En mai, fais ce que tu peux...

... non, c'est pas "ce qui te plaît" normalement ? Oui. Mais en fait, non.

Au risque de passer pour un râleur invétéré (que je suis effectivement à mes heures perdues, et un peu le reste du temps aussi), ce mois de mai aura été un gouffre d'ennui effroyable. A une exception près, mais j'y reviendrai plus tard. Météo exécrable qui vous empêche ne serait-ce que de penser à partir en balade malgré les longs ponts des fériés qui vous promettent des vacances au nez et à la barbe de la société, difficultés à réunir d'éventuels partenaires de randonnée. En bref, pas d'escapade notable si ce n'est cette petite escapade de par le col de Teghime un dimanche après-midi de beau temps venteux aux températures cruellement en désaccord avec la période de l'année.

Fort heureusement, au début du mois, j'ai pris une petite semaine pour partir visiter Londres avec des amis. Je n'étais jamais parti en Angleterre, et hormis les images clichées véhiculées par les cours d'anglais au cours de ma scolarité, je dois concéder que je n'en savais pas vraiment plus au sujet des sujets de sa majesté. Cette semaine fut placée sous le signe de la découverte : pas de temps mort où l'on se demande ce que l'on va faire, où l'on va aller, sans idée précise, et qui vous font finir avachi dans votre chambre d'hôtel à mater le plafond pour y déceler tous les défauts tant l'ennui s'insinue peu à peu...

Vous trépignez d'impatience de savoir le détail de ce séjour, et moi j'ai besoin de noircir des lignes, donc, sans plus attendre, le récit de cette semaine vous est servi.

Dimanche

Le départ se fait en avion depuis l'aéroport de Poretta, où par chance nous avons pu trouver un vol direct vers Gatwick, ce qui nous facilite grandement la tâche. Nous quittons l'île en milieu de matinée. Le ciel est chargé, et c'est donc presque sans regret que nous pouvons lui dire au revoir le temps de ces vacances. Un peu plus de deux heures plus tard, nous voilà en Angleterre. Le ciel alterne nuage et soleil quand nous posons le pied. la température est similaire à celle que nous avons laissé derrière nous. Déjà un cliché qui explose quant au mauvais temps attendu.
Pas le temps de se reposer, direction Victoria Station puis notre hôtel. Un rapide fish and chips est avalé, pour céder à la tradition. Nous arrivons vers 14 heures, déposons nos affaires et nous remettons en route. Notre planning est bien rempli, il débute dès aujourd'hui. Nous verrons bien si nous nous y tenons.
Et l'exploration débute : notre quartier semble franchement huppé. Nombreuses voitures de luxe, belles maisons donnant sur la rue avec ces entrées qui ne laisse aucun doute quant à la richesse de l'appartement derrière. Nous ferions presque tâche si cela était notre préoccupation.
Nous nous dirigeons vers le Chelsea Physic Garden, un ancien jardin botanique que j'ai imposé, il va sans dire, dans notre parcours. Le ciel est gris mais semble stable. Qu'importe, j'ai ma veste en cuir style motard, que je ne quitterais pas de tout le séjour, sauf pour nos escapades vespérales où je cherche un peu plus de chic.
Avant d'arriver au jardin, nous tombons sur le National Army Museum, fortuitement. Il est ouvert et l'entrée est libre aujourd'hui. Nous nous octroyons la liberté d'en profiter. Quelques souvenirs de plus seront toujours bons à prendre. La visite est plutôt rapide, l'armée n'est pas ma tasse de thé (si je puis dire à Londres...), et finalement, même mes compères bouclent vite la visite. Direction le cours de botanique...
Là-bas on trouve de nombreuses essences de plantes diverse et variées. Et de bien belles serres, dont une de plus remarquable fut le serre tropicale avec sa vanille, son café et son cacao. Des plantes si communes dans l'alimentation, et pourtant si mal connues dans leur forme originelle. Nous nous permettons une petite pause pour le tea-time, que je remplace éhontément par un café. Je veux bien céder à la couleur locale, mais pas au point de renier mon amour inconditionnel de l'arabica. Le tour du jardin est plutôt rapidement bouclé aussi, mais sa richesse en a fait un plaisir qui semble partagé par mes amis également. Nous rentrons, histoire de nous reposer un peu et de nous rafraîchir après cette journée de pérégrinations incessantes.
Pour notre soirée, nous allons dans un pub où je me refuse à boire la moindre bière vu que je déteste profondément çà. Je resterai ferme à ce sujet tout le long. Nous prenons un rapide dîner dans un deuxième pub qui accepte de nous servir malgré l'heure un peu avancée pour eux (21 heures). Au moins avons nous appris que l'anglais mange tôt...
La journée s'achève, rendez-vous demain pour le vrai début de l'aventure.

