Les promenades du rêveur solitaire - "L'appel du grand large" à Luri en juin 2013



Je reprends mon rôle de guide, encore pour une fois au moins. J'aime à croire que je peux communiquer mon intérêt pour les sentiers sauvages à qui veux bien prendre la peine de s'y attarder quelques instants. Je suis persuadé de l'intérêt de la transmission des savoirs accumulés, et je mets tout en œuvre pour les perpétuer. Ceci est d'autant plus important dès lors que c'est l'un de vos meilleurs amis qui vous le demande.

C'est une épée à double tranchant que de vouloir initier quelqu'un : certes, on peut croire que la partie est gagnée d'avance vu que l'individu est face est demandeur, mais il faut toujours garder à l'esprit que l'image véhiculée lors de la démonstration sera l'image première, donc celle qui aura l'impact le plus important quant au ressenti face à l'activité. Un faux pas, un manque d'attrait et c'en est finit de la volonté de se pencher plus amplement sur le sujet pour le novice. Je joue serré pour le coup, je me verrais mal décevoir les attentes d'un ami, surtout avec ce que j'ai la prétention de lui raconter au sujet de mes pérégrinations.

Tout l'art réside donc dans le choix de l'endroit où je vais l'emmener : une balade trop courte manquera certainement d'attrait, une trop longue le fatiguera à tous les sens de la chose ; une balade trop proche ne le dépaysera pas, une trop lointaine serait un pari risqué s'il n'adhère pas à la démarche de rompre un temps avec la routine. Il me reste des sentiers à parcourir dans le Cap. Ils présentent tous au moins l'intérêt d'être peu difficiles, relativement simple au niveau de l'orientation, et finalement pas si lointains. C'est décidé, nous irons dans le Cap. Mais où ? Qu'est-ce qui suscitera l'intérêt de mon compère ? Jouons-la finement. Un florilège de points d'intérêts présentera tout ce que l'on peut observer lors d'une balade, et au milieu de cette avalanche d'images, il n'aura que l’embarras du choix. Je jette mon dévolu sur un sentier qui nous mènera vers le hameau ruiné de Mata à Luri. Les vestiges d'antan sont toujours intéressants à observer, qui plus est on passera près d'une petite chapelle isolée avec dit-on un clocher qui en est éloigné, le tout sur un sentier qui s'enfonce dans le maquis et la forêt, tout en étant très proche du hameau duquel nous partirons. Mon bagou botanique, mes petites anecdotes et les paysages feront le reste.

Proposition de visite présentée à qui de droit, Adoptée à l'unanimité. Le rendez-vous est pris, seul le ciel et ses caprices peut encore s'opposer à la réalisation de l'entreprise. Et il se montre enfin clément, contrairement à ces jours pas encore si lointains où il a continué à nous déverser sa pluie malgré l'avancement du mois de juin... Mais ne gâchons pas tout à pester sur une chose qui aurait pu se produire et qui finalement n'a pas eu lieu, carpe diem comme on dit.

Nous arrivons au hameau de Campu. Il est tout discret et nous en manquons même l'accès, ce qui nous oblige à rebrousser chemin sur quelques centaines de mètres. Rien de grave, mais j'espère ne pas donner une mauvaise impression à cause d'un petit accroc bien anodin. Nous nous garons dans le petit village, mais reste encore à trouver le départ de notre petit périple. Il nous faudra déambuler un peu dans les ruelles pour dénicher le panneau salvateur qui nous indique le chemin vers le hameau de Mata. J'ai encore eu chaud, mon camarade semble dans de bonnes disposition et pas enclin à maugréer au moindre petit contretemps.

Nous entrons vite dans le vif du sujet : le sentier s'enfonce dans le forêt qui cerne le village. Au moins avons nous de l'ombre sous ce soleil de plomb, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Je peux commencer mon désormais traditionnel cours sur les espèces croisées, agrémentées de mes petites histoires à leur sujet : usage, particularités botaniques, et tout ce qui à mes yeux présente le moindre semblant d'intérêt. Pour l'heure pas de dénivelé majeur, et d'ailleurs ce n'est pas prévu, donc je me rassure quand à l'état de fatigue de mon élève. Tout semble réuni pour une petite escapade bien sympathique sans être trop éreintante. Si bien que nous arrivons à la petite chapelle San Salvadore sans presque nous en rendre compte, d'autant qu'elle a surgit au détour d'un sentiers derrière le mur d'arbousiers qui nous entourait.

