Retour à la chapelle Saint André de Biguglia, en décembre 2012



Changement de casquette aujourd'hui : je deviens guide touristique l'espace d'une promenade dominicale vers l'ancienne chapelle Saint André de Biguglia. Le choix de la balade de découverte s'est porté sur celle-ci de par le fait que le circuit est court mais relativement sauvage, dans le sens où le sentier est vraiment laissé à l'abandon vers la fin. Quoi de mieux pensais-je pour initier des amis aux joies de l'évasion en pleine nature ?

Je ne reviendrais pas sur le circuit en lui-même dans le sens où il a déjà fait l'objet d'une description, mais plutôt sur les approfondissements et nouvelles impressions de la journée. En effet, malgré la relative monotonie et simplicité prévue, je m'aperçois que les détails font parfois la différence : nous croisons beaucoup plus de randonneurs que lors de ma première visite, un chasseur et son chien, ainsi qu'un couple. Nous les dépassons tous rapidement de par notre relative jeunesse et fougue (surtout pour moi qui doit montrer l'exemple vu que j'endosse le rôle du démonstrateur). Je prends mon rôle au sérieux en tentant d'expliciter une nouvelle fois tout ce que j'ai pu observer sur la flore, mon domaine de prédilection, mais aussi sur la chapelle et son histoire vue que j'ai réuni quelques informations à son sujet.

Ces explications me permettent d'ailleurs de noter les-dits changements : une végétation plus drue que lors de mon premier passage, des essences plus visibles, comme par exemple les myrtes qui portent dorénavant leur baies bien noires et parfumées, les arbousiers dont la majeure partie des fruits rouges vifs désormais sont tombés à terre suite à l'épisode venteux des jours précédents, mais aussi et surtout les, lianes piquantes de toutes sorte qui reprennent peu à peu leurs droits. Ceci me fait prendre conscience que le sentier doit réellement être laissé à l'abandon, au moins depuis quelques mois vu que la situation n'était pas bien réjouissante dès alors... Une idée folle me traverse l'esprit : me balader avec une machette et de quoi marquer la piste vers la chapelle. Saugrenue n'est-il pas ? Je prends vite conscience que j'outrepasse de plus en plus mon simple rôle de spectateur-rapporteur pour passer vers celui d'acteur de la préservation du patrimoine. Après tout, n'est-ce pas déjà l'un des buts de ces carnets où je consigne toutes les informations que je peux trouver sur les lieux que je visite ? Difficile de rester indifférent face à ce en quoi on crois, même si ce n'est pas très ancien certes.

Par delà ces changements somme toute minimes mais notables, je retrouve avec une certaine satisfaction les images que j'avais déjà de cette randonnée : ce sentier forestier qui fini brutalement en chemin de maquis avec une végétation complètement différente, l'alternance rocaille naturelle et pavés improvisés déposés par la main de l'Homme, ce petit pagliaghju sur le côté que nous visitons rapidement cette fois... Toutes ces choses devenues finalement des repères familiers auxquels on s'attend. Et j'ai envie de les faire perdurer de par mon travail de rédaction.

La chapelle ralliée, nous nous arrêtons quelques instants pour que mes compagnons profitent du panorama sur l'étang qui m'enchante habituellement, et j'espère qu'il en est de même pour eux. Nous sommes vite rejoints par le couple laissé derrière nous au début du trajet. La discussion commence vite entre nos deux groupes sur les circuits de ce type à faire sur l'île. Je me rends compte que ces deux individus ont beaucoup marché eux aussi, certainement plus que moi en tout cas. Ils nous font part de quelques belles balades à effectuer dans le cap, vers Cervione, et même en Corse du sud, fief de mes hôtes d'une excursion. La prise de conscience du fait qu'il me reste encore beaucoup de chemins à arpenter est une grande motivation à persévérer, mais aussi une source d'interrogation sur ma propre expérience acquise : pourrais-je encore longtemps me contenter de mes recherches de sentiers, et surtout continuer seul ? Vous aurez compris à présent que j'ai un penchant certain pour l'introspection solitaire que la marche propose, mais si je dois pousser mes propres limites en terme de distances et de temps, la raison voudrait que je sois accompagné ne serait-ce que pour ma propre sécurité (pour éviter ma déconvenue du monte Stellu par exemple...). J'y réfléchirai, après tout ai-je déjà semé les graines d'hypothétiques futures vocations, ne serait-ce qu'aujourd'hui même.