Lundi

La grosse journée de visite. Direction le London Bridge, pont historique de la cité londonienne.
Nous débutons par une visite de l'église Southwark, où nous arrivons à voler quelques clichés avant que l'on nous explique que les photos sont interdites, sauf passe-droit payant... Le christianisme capitaliste me surprendra décidément toujours. Nous profitons heureusement gratuitement d'un petit concerto d'orgue, et sommes subjugué par cette acoustique monumentale issue de la conjonction de l'architecture de l'édifice et de l'instrument en lui-même.
Il est temps de quitter la lumière de la religion pour nous plonger dans les ténèbres de "The Crypts", une attraction mêlant histoire de la Londres médiévale et train fantôme pour son côté grotesque. Nous nous rendons compte que nous sommes loin d'être les seuls français en villégiature. C'est dommage. L'attraction en elle-même se suit plutôt aisément, malgré notre niveau d'anglais. Les ressorts scénaristiques destinés à nous effrayer sont éculés mais amusants, sauf pour le petit benjamin du groupe de français qui est terrorisé du haut de ses 8 ans... mais passons.
Il est temps de déjeuner, toute cette fausse chair fraîche m'a aiguisé l'appétit. Un bistrot français nous servira de point de chute pour pouvoir repartir en exploration au plus vite.
Direction le HMS Belfast, navire de guerre désormais à quai sur la Tamise, qui coule des jours plus tendres en tant que musée flottant. Mes compères sont fans d'armée, l'attraction va leur plaire. A moi aussi d'ailleurs, ne serait-ce que pour l'aspect technique et organisationnel de la vie à bord du vaisseau.
Puis vient le moment de visiter le Tower Bridge qui nous nargue depuis le matin. Nous en apprenons beaucoup quant à son fonctionnement, et je suis surpris d'ailleurs par ce que mon cerveau si peu habitué à la langue anglaise peu en décrypter de relativement technique et pointu. Sa machinerie, qu'il est possible, voire conseillé, d'observer, est une petite merveille d'ingéniosité si l'on s'en réfère à sa période de mise en oeuvre.
L'après-midi est déjà pas mal avancée. Nous voulons tenter la Tour de Londres, mais la guichetière nous en dissuade pour aujourd'hui, le temps restant avant sa fermeture étant trop court. C'est un peu décevant de devoir déjà modifier le planning établit, mais tant pis, nous reviendrons demain.
Nous nous rabattons vers la chapelle All Hallows, la plus vieille église de Londres. Moins clinquante que Southwark, elle n'en reste pas moins intéressante avec son petit musée de bric et de broc dans ses cryptes.
Puis nous nous dirigeons vers le Monument, érigé pour commémorer l'incendie de Londres qui ravagea une bonne partie de la citée médiévale, y compris l'ancien London Bridge. C'est une tour style colonne dans laquelle un interminable escalier en colimaçon de 311 marches vous mène au sommet, d'où une vue imprenable vous attend. Qu'importe la sensation vertigineuse, ce voyage est l'occasion de travailler sur ces craintes.
La nuit nous mène à un pub vers Camden Town, où nous nous détendons un peu après cette journée bien remplie, au gré de la musique des chanteurs et musiciens improvisés qui se succèdent sur la scène. C'est une expérience merveilleuse, de voir au gré des envie ces gens assis somme simple clients comme nous se diriger vers la scène et vous entraîner dans la musique. Londres est décidément une ville pleine de surprise. Mais pour l'heure, le repos s'impose pour la journée à suivre...