Je dois avouer être un peu mitigé quant à cette petite église : sans être moche, elle n'en est pas moins fade. J'ai dû m'habituer au gré de mes visites à ces vieilles chapelles de pierre et à leu cachet typique des constructions anciennes qui semblent vouloir vous raconter leur histoire rien que par leur paraître. Mais pour l'heure, rien. Je ne laisse pas transparaître mon désarroi, et préfère accélérer notre remise en route pour noyer le poisson. Et j'ai bien fait : sitôt que nous nous retournons pour prendre l'épingle que forme notre route, le campanile de l'édifice perce au-dessus du maquis. Lui semble avoir du vécu. Et surtout, lui en aura certainement plus à nous montrer. Il est plutôt bas, à peine plus de cinq mètres à vue d’œil, ses pierres sont bien érodées, ce qui lui assure un âge avancé, et surtout il a cette apparence toute frêle qui nous laisse juste entrevoir qu'un seul homme à la fois devait pouvoir en actionner la cloche sommitale.

Nous laissons derrière nous et le clocher et l'ombre forestière. Devant nous le maquis d'arbousiers et de bruyère. Mon élève me récite périodiquement sa leçon au gré des espèces que nous croisons. C'est bête, mais j'éprouve une sorte de fierté quand il me donne la bonne réponse. Et quand il se trompe, je m'empresse de le corriger, sans souffler la solution, mais en tentant de l'aiguiller vers la bonne piste. Comment en vouloir à qui vient juste de se voir enseigner une multitude de choses nouvelles ? C'est l'effort fourni qui doit être récompensé, pas forcément la qualité primitive des connaissances régurgitées sur commande.

Ce sentier nu, ces collines très basses, ce soleil radieux, tout çà me fait lui évoquer ma visite de l'Ostriconi cet hiver. Le maquis est un cran plus haut, et les essences un peu différemment réparties, mais l'idée générale est bien là. Encore une occasion de maintenir son intérêt. Je suis toujours stressé par son ressenti quant à la balade, même si pour l'heure il ne montre ni signe de fatigue, ni d'ennui. Notre rythme est plutôt bon à mon sens, je n'ai pas besoin de ralentir le pas pour qu'il me suive. C'est bon signe.

Nous rejoignons de nouveau la forêt. Et tant mieux vu la chaleur qui s'est désormais installée, qui accentue encore l'échauffement des muscles sollicités. Les chèvres s'y mettent, nous entendons bêler au milieu de la végétation. Détail insignifiant mais qui à mon sens accentue l'immersion dans la nature. Je voulais lui faire découvrir cette coupure vis à vis de la civilisation que je chéris tant, c'est parfait de ressentir la présence des animaux non loin. Cependant la route est un peu longue et monotone alors, probablement la faute à ce corridor boisé qui nous empêche de voir très loin vers où nous allons. C'est un moment de remplissage par excellence. C'est aussi çà marcher : simplement avancer pour rejoindre son but, même si le chemin n'est pas folichon. Au moins pouvons-nous assimiler cela à une petite pause après tout ce qui a déjà été aperçu.

Au bout de la forêt, Mata. Ou plutôt sa tour défensive qui surplombe le dénivelé qui casse net les bois alentours. Comme des lézards en quête de chaleur, nous sortons de l'ombre pour escalader en direction de l'édifice. Il n'en reste plus grand chose, hormis quelques murets pas très hauts, mais l'idée est là. Et d'ailleurs, elle est toujours bien protégée : un gardien de pierres de presque un mètre de haut veille en son sein. Des promeneurs ont dû ériger ce cairn humanoïde à l'aide des blocs effondrés. Le vice est poussé jusqu'à l'avoir pourvu de son propre bâton de bois. Bien respectueusement, nous contournons ce vigile immobile pour admirer le panorama vers le littoral qui s'ouvre devant nous. Si proche et si loin de nous à la fois, avec les bleus qui fusionnent doucement pour assurer cette quasi continuité où l'horizon se perd. Assis sur ces murs anciens au bord du vide, j'initie alors mon apprenti à ces divagations qui me sont si chères. J'espère qu'il a apprécié au delà du simple repos physique. En tout cas, nous y passons une petite demie-heure sans nous en rendre compte.

Il est temps de continuer. Ou plutôt de finir cette visite. Le village est encore un peu après la tour, dans les bois, autour de ce sentier bordé de pierres qui serpente entre les maisons délabrées. Difficile d'entrevoir clairement l'utilité de chaque bâtisse tant elle se retrouvent arasées par les siècles qui ont défilé, seuls le spectre de la prospérité d'antan du hameau transparaît timidement comme ces rayons qui percent furtivement le feuillage sur nos têtes au gré des vents. La nature a repris ces droits en ce lieu. En témoignent ces arbres hauts qui ont pris racine au milieu même des habitations ouvertes, preuve du temps qui s'est écoulé depuis leur désertion. Une contradiction entre le travail colossale que l'humanité doit fournir pour modeler son habitat, et l'apparente facilité avec laquelle celui-ci se trouve défait me saute aux yeux. Sans sombrer dans un fatalisme exacerbé, une certaine futilité dans nombre de choix que l'Homme s'est imposé de suivre s'affirme. Peut-être devrions-nous avoir plus conscience de notre propre caractère fini quand nous planifions des projets d'ampleur pharaonique. Le temps, les ressources et le travail à consentir en valent-ils toujours la peine quand on sait l’œuvre destinée à péricliter tôt ou tard ? Certes, on ne doit pas sombrer dans l'immobilisme insolent sous couvert de cette apparente inutilité, mais on doit juste en prendre un peu plus conscience à mon sens.