Nous redescendons tranquillement, mes amis avec la satisfaction d'une après-midi sympathique (du moins je l'espère) et moi avec des objectifs encore revus à la hausse. Comme quoi revenir sur les choses acquises en apparences est souvent salutaire.
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Le sentier botanique de San Giovanni di Moriani en décembre 2012



Ce circuit est un paradoxe. Je n'étais pas seul pour le faire pour une fois, ce qui est déjà en soi quelque chose d'inhabituel pour moi. Je dois avouer que je n'ai jamais vu aussi peu d'espèces différentes lors d'une sortie. Ce qui me chagrine vu que je me faisais une joie de pouvoir étaler ma science de la flore locale devant mon compagnon de route. Je suis un peu dur : nous sommes fin décembre, le sentier a apparemment été débroussaillé il n'y a pas si longtemps, et à force d'observer toujours les mêmes espèces au fils de mes randonnées, j'en arrive à ne plus avoir cet émerveillement infantile face aux plantes croisées.

Mais laissons de côté les considérations bassement techniques pour se focaliser sur le circuit en lui-même. C'est la première fois depuis l'exploration de Fiuminale que je retourne en Costa Verde. J'avais particulièrement apprécié le village ruiné malgré la froid vif de la journée, quelque part je souhaitais retrouver ici des sensations similaires. L'arrivée à San Giovanni par la route est intéressante en soi : nous traversons San Nicolao entre autre, et pouvons observer la nature préservée tout autour. Le point de départ, caractérisé par l'église Saint Jean qui donne son nom au hameau est plutôt sympathique de par la vue qu'il donne sur la mer en face et le sentier forestier que l'on devine. Enfin, sympathique n'est finalement peut-être pas le terme le plus adéquat vu que le départ se fait au milieu des tombes du cimetière adjacent. Vous aurez au fil de mes récit compris l'importance que j'accorde au respect des sanctuaires, je suis toujours un peu gêné d'avoir l'impression d'en profaner un, même si je témoigne le plus grand des respect à chaque fois.

Le ton du circuit est vite donné : de nombreux panneaux soulignent les espèces botaniques remarquables, même si à ce moment on reste dans ce que je qualifierais les essences « passe-partout ». J'admets que çà a au moins le mérite pour le profane de donner un nom à ces plantes qui jonchent notre quotidien sans qu'on puisse les qualifier de quoi que ce soit d'autre que de mauvaises herbes ou d'arbres. Nous progressons mon ami et moi le long de ce sentier ascendant : je batifole de droite à gauche en quête de la petite subtilité végétale dont je pourrais lui parler afin de justifier le fait que je l'ai traîné dans ce village qui doit lui sembler être une antichambre de nulle part pour justement voir des plantes. J'épuise hélas rapidement mes classiques que je finis par simplement lui désigner du bout de mon bâton accompagnés de deux-trois phrases explicatives rapides. Pour ma part, je me satisfais de ce que je vois, comme pour toutes mes promenades d'ailleurs jusqu'à présent, mais je m'inquiète plus de savoir si lui est satisfait, le sachant en fait assez peu enclin aux escapades pédestres. Ce doute qui me taraude me rend encore un peu plus bavard qu'on ne l'ai en temps normal quand on est en compagnie de son meilleur ami : je meuble presque compulsivement les silences comme pour éviter de laisser la moindre remarque sur mon choix du jour immiscer. Je sais qu'il n'est pas comme çà, mais c'est aussi une façon pour moi de tenter d'expier ce que je crois être une faute.

Çà fait quelques temps que nous avançons en forêt, je lui explique les rudiments que je connais du marquage coloré visible, au moins ai-je l'impression de sauver les apparences, moi qui, étourdi de mon état, est le premier à perdre de vue le fil d'Ariane et à le rechercher quand je suis seul. Nous rejoignons enfin au petit hameau, où nous sommes accueillis par une meute de chiens disparates qui aboient pour protéger leur territoire. Nous avons eu tous deux des chiens, nous ne nous laissons pas impressionner et les laissons faire jusqu'à ce qu'ils s’approchent de nous pour nous renifler et quémander quelques caresses en guise de droit de passage.

En fait notre route continue en ayant juste frôlé ce petit village, le sentier dorénavant descend pour rejoindre la colline en face. Toujours rien de très notable en vue du point de vue végétal, seuls les panoramas de villages éloignés isolés à flanc de colline nous attirent pour quelques clichés souvenirs. Nous croisons une petite fontaine en pleine nature au milieu de sa végétation verte, une nouvelle photo à rapporter en trophée. Le sentier se termine sur la départementale alentours. Ou plutôt l'avons-nous fait terminer d'un accord tacite à ce moment. Mon camarade montre des signes de lassitude quant à la promenade prévue, je ne peux décemment pas m'opposer à sa volonté muette mais compréhensible, d’autant plus que nous progressons à l'ombre des montagnes à cette heure-ci et qu'il s'est vêtu très légèrement pour la saison.