Mardi

Nous visitons enfin la Tour de Londres, ce qui nous prend la matinée vu tout ce qui s'y trouve, y compris les célèbres joyaux de la couronne. Divers musée thématiques sont présents, y compris ce que je me plait à appeler l'armurerie, où armures, épées, lances de joutes, hallebardes et autres fusils côtoient les canons et la hache du bourreau... Il est midi, nous devons faire notre "croisière" sur la Tamise si nous voulons respecter notre planning. Nous est offert un cadeau complètement inattendu : une salve de coup de canons tirés au dessus de la Tamise pour une commémoration dont je n'ai, hélas pas compris l'objet.
La croisière nous mène sous les nombreux pont londoniens jusqu'à Westminster. La tour de Big Ben est là et nous accueille de son carillon pour marque les 13 heures. Dans l'abbaye, il est interdit de prendre des clichés, pour changer... Les sépultures de personnalités importantes se succèdent ainsi que les mémoriaux d'autres tout aussi marquants. Y compris celui de Pascal Paoli, qui semble très connu outre-Manche, l'accès à son buste nous étant gracieusement octroyé pour quelques minutes par l'un des gardiens. Le cloître est tout aussi beau avec son jardin qui constitue un véritable havre de paix au coeur de la ville. Nous terminons cette visite par une tea-time qui s'avère être un moment très doux, le repos brisant le rythme de course de cette nouvelle journée.
Vous l'aurez compris il est encore relativement tard : nous devons renoncer à visiter la Jewel Tower, qui comme son nom ne l'indique pas renferme les étalons des unités de mesure britanniques. Le système métrique a pourtant du bon...
Nous nous dirigeons ensuite vers la Banqueting House, rare bâtiment rescapé de l'incendie de la Londres médiévale. Nous n'en apercevrons que la façade vu l'heure, mais c'est déjà bien suffisant. il en va de même pour Downing Street, la rue du Premier Minsitre, fermée car une personnalité importante était présente semble-t-il.
Il est temps de se reposer : un tour sur le London Eye non loin nous offre une vue époustouflante sur l'horizon entier de la ville, qui semble se poursuivre à l'infini. Surtout grâce au rythme lent de l'engin qui met une demie-heure à effectuer un tour. Puis nous régressons avec cette balade dans la salle de jeu digne de notre enfance : jeux d'arcade, auto-tamponneuses... Le bonheur infantile nous gagne.

Mercredi

Une journée de marche intensive de notre hôtel vers South Kensington jusqu'à Buckingham. Avec traversée des parcs de la ville. Journée presque champêtre en somme.
Mais tout d'abord, explorons le Musée des sciences. Il est toujours bon de se cultiver et d'avoir la chance d'observer des choses nouvelles ou au moins ne faisant pas directement partie de notre quotidien. L'aérospatiale, l'aspect neurologique de la douleur... tant de choses à voir en si peu de temps. Et ce simulateur de vol... Dieu qu'il est difficile de ne pas se retrouver la tête en bas en avion. Mais passons.
Il est temps de se mettre en route dans les parcs. Très beaux, vastes, où se retrouvent beaucoup de londoniens qui profitent de ce beau temps. Nous nous laissons tranquillement guider le long des chemins bien tracés qui serpentent entre ces parterres fleuris, le long des ces cours d'eau envahis de canards et autres cygnes.
Nous rejoignons l'arche de Wellington, je trouve non loin le célèbre "Honnis soit qui mal y pense" gravé sur un mur. Les interactions anglo-françaises sont bel et bien réelles si l'on pouvait en douter.
Nous déjeunons bientôt dans un Hard Rock Café, à défaut d'être très typique, s'en est au moins dépaysant ou du moins peu courant. Cette décoration à base d'objets ayant soit disant appartenu aux pointures des grands noms de la musique interpelle, même si je suis sceptique parfois quand à l'authenticité des choses...
Et nous voilà à Buckingham palace. Devant les grilles bien sûr. La bâtisse est immense, mais ne m'impressionne pas vraiment. Surement à cause de la disproportion entre l'image associée à l'endroit et l'endroit observé réellement. Mais passons. Nous poursuivons vers Westminster où nous devons visiter l'aquarium tout proche du London Eye. Entre temps, nous avons la chance d'observer les gardes à cheval, pris d'assaut par les autres touristes. Rançon de la gloire.
Cet aquarium est l'occasion d'observer une faune qui ne nous est pas forcément coutumière, et constitue un prélude à la visite du zoo prévue pour le lendemain.
Notre soirée se passera à Carnaby Street, où nous tentons un restaurant indien, preuve de l’imprégnation historique de la colonisation des Indes par la Grande Bretagne. Et surtout, occasion d'une nouvelle expérience culinaire riche en saveurs nouvelles et épicées.