Il est temps de voir le cœur du village, ce qui lui a sans nul doute donné la vie à l'époque, à savoir sa source d'eau. Sans habiter dans une région aride, nous sommes tous tributaire de nos besoins primaires pour assurer notre survie. Et l'eau est sans nul doute le besoin premier. A notre époque où un simple tour de robinet nous permet d'étancher simplement notre soif, nous oublions le caractère impérieux d'avoir toujours à disposition au moins de quoi s'hydrater. C'est ainsi dans les société modernes et urbanisées, il faudrait se tourner vers les pays pauvres pour retrouver ces images vues et revues de populations qui n'ont pas accès à la ressource primordiale. C'est par un petit sentier qui grimpe que nous y allons. Nous ne savons pas sur quoi nous allons tomber : filet d'eau qui suinte à peine de la roche, fontaine aménagée, ou plus rien. Nous verrons bien une fois devant.

Le bruit de l'eau qui clapote nous confirme bien que la source n'est pas tarie. Un dernier effort et nous y voilà : un petit mur tout couvert de végétation qui s'abreuve directement à la veine d'eau qui jailli de la roche. Deux plaques nous confirme bien qu'il s'agit de la fontaine convoitée. Il faut légèrement grimper entre bourbier et rochers pour l'atteindre, mais cela ne rebute pas mon ami qui veut se rafraîchir un peu. Je n'ai pas d'objection donc nous nous approchons. L'eau fraîche est idéale pour se débarbouiller un peu de la sueur provoquée par le cagnard sur nos têtes. Une fois ce petit brin de toilette expresse accompli, nous faisons mine de redescendre. Ce n'est pas moi qui ouvre la marche, mon camarade me précède. Direction cette petite pente boueuse... et patatras ! D'aucuns diraient que ce qui devait arriver est arrivé : la chute. Pas bien méchante, sur le séant. Cette chute si caractéristique de ces escapades sauvages. Combien de fois l'ai-je moi-même expérimentée ? D'une certaine façon, son rituel initiatique s'en est retrouvé complété de cette manière. Les aléas des sentiers font aussi parti du sel de ces digressions sauvages.

La chute fut rapide. Je n'ai rien pu faire pour l'empêcher ou la retenir. Ne me reste qu'à l'aider à se redresser au mieux, et à m'assurer qu'il va bien. C'est fort heureusement le cas. Un peu de boue sur les mains et le short, mais rien de cassé ou d'égratigné, sauf son orgueil. Je dédramatise d'emblée, il semble l'avoir bien pris. Il aurait été stupide que ce faux pas ternisse la demie-journée. Retour rapide à la fontaine pour nettoyer un peu toute cette boue, et nous voilà repartis, cette fois plus prudemment.
Rien de bien notable pour le retour à Campu. Une boucle est possible par une bifurcation du sentier qui devrait apparaître plus loin alors que nous revenons sur nos pas. Au pire suivrons-nous sagement le sentier inverse, aucune ambiguïté  ni difficulté pour l'heure. Cette embranchement est trouvé avec son discret marquage coloré, une nouvelle route forestière nous redescend tout doucement. C'est le moment où les corps et les esprits se relâchent. Le repos du guerrier transposé aux marcheurs en quelques sortes. Quelques dernières minutes de vigilances pour éviter de nouvelles glissades impromptues sur le tapis de feuilles qui jonche le sol et voilà la boucle bouclée.

Je crois pouvoir dire que la visite à ce hameau abandonné fut unanimement appréciée. Au-delà de la simple satisfaction de la balade, j'ai la chance d'avoir pu faire découvrir mon monde. J'espère réitérer l'expérience.
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Tous avec Mathis

Pas un billet d'humeur, ni un compte-rendu de balade cette fois, mais je me joins par la voie de mon blog à la cause de l'association I TOPI PINNUTI qui organise ce dimanche 16 juin 2013 une randonnée dans le but de récolter des fonds pour le petit Mathis.

Rendez-vous sur cette page pour les détails.
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Les promenades du rêveur solitaire - "Les terrasses et la marine" à Nonza en juin 2013



Çà y est, il pleut encore... Certes, c'était annoncé, donc pas d'effet de surprise au delà de cette simple exaspération de toujours devoir restreindre ses ambitions de sorties. Au moins l'ai-je échappé belle, et ai-je eu cette présence d'esprit presque dictée par quelque force invisible de partir très tôt pour éviter la débâcle.

