impressionné pour quelque chose de dormant.


Soyons décevant d'emblée : je ne pense plus écrire comme avant mes récits de promenades au détour de sentiers isolés. Simplement car ceux-ci étaient mes promenades oniriques de marcheur esseulé. Peu à peu j'avais accepté de laisser un peu tomber la cuirasse pour confesser mes états d'âmes lors de ces marches, récit après récit. Facile quand on est effectivement seul sur le chemin, moins simple quand on est accompagné. Je ne peux pas décemment prétendre décrire l'état d'esprit d'un quelconque compagnon de balade, ce serait au mieux prétentieux de ma part, au pire malvenu de trahir ce presque-confessionnal figuré par le chemin vers nulle part...
Difficile donc quand on a rejoint un groupe de marche d'appréhender le crapahutage sauvage de la même manière qu'auparavant. Non pas que je ne marche plus seul, j'ai dernièrement fait le tour des aiguilles de Bavella comme un grand garçon solitaire, mais je tolère mieux les compères qu'auparavant, et apprend à profiter de leurs expériences.

Ne soyez cependant pas déçus : j'envisage incessamment sous peu de vous donner en téléchargement l'intégralité de mes récits au format PDF. Mis en page proprement, corrigé, un peu relu (je reste seul sur ce point, et Dieu sait qu'il est difficile de déceler ses propres erreurs...), et agrémenté de mes croquis. L’œuvre sera bien entendu gratuite et librement redistribuable.


Poursuivons avec l'avenir du blog, vu que j'annonce un nouveau départ.
Je renoue donc avec le postulat des débuts, dont j'ai d'ailleurs fait le slogan de Geek-boxer, à savoir "tout et n'importe quoi, mais avec un zeste d'esprit". Je compte dorénavant varier encore plus les plaisirs. Geekerie libriste, un peu de jeux vidéos (très, mais alors très peu par contre...), peut-être encore quelques dessins à la tablette graphique selon l'inspiration, et surtout quelques coups de gueule et réflexions sur notre monde (pas trop fréquents cependant, je n'ai pas encore la prétention de vous expliquer quoi penser et quand le faire...).
Concernant la forme, je resterai sur un format d'articles courts, sauf exceptions. Non pas que je sois plus fainéant que quiconque, simplement car j'ai envie de garder la relative fraîcheur d'un texte premier jet, aux idées simples mais souvent touchantes dans leur caractère brut, juste relu et corrigé (autant que mes restes d'orthographe pas encore dézingués par les auto-corrections me le permettrons...).
A noter enfin que je pense avoir réparé les commentaires des articles, qui n'étaient pas fonctionnels avec le modèle customisé que j'avais mis. Pour l'anecdote, je suis reparti de zéro sur le modèle de base, et je lui ai adjoint (ou plutôt enlevé) tout ce qui me semblait nécessaire.


Petite mise en bouche finale, je vous prépare donc le PDF de mes aventures, un petit article sur Minecraft, ainsi qu'un état des lieux de mon installation informatique (petit indice : Ubuntu n'est plus ma distribution...), et ce que j'ai fait comme escapades pédestres et autres (oui, je ne me contente plus de marcher...).


Encore un grand merci à tout ceux qui m'ont encouragé suite à la lecture de ce blog. Une seule chose à vous dire comme disent les jeunes : on remet çà !
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