Jeudi

Direction le zoo. Mais en passant par Baker Street et sa statue à la gloire du plus célèbre détective du monde. Élémentaire, non ? Un autre parc nous sépare du bestiaire convoité, autre autre occasion de nous aérer au coeur même de la ville.
Le zoo quant à lui nous livre pléthore de bestioles à observer : de la girafe au gorille, en passant par les tigres, les perroquets et les serpents... Ah mes chers serpents ! J'ai pris sur moi pour entrer visiter votre maison. J'ai même réussi à m'approcher à moins d'un mètre de vos vitrines. Et sans hurler. A défaut d'être guéri de ma peur, au moi je sais que je peux tenter de la raisonner en partie.
L'après-midi est bien avancée, nous terminons la journée par une petite séance de shopping aux environs de Picadilly Circus, histoire de nous relaxer un peu sans buts précis.
Cette journée peut sembler courte à raconter, mais ceci vient seulement du fait que le zoo nous a occupé une bonne partie de celle-ci. les photos illustreront la richesse de ce propos.
Nous dînons coréen ce soir. C'est également original, et surtout encore très bon grâce aux saveurs exotiques proposées.

Vendredi

La cathédrale Saint Paul. LA cathédrale devrais-dire devant sa magnificence. Immense, imposante de fastes. La visite silencieuse nous guide d'abord vers ses tours, avec plus de 500 marches gravies pour admirer la vue de son sommet. Époustouflante d'ailleurs, puis vers ses cryptes et leurs reliques des grands du pays.
Puis viens la visite de Trafalgar Square avec sa colonne au sommet de laquelle Nelson veille. La National Gallery au fond est tout aussi monumentale dans son horizontalité. Mais nous nous contenterons de ces observations succinctes, nous ambitionnons de participer à une marche rock'n'roll, pour explorer ce versant du folklore londonien qu'est la musique.
Mais nous sommes arrivés trop tard... plan B de rigueur. La visite de la ville en bus ouvert à deux étages nous occupera donc quelques temps. Elle me fait d'ailleurs plus songer à un récapitulatif de tout ce qui a déjà été vu qu'à une découverte. C'est ce qui me fait alors penser que nous nous somme jusqu'à présent plutôt bien débrouillés dans notre organisation.
Rassasiés d'images malgré l'heure peu avancée, nous décidons néanmoins de fêter la musique britannique, mais cette fois en effectuant un pèlerinage au sein d'Abbey Road, immortalisé par les Beattles. Tout y est : le passage piéton de l'album éponyme à a rue, les studios, le mur où les fans d'aujourd'hui et de jadis ont laissé leurs marques d'affection pour le groupe mythique, à qui de son petit mot, à qui de son graffiti...

Samedi

C'est le week end. Nous décidons de finir en roue libre. Au menu, petit déjeuner londonien typique au milieu du marché de Notting Hill avec ses maisons aux couleurs typiques, stands et boutiques éclectiques avec accessoires de mode so british (et même scotish...), vendeurs de plats de tous horizons, musiciens de rue et même imitateur de Charlie Chaplin. D'une certaine manière c'est à ce moment que nous sommes le plus immergés dans la vie citadine typique de Londres. D'autant que le temps gris et la fine pluie aident à parfaire cette intégration.
Et l'après-midi est consacré au football. J'ai assisté à un match de foot, moi qui déteste çà... Je ne dirais pas que j'ai pris un plaisir extrême à être dans ce stade au milieu de la foule, mais j'aurais au moins fait sauté l'image du peuple de hooligans en puissance dont je les affublais volontiers. Nous aurions pu difficilement faire plus couleur locale pour cette fin de séjour. C'est une bonne chose.

Dimanche

La fin est proche. Nous achevons nos valises et direction la gare de King's Cross où nous prendrons l'Eurostar jusqu'à Paris. Deux capitale dans la même journée, je pense alors que nous sommes vernis. D'autant que, comme tous les départs, je reste tiraillé entre l'envie de regagner mes pénates après cette semaine loin de ma petite vie, et cette envie de faire perdurer encore un peu l'expérience qui ne fut pas avare en nouvelles perspectives explorées.