Il fallait que j'aille à Nonza. Pourquoi ? Je n'en sais vraiment rien en fait. La balade à travers les terrasses anciennes de cédratiers vers la plage de galets stériles promettait un agréable moment, mais très court. Pourquoi donc perdre son temps à faire plus de trajet que de marche, risquer de revenir trempé et peut-être déçu ? J'avais été une fois passer la journée sur cette même plage avec des amis, je n'en retiens que la chaleur étouffante transmise par les galets amiantifères qui la compose. Souvenir ni bon ni mauvais en somme. Peut-être un besoin de pèlerinage impromptu auprès de ces déchets de l'usine de Canari, où mon arrière-grand père maternel avait travaillé et chopé son asbestose ? Suis-je inconsciemment en train de vouloir voir ces cailloux empoisonnés qu'il a participé à manipuler, et peut-être toucher à mon tour ce qu'il a pu jeter à cette époque ? Boucler la boucle en somme. Je pense que je vais trop loin à évoquer cela. Ce doit simplement être l'envie de faire une petite excursion là où je n'ai encore pas mis les pieds.

J'ai fait le cap jusqu'à la Giraglia dorénavant. Certes. Mais toujours par le versant est finalement. J'ai souvent franchis le col de Teghime, au point même d'en arriver à aimer ce passage d'un versant à l'autre, comme si un monde nouveau s'offrait à moi à chaque fois. Mais je ne suis jamais allé vraiment loin sur la côte ouest. Mon champ d'exploration s'étoffe peu à peu, il est temps de continuer sur cette lancée. Nonza sera un point de chute idéal. Et peut-être même pourrais-je pousser le vice jusqu'à aller à Canari ? Je verrais en fonction du temps pensais-je toujours avant de prendre la route.

Il fait gris, mais la pluie n'est pas annoncée avant la fin de matinée, voire le début d'après-midi. Mes ambitions concernant Canari s’effritent comme le schiste de la région. On verra une fois là-bas, la seule constante niveau météo dans le cap, c'est que tant qu'on y est pas, on ne peut pas vraiment prédire ce que le ciel nous réserve, le jeu des sommets retenant les nuages étant incroyablement complexe et changeant. Le col de Teghime m'accueille cette fois avec quelques grosses gouttes de pluie. C'est prévisible vu que le sommet du Pignu n'est pas loin, mais le temps semble plus serein plus au nord. La descente par Barbaggio puis Patrimonio est dorénavant maîtrisée, ne me reste plus qu'à poursuivre le long de la côte au delà de Farinole, et me voilà en terre inconnue à explorer.

Si je devais faire un parallèle entre les deux côtes, le détail le plus frappant serait le caractère plus abrupt de l'ouest vis à vis de l'est. La route du cap jusqu'à Macinaggio me semblait plonger à pic dans la mer, celle qui relie Patrimonio à Nonza est pire : en plus de se jeter à la verticale à l'eau, vous êtes comme adossés aux flancs mis à nus des montagnes cap-corsines. Je suis certes enclin au vertige, mais il en résulte tout de même une sensation bizarre d'être à tout moment à la merci de ce massif rocheux qui pourrait vous éjecter plus bas si par malheur vous veniez à le courroucer... Et les virages qui suivent le contour escarpé tranchent nettement avec la bonhomie de cet interminable ligne droite qui pointe au nord.

J'arrive tranquillement, il est encore tôt, je sens qu'il faut que je me force à y aller de bonne heure, je n'ai pas confiance en le ciel aujourd'hui. Et l'avenir me donnera raison. Finalement arrivé au village de Nonza, je suis d'emblée frappé par la tour au sommet du Monte, au faîte du hameau. J'ai des images confuses qui me reviennent : l'avais-je déjà observée attentivement quand j'y étais venu avec mes amis ? Ce sentiment de déjà vu vient-il de ces réminiscences du passée, ou bien juste de la description de mon plan de route d'aujourd'hui. Il n'empêche que c'est saisissant. Ces maisons perchées juste au dessus de la mer bien plus bas, cette bande gris sombre qui fait office de plage à l'allure irréelle, comme pour bien signifier son caractère artificiel. Cette église à la façade chatoyante, dédiée à la sainte patronne de la Corse. En fait tout est réuni en ce lieu et en cette heure pour me promettre une visite chargée d'images et de sens, au-delà de la simple balade dominicale.

Je me lance : il faut descendre par un escalier qui suis le dénivelé de la falaise sur laquelle reposent les maisons, tout çà pour rejoindre la fontaine miraculeuse de Sainte Julie. Hormis cette descente un peu vertigineuse sur d'anciennes marches larges, rien de compliqué. La mise en bouche est sublime, le panorama sur la plage grise qui se détache de la verdure qui la borde, mais se noie dans les eaux et le ciel chargé de grisaille est d'une poignante beauté. Comme si le nature trouvait toujours la solution pour se rendre désirable. Le sentier est bordé de mur de pierre élevés. La somme de travail consentie à l'époque a due être colossale, sûrement motivée par cette culture lucrative du cédrat à l'origine d'une partie de la richesse locale d'alors.

Bientôt se détache une sorte de petite chapelle tout juste fermée par une grille, où l'on discerne en fronton le nom de sainte Julie. Et le clapotis de l'eau ne laisse plus planer le doute, c'est la marque de la fontaine. L'eau semble provenir de l'intérieur du petit monument consacré, mais chemine bien vite à l'extérieur vers une rigole qui l'amène à un bassin de pierre en contrebas, bien à l'ombre d'un figuier. Je préfère retenir ce bassin comme étant la fontaine de la sainte : la simplicité naturelle de de réservoir de pierre avec sa végétation humide m'évoque mieux la spiritualité inhérente aux élus de Dieu que n'importe quel autre édifice, qui finalement ne laisse transparaître qu'un message pré-mâché, loin de la recherche intérieure nécessaire à cette véritable foi prônée par les saints. L'origine de la religion chrétienne est certes née par les images véhiculées par le Christ à travers ses paraboles, mais le bling-bling qui a suivi son institutionnalisation a été un dérapage majeur par rapport au message initial. D'où l'importance du retour au sources, si je puis dire à propos de cette fontaine...

Je poursuis ma route à travers les terrasses et leurs murs pas encore couverts de mousse, l'ai marin aidant à mon sens. Le ciel alterne rapidement grisaille et éclaircies, la température est clémente, et il n'est pas possible de prédire ce que la suite nous réserve. La descente est toujours étonnement douce, en totale contradiction logique avec le promontoire où Nonza se dresse juste derrière moi. Je suis à l'ombre des arbres, tout en étant tout près de la mer. C'est donc dans ces contradictions multiples que je continue ma route. Point de cédratiers en vue pourtant : le retour à l'état semi-sauvage du coin doit y être pour beaucoup quand on sait les soins que ces arbres requièrent. Sans être vraiment déçu, j'aime parfois avoir mes images associée quand j'ai une information sur un lieu. Je me contenterai d'une image mentale dans ce cas.

Brusquement le sentier change de visage : il avance plus franchement vers la côte et se découvre, les arbres cédant le terrain aux bruyères, et les hauts murs de soutien à des murets de délimitation. Le soleil semble un peu plus persistant, et la vue sur la tour de Nonza est sublime avec cette chaude luminosité matinale qui accentue l'opposition entre la terre colorée et le rivage monochrome. En contrepartie de ces nouvelles délectations des yeux, le sentiers devient plus raide et terreux. Il faut redoubler de vigilance pour ne pas glisser. J'ai eu la présence d'esprit de prendre ma canne de marche. Au delà de l'aspect un peu dandy ce point d'appui supplémentaire est appréciable pour finir le descente vers la plage qui n'est vraiment plus loin.

Une mer de rocaille se dresse devant vous quand vous être sur cette rive. La véritable Méditerranée ne se dévoilant qu'à mesure que vous avancez vers elle. Çà et là, des « œuvres » de pierres plus blanches ont été confectionnées par les promeneurs, des formes, des symboles, pas d'initiales à ce que j'observe. Une façon comme une autre de laisser une marque sur le monde dira-t-on. Un peu plus loin, en direction du village qui est définitivement très haut quand on est à ses pieds, l'ancienne marine demeure à la limite du maquis et de la plage artificielle. Si je ne savais pas qu'il s'agissait d'un ancien port, sa localisation éloignée de la mer ne m'aurait pas franchement aidé à le deviner. Une singularité supplémentaire pour un lieu si particulier malgré sa petite taille.

Mais je commence à sentir quelques grosses gouttes de pluie qui me tombent dessus. De celles qui ne vous mouillent pas vraiment, mais qui vous font clairement comprendre qu'il est temps de se dépêcher sous peine de sanction rapide. Je reprend donc le sentier de marches de pierre qui relie l'ancienne marina aux terrasses. Le pas est un peu pressé par ces avertissements célestes, mais pas trop vu que le soleil continue de jouer à cache-cache. Et surtout, tout ce qui a été descendu doit être dorénavant remonté, et celle-ci s'annonce plus raide que prévu. Fort heureusement, le chemin est exclusivement de marches, mais c'est là que les muscles s'éveillent, en lieu et place du début de la balade. Au détour de l'escalier, un petit carré où l'on cultive les cédrats se dévoile. L'exploitation est toujours d'actualité apparemment, et jalousement gardée si l'on en juge par les barbelés qui en protège l'accès. La richesse d'antan trouve un écho dans le présent. C'est rassurant d'une certaine façon de voir que l'histoire locale n'est pas toujours éludée au profit de considérations terre à terre.