Le séjour fut donc finalement très riche : culture britannique, un peu de vie londonienne pour diluer la course, paysages anglais sur le train qui nous a mené jusque sous la Manche vers Paris. De la ville des lumières quelques monuments et rues célèbres traversées en taxi jusqu'à Orly... Des images pour longtemps.
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Qui lit Manjaro ?



Ma pire phrase d'accroche je crois. Jeu de mot bidon, presque dénué de sens... Quoique non, je sauve l'honneur, c'est par là. Y'a plus qu'à "lire"...

Ubuntu 13.04 est sortie, c'est une bonne petite évolution de la 12.10, on continue le polissage, on entreprend les gros travaux pour bientôt (Mir, Unity Next...), bref, c'est beau et fonctionnel (question de goûts) mais çà ne prend pas de risques. Il n'en a pas plus fallu à votre serviteur pour aller lorgner du côté des petits camarades, et cette fois en s'éloignant des distributions basées sur la sacro-sainte Debian (louée soit-elle).

J'ai donc testé Manjaro, petite distribution très sympathique et plutôt user-friendly, qui se base sur Arch Linux. J'ai acquis mes petits réflexes sur Ubuntu, je commence à m'adonner à du apt-get à l'invite de commande, donc j'avoue avoir été un peu frileux à l'idée de changer de gestionnaire de paquets et repartir de zéro... Mais en fait, le syndrome du clicodrome aidant, les développeurs de la distribution ont mis en place les outils vitaux pour qu'un babouin décérébré, pardon, l'utilisateur moyen, puisse installer la bête.

Et je dois dire que çà marche. L'installateur graphique vient de Mint, donc pas de dépaysement majeur. J'ai testé la version XFCE, mais d'autres saveurs existent. Il me manque toujours le menu global qui me fait chérir Ubuntu, mais je pense qu'en bidouillant un peu il existe un plugin pour singer la fonctionnalité. Pour tout le reste, çà fonctionne out of the box : pilotes propriétaires si besoin pour ma vieille Radeon, Flash (beurk... mais mal nécessaire) préinstallé, suite bureautique, GIMP... Tout ce qu'il faut pour bien commencer la journée.

Petite cerise sur le gâteau (encore une fois, question de point de vue) : elle se base sur le système des rolling releases, c'est à dire que la distribution est perpétuellement mise à jour sans que l'on ai besoin de réinstaller une nouvelle version périodiquement. Une image récente est publiée régulièrement, mais une fois installée, le gestionnaire de mise à jour maison se charge de vous remettre à niveau. Certains y verront de possibles problèmes de stabilité dues aux nouveautés, d'autres (comme moi) tenteront l'aventure.

Elle n'est pas (encore ?) ma distribution principale, mais je la garde précieusement sur l'un de mes vieux PC de test. Et malgré sa vieille configuration, elle tourne bien cette distribution... Si mon sevrage d'Unity s'opère, elle pourrait bien constituer un choix judicieux pour migrer.

A voir, et surtout, affaire à suivre...
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Les promenades du rêveur solitaire - Errance au col de Teghime - en mai 2013



Plus de trois semaines sans sorties. Ou plutôt deux semaines sans sorties dans la nature au milieu de nulle part, loin du tumulte urbain. Il n'y a pas lieu de se plaindre cependant, ma semaine de vacances londonienne aura constitué une excellente échappatoire vis à vis de la routine qui s'était installée dernièrement. Mais malgré les nombreux parcs et leurs jardinets à l'anglaise qui singent la spontanéité naturelle sous couverts de leurs désorganisation maîtrisée, la présence citadine alentours a toujours réussi à se faire ressentir. Non pas que ces havres de verdure m'aient déplus, bien au contraire, ils constituaient une bouffée salutaire au milieu de la vie de la ville, qui malgré tout le flegme et la politesse des britanniques reste tout aussi oppressante à terme que n'importe quelle existence citadine.

Il fait un soleil radieux aujourd'hui, j'oscille entre les joies promise de la plage que je pourrais longer jusqu'à plus soif en évitant cependant les premiers estivants vautrés sur leurs serviettes, le corps graissé pour brûler au plus vite, et témoigner de leur exposition aux premiers rayons, et marcher sans but précis, faute d'inspiration. Je dois confesser avoir été refroidi dans mes ardeurs par ma rencontre de tantôt avec une couleuvre, alors que je faisais découvrir la chapelle Saint Jean de Mandriale à un ami... Mais la volonté d'arpenter les espaces sauvages transcende même la peur apparemment.