Je débouche au sommet de ces marches à la fontaine. Ma boucle est bouclée à son tour. Ne me reste plus qu'à regagner le hameau. La marche fut certes brève en terme de durée, mais la portée des choses rencontrées en si peu de temps dépasse de loin ce à quoi je m'attendais : histoire, religion, nature, tant de choses mêlées intimement en un seul lieu et un seul jour. Et un nouveau répit octroyé par le ciel qui ne s'annonce plus clément pour le reste de la journée. Mon escapade juste plus loin dans le cap pour Canari n'aura pas lieu aujourd'hui. Une nouvelle étape a été franchie. Les limites toujours repoussées...
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Les promenades du rêveur solitaire - De Macinaggio à la tour d'Agnello via le sentier des douaniers, en juin 2013



Tout et son contraire. L'envie impérieuse de reprendre mes marches après ce mois de passage à vide, de par les aléas du temps, mais cette petite appréhension de ne plus être à la hauteur de mes ambitions. La volonté de ces grands espaces pour moi tout seul, mais le besoin d'être rassuré par la présence toute proche d'autres êtres humains. J'ai envie de concilier tout çà. Il me faut un trajet simple, mais qui étanche ma soif de lieux mémorables. Il est temps de retourner aux sources, là où tout à commencé en terme d'escapade solitaire. Il est temps de revenir au bout du Cap.

Une fois n'est pas coutume, je reviens vers un des sentiers classiques, par lequel j'aurais peut-être même dû commencer tant il est bien documenté et facile. Je vais suivre le sentiers des douaniers. Enfin, son début, jusqu'à la tour d'Agnello, ou peut-être seulement la Tour Santa Maria, je verrais bien selon le temps qui me sera imparti. Je suis motivé par la perspective de cette reprise, je me bloque ma demie-journée complète, et si nécessaire j’empiéterai même sur le début de la soirée. Ma volonté est inébranlable, c'est irrationnel vu que je ne sais pas exactement si le jeu en vaudra la chandelle, mais j'ai ce pressentiment, cette sorte d'intuition que je ne serai pas déçu par mon choix. Peut-être me trompé-je ?

La route du Cap est toujours la même : droite, interminable, sans surprise, et dorénavant tellement vue et revue que je n'ai même plus l'attrait de la nouveauté en la parcourant jusqu'au but. Et pourtant j'en ai tellement envie. Je ne me l'explique pas vraiment, je veux marcher, point barre. Je veux aller au bout du bout de mon monde. Ce n'est pas pour rien que je veux rallier la tour d'Agnello : avec la Giraglia en vue je saurais alors que je serais à l'extrémité la plus septentrionale que je pourrais attendre. Serais-je à la recherche d'autres rivages lointains en me rendant la-bas ? Il faut dire qu'avec la proximité des îles italiennes qui se voilent à peine dans leur nimbe translucide, ces oniries de terres étrangères sont palpables.

Je suis un peu préoccupé cependant. Mon aspiration aux vagabondages de l'esprit est teinté d'une appréhension bien terre à terre d'être confronté à une couleuvre au détour du sentier. Je travaille sur cette peur depuis notre brève entrevue au retour de Mandriale, dans l'espoir de ne pas voir gâchée ma passion à cause de telles futilités. Pourtant, c'est plus le sentiment provoqué de la bête en elle-même qui m'effraie. Toujours aussi irrationnel mais tellement ancré dans mon subconscient qu'il me faudra un long travail pour vraiment la dominer complètement. Mais ce n'est pas à l'ordre du jour, j'ai prévu une parade : choisir un sentier réputé comme très fréquenté à la belle saison, pour minimiser les chances que la rencontre fortuite avec le reptile ne me tombe dessus. C'est lâche mais c'est juste l'expression de cet instinct primal de conservation coûte que coûte.

Il est temps de se mettre en route, la plage ouvrira la voie pour cette épopée à laquelle je tiens particulièrement pour me remettre en selle. Le chemin sera quasi-exclusivement côtier, ce qui présente l'intérêt non négligeable de ne mobiliser aucune compétence particulière en terme d'orientation, et de fait me laissera le champs plus libre pour admirer les paysages alentours. La grève en couverte sur une forte épaisseur de posidonies probablement ramenées tout le long de l'hiver par les caprices de la Méditerranée. D'autant que la forme en légère anse doit accentuer la rétention de celles-ci. Ces algues en décomposition ne découragent pas certaines personnes de lézarder au soleil, vautrées littéralement dessus en se laissant cuire au feu doux de ses rayons généreux. Le lit est moelleux sous les pas, ce doit être confortable d'être allongé sur un tel matelas, mais franchement pas très ragoûtant. Je préfère laisser ces crêpes humaines, d'autant que ma route risque d'être assez longue jusqu'au nord.