Je me décide un peu à la va-vite pour un petit sentier que j'ai vu souvent lors de mes trajets vers mes autres lieux de villégiature, une route qui part du col de Teghime et semble s'enfoncer au cœur des monts environnants. Pour une fois je ne me fixe aucun but. Pas de lieux à voir spécialement, pas de durée de marche, pas d'impératif. J'ai juste envie de profiter moi aussi du soleil, mais sans rester à jouer à la crêpe dans le sable gris et collant des plages. Et au fond de moi, je veux me jauger pour voir si je peux résister à l'appréhension d'être de nouveau en contact avec un serpent... On ne se refait pas, on n'abandonne pas trente années de phobie comme çà après tout.

Trêve de bavardages. Me voilà arrivé à mon point de départ au bord de la route qui mène à l'autre versant du cap. Je viens à peine de dépasser le monument à la mémoire de la bataille de Teghime. J'ai une vue imprenable sur les deux côtes, sur le Pinu à peine plus haut que moi, sur l'étang et la plaine où les brumes de chaleurs ont décidé d'élire domicile. Et là un ciel d'un bleu profond. Ce bleu infini qui vous donne l'impression de pouvoir voir les confins de l'univers tant la vision s'y enfonce facilement dès lors que l'on insiste. L'air débarrassé de l'humidité par la légère brise y joue pour beaucoup, celle-ci étant chassée plus en bas comme je l'ai signalé juste avant. Le décor est planté, j'ai juste à me lancer si je suis prêt à relever mon défi intérieur.

Et je m'exécute. Le pas est lent cependant. Le pas est lourd aussi. Je fais mon possible pour être le plus bruyant que je peux. Je veux déloger les éventuelles reptiles avant mon passage, il n'y a rien de pire que la surprise de voir apparaître l'objet de ses craintes à ses pieds. Et c'est d'ailleurs cette appréhension de la peur qui est pire que la peur en elle-même. A Londres, au zoo, j'ai pu m'approcher des ophidiens dans leurs terrariums sans trop d'angoisse. Et j'ai même réussi à les photographier pour la postérité, et pour marquer ma volonté de me sortir de cette crainte infondée qui m'empoisonne depuis trop longtemps. J'ai tout de même ma canne avec moi, peut-être pour ranimer cette image londonienne de courage tout relatif, à travers une image un peu dandy gentilhomme de la marche qu'elle me donne.

Ma technique fonctionne, en partie : les lézards sortent des fourrés environnants. C'est pas mal, mais même si je n'affectionne pas non plus outre mesure ces cousins sur pattes de mes bêtes noires, ils ne constituent pas une source d'anxiété, loin s'en faut. La paranoïa me joue parfois des tour : je tressaute un peu quand une de ces bestioles surgis trop près de moi, mon esprit sur le qui-vive assimilant d'emblée l'assaillant au scénario le moins à mon avantage. Mais je me reprends vite quand le danger est analysé plus finement. Au fil des pas, je m'affirme toujours un peu plus, à mesure que je m'enfonce sur le sentier large qui s'élève doucement.

Mais l'ennemi n'est pas celui redouté de prime abord : le soleil est là vous disais-je. Il commence à mordre mon visage et mes bras nus. Pas bien méchamment, mais je n'ai pas envie de ressembler à une parodie de touriste imprudent qui aurait grillé faute de protection adéquate. Lui a au moins l'excuse de ne pas connaître la façon dont le soleil brille de par nos contrées, moi je passerais forcément pour un idiot à me laisser prendre, et je devrais de plus porter cette marque écarlate l'espace de quelques jours, en guise de châtiment pour marquer mon erreur. J'ai ma fierté, je préfère couper court à la marche dans ces conditions. Après, çà fait une bonne demie-heure que je m'enfonce nulle-part, à un moment ou un autre il aurait de tout manière bien fallu que je songe à rentrer.

Le retour est d'ailleurs un peu plus serein : le moindre bruit dans les broussailles n'excite plus mes sens outre mesure. Je suis à peu près capable de me maîtriser, je peux donc continuer mes marches. D'autant que je vise les sommets pour cet été qui arrive, le mental ne saura tolérer le moindre doute le moment venu...
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