Très vite, la plage mène à un sentier plus classique à flanc de la Punta di a Coscia. Le sentier est large, plutôt plat. Les végétaux qui le bordent sembleraient presque taillés droit. C'est le signe que l'accès est on ne peut plus emprunté par les promeneurs. D'autant que mes premiers compagnons de route ne tardent pas à se montrer : beaucoup de personnes relativement âgées, à priori que des touristes si j'en juge par les accents entendus lors de nos « bonjours » bien respectueux échangés lors de nos rencontres. Alors que moi je pars pour la tour, eux semblent en revenir. Le doute m'assaille : suis le seul fou à vouloir ainsi me lancer en cette heure somme toute assez chaude le long de ce chemin ? Pourquoi semblent-il tous le déserter ? La pensée vagabonde c'est vrai, mais pas dans le sens où je l'aurais souhaité. Mais passons, ce n'est pas au bout d'un seul quart d'heure que je vais juger un chemin, par le passé j'ai déjà eu d'agréables surprise quand à des balades mal entamées.

Premier point d'intérêt atteint : un vieux canon qui pointe vers Macinaggio. Juste le temps de passer à côté, un groupe de promeneur déjeune non-loin, je n'aime toujours pas troubler la sérénité d'autrui. Un peu de grimpette ensuite, pour s'élever encore un peu et dominer les falaises en pente douce qui termine la pointe de l'île. La mer en bas est d'une limpidité cristalline, dont chaque facette née des vagues se voit rehaussée de l'éclat du soleil qui est bien haut et commence à cogner sur soit dit en passant. Le maquis bas embaume de mille odeurs d'été avec toutes les essences aromatiques qui le composent. Pourtant je n'y voit encore qu'une infinité de cachettes possible pour l'ennemi sournois que j'imagine me guetter... Mais je suis déjà plus serein qu'au début de ma route. Mes rencontres ponctuelles avec mes semblables sont comme autant de points de salut au milieu de cette luxuriance.

J'aperçois non loin la plage de Tamarone. Et quelques voitures garées. Je regrette un peu d'avoir voulu commencer depuis le port, je me dis que gagner une demie-heure sur mon planning aurait pu être utile. Et puis non, c'est clair dans mon esprit : si je vois que je suis trop en retard, je rentrerai, quel que soit l'endroit que j'aurais atteint à ce moment. C'est le compromis le plus sage que je puisse avoir pour ne pas céder à la tentation de regarder ma montre en permanence sans profiter du lieu. Alors que je traverse cette plage, j'aperçois à ma gauche une bifurcation où il est indiqué un accès à Santa Maria du à Chjapella par les terres. L'itinéraire est beaucoup plus rapide, mais vu que je suis plus enclin à la flânerie, je prendrais la voie côtière. Je l'envisagerai au retour si jamais.

Et j'ai bien fait. Comment aurais-je pu m'approcher des îles de Finocchiarola sinon ? Au cœur de leur petite réserve naturelle éponyme, ces petits îlots abritent une tour et constituent un joli panorama avec Capraia qui se laisse deviner en arrière plan. J'aperçois sur la petite plage en face des îles des vacanciers qui profitent du farniente sur le sable. Je les trouve presque courageux d'avoir marché autant pour un bout de grève où se reposer. Même si le lieux est splendide, une telle activité, pardon, inactivité, ne mérite pas à mes yeux tant d'effort. Sachant surtout qu'il reste encore moult choses à voir plus loin sur le sentier.

Le sentier s'incurve alors légèrement vers l'ouest, tandis que jusqu'à présent il allait tout droit vers le nord. Et dès cette déviation débutée, de nouveaux paysages se dévoilent : un intérieur des terres à peine bosselé de collines, stoppé net par la fin des terres qui semblent disparaître net dans les eaux infinies de la Méditerranée. Pour l'instant cette fin se fait doucement, il semble dès à présent qu'il reste encore quelques cordons de plages pour assurer la transition, mais au loin déjà on voit que la coupure est plus franche. Mais pour l'heure, il est temps de bifurquer vers la petite chapelle Sainte Marie, à quelques centaines de mètres à l'intérieur des terres. L'édifice n'a rien d'exceptionnel à mon goût : une petite église sans prétention aux murs enduits, qui, on le voit, ont subit les outrages du temps. Tant qu'à se souvenir d'un détail la concernant, je choisis plus volontiers ce petit puits juste à côté, qui, malgré son eau franchement vaseuse et son lézard insolent qui ne semblait pas éprouver la moindre crainte à mon approche, avait au moins l'intérêt d'être une singularité que j'avais rarement observer jusqu'alors. Cet interlude achevé, la route reprend vers la tour littorale Santa Maria.

Il m'aura fallut une petite heure et quart pour en arriver là. Au début de mon aventure du jour, je pensais que si je n'avais pas le temps d'arriver à la tour d'Agnello, je m'arrêterais à la tour Santa Maria. Il est tôt, et je suis relativement confiant quant à la bonne marche de mon entreprise. Je peux donc profiter pleinement de l'image de la tour les pieds dans l'eau et coupée en deux. C'est si singulier, çà valait largement ces quelques minutes passées à admirer cette œuvre humaine dont la semi-destruction constitue aujourd'hui l'atout majeur. Çà fait relativiser sur l'utilité des choses, de voir qu'un édifice défensif peut devenir en perdant sa fonction première une curiosité certainement plus célèbre qu'à son heure de gloire d'antan. Peut-être ne sommes nous définitivement pas destiné à nous enfermer dans une voie préétablie, et avons-nous toujours la possibilité d'accéder à de nouveaux horizons. Rien n'est joué d'avance pour la faire courte, c'est finalement un message d'optimisme que m'évoque la ruine que j'observe.

Je repars. Je suis à mi-chemin environ de mon but. Je vois clairement que le chemin va grimper pas mal. Comme je l'ai expliqué, alors que je foule les dernières plages que je suis en mesure d'observer, devant moi se dressent de relativement hautes collines qui plongent à pic dans l'eau. La tour convoitée se laisse entrapercevoir tout à la pointe. Elle est encore bien loin, ce qui n'est pas pour m'encourager vraiment. Mais je persiste : j'ai pu déjà voir tant de jolis panoramas entre terre et mer que j'ai envie d'en profiter toujours un peu plus. La grimpette est rude malgré le faible dénivelé. Le soleil qui m'assène sa chaleur lourde sur le crâne sans discontinuer n'aide pas. Je me sens comme un boxeur acculé au coin du ring, qui, tant bien que mal, doit subir l'assaut de son adversaire en n'ayant pour seule alternative que d'encaisser. D'encaisser tellement que même la garde devient futile. Mais je ne tomberais pas, cette obstination orgueilleuse qui souvent me dessert en balade me tiens debout, et fait machinalement se succéder mes pas alors que mes cuisses sont tétanisées.

A bout de souffle, trempé de sueur, je suis au sommet de ce promontoire de terre. Barcaggio est en vue au loin. Et bizarrement pas la tour. Il faut dire que le sentier est allé un peu plus loin de la côte que précédemment, je me laisse l'espoir d'accéder bientôt à la forteresse avant que mes forces ne m'aient définitivement quitté. J'ai de la chance, à mesure que je m'approche de la mer, la Giraglia apparaît. Puis la tour. Et surtout l'à-pic monumental que je viens de gravir. En effet, derrière moi je peux apercevoir la fin des terres que j'avais aperçu au loin. Sauf qu'à quelques dizaines de mètres, cette déchirure brusque semble encore plus impressionnante. L'opposition entre ces sommets rondouillards, tout couverts de maquis bas, et cette roche vert-bleu froid, déchiquetée et brute est telle une vision qui mêlerait Eden et Pandémonium : si improbable qu'elle en est presque fantastique au sens premier. On la croirait issue de l’imaginaire tant on la qualifierait volontiers d’œuvre surnaturelle. Je suis comblé et satisfait d'avoir été jusqu'au bout de mes objectifs aujourd'hui. L'idée même d'avoir renoncé plus tôt et d'être passé à côté de tout cela m'aurait rétrospectivement crevé le cœur.

Je termine mon chemin en rejoignant effectivement la tour. Pour moi elle sera la marque indélébile de mon accession à l'extrémité la plus au nord de la Corse que mes pas m'auront accordé d'atteindre. La symbolique peut sembler bien idiote, mais elle a au moins ce mérite que forcer mon respect et ma satisfaction. La tour d'Agnello est finalement assez petite, comme toutes les tours en fait dira-t-on. J'y pénètre brièvement, le temps de voir qu'une petite échelle permet d'accéder à son premier et unique étage. Elle me semble bien vétuste également, aussi me limiterai-je à cette observation sommaire, l'idée de recevoir un gravât au coin du crâne ne m'enchantant pas plus que cela...

Je me mets en route pour le retour. Seulement à ce moment le chemin restant à parcourir me revient à l'esprit et tendrait presque à me décourager. Pourtant je n'ai pas vraiment le choix, je savais que je n'en était en fait qu'à la moitié du parcours à faire. Étrangement, malgré la longueur du chemin, je souffre moins : j'ai l'impression que le soleil s'est fatigué à force de vouloir me dissuader de continuer, j'ai les jambes toujours congestionnées mais je continue inlassablement à accumuler mes pas vers mon point de départ. Peut-être est-ce simplement cette joie d'avoir été là où je voulais qui me transporte. Le fait est que le luminosité plus douce de cette journée bien avancée rend les paysages moins agressifs pour l’œil, donc la traversée de ses étendues en devient moins une épreuve physique qu'une gentille marche reposante.

Je rentre à Macinaggio exactement à l'horaire que je m'étais prévu. Ou plutôt celui que j'aurais souhaité car j'ai réussi à diminuer du tiers la durée annoncée par le guide que j'avais consulté. Au charme du parcours s'ajoute donc l'exploit personnel. Je n'ai pas perdu la main malgré ce temps où je ne pouvais pas sortir. Un jour peut-être tenterai-je le sentier complet, jusqu'à Centuri. Le lieu est si beau que çà ne serait pas pour me déplaire...
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