Notre retour va donc suivre la route qui nous ramène à l'église, quasi parallèle au sentier suivi jusque-là. Nous aurons donc au moins profité d'une petite marche revigorante dans un cadre agréable, du moins pour moi. Je retenterai ce sentier un jour, en suivant l'itinéraire cette fois, qui sais, peut-être qu'à la belle saison la flore se montrera moins timide...
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Joyeux Noël...


Un jour en retard pour ne pas sombrer dans les traditions clichées. En même temps, qui s'attendait à ma permission pour passer un "bon" Noël ? Sans çà j'espère que vous n'avez pas été nombreux à vous le saboter exprès. Voilà mon point de vue de futur vieillard aigri sur la sémantique de cette phrase placardée partout ces derniers temps.

Nouvelle un peu plus importante à l'échelle du blog : je suis en train de reprendre toutes les promenades du rêveur solitaire vu qu'entre les débuts encore indécis sur le sens des textes et maintenant il y a un petit monde. Je remplacerai les anciens articles pour le 1er janvier probablement.

Restez connectés... et bonnes fêtes (je vous y autorise).
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Les promenades du rêveur solitaire - Les environs de Porri en décembre 2012



Il y a des circuits que j'ai fait en dilettante juste histoire de dire que je les avais fait, ou pour occuper mon temps (vous l'aurez compris depuis que vous lisez mes récits). Il y en a d'autres qui constitue des défis lancés à moi-même. Mais le but de cette balade dans les hauteurs de la Casinca est encore autre : j'ai voulu connaître et comprendre l'attachement de quelqu'un à un lieu précis. Si tu lis ce texte, tu te reconnaîtras et je tiens à clarifier ma démarche qui consiste juste à rationaliser ce qui peut sembler irrationnel à une personne extérieure à ton village. Pas spécialement envie de m'immiscer outre mesure dans le cours trépidant de ta vie, nos rencontres sporadiques et nos correspondances toutes aussi discontinues suffisent à entretenir notre amitié. Laissons-là ces considérations bien trop humaines à mon goût, elles risqueraient de me rendre sympathique...

Je diluerai le sirop du paragraphe précédent en disant que j'en ai profité pour visiter le lieu dit « grotte de la Résistance », où une imprimerie clandestine fut installée durant la Seconde Guerre mondiale. A défaut d'être féru d'histoire, je m'impose néanmoins un devoir de mémoire envers les évènements majeurs de celle-ci, particulièrement pour ceux qui ont affecté ma région d'origine.

Une chose frappe d'emblée mon esprit en arrivant dans le petit hameau (sûrement l'un des plus petits que j'ai vu depuis que j'ai commencé mes visites des terres intérieures) : la disproportion entre sa taille et la lourdeur de l'histoire qu'on lui associe. J'ai une sensation d'acharnement du destin sur de pauvres gens qui ne lui en avait pas demandé tant. Certes, la période était alors troublée, mais pourquoi en arriver là ? Je n'ai définitivement pas fois en l'Homme, hormis quelques élus dans mon esprit, c'est bien la pire bestiole que cette planète ai pu engendrer à bien des égards... mais je m'égare.

Je me dirige pensif vers le départ du sentier marqué, je suis ramené à la réalité par les aboiements d'une chienne d'une maison toute proche. A-t-elle peur de mon bâton de marche ? Je n'y prête pas attention et continue vu que c'est le seul moyen de lui faire comprendre que je ne cherche pas le conflit ou l'incursion dans son territoire. A peine refermé le portail au début du parcours, la voilà qui me rejoint et me précède : je comprends alors qu'elle veut m'accompagner. Elle a du en croiser des randonneurs qui l'on déjà rejoint cette grotte, je sais que je peux lui faire confiance pour m'aiguiller au milieu de la forêt si je venais à m'égarer.

Le chemin est une succession d'anciennes marches aménagées et de roches brutes avec parfois un terre qui semble battue. Çà n'est ni le meilleur ni le pire que j'ai foulé. J'admire à mesure que je descends le panorama désormais classique de la mer qui paraît entre des montagnes en face de moi. A l'arrière, Porri s'efface déjà avec ses maisons sur ce qui me semble être la crête de mon point de vue. A ma droite, de majestueuses montagnes aux forêts denses avec une légère brume qui leur donne une lueur presque irréelle. Je relâche alors le poids de l'histoire locale l'espace d'un instant.

Sur mon chemin je croise une ancienne bâtisse de pierre qui a du, à sa glorieuse époque qui ne devait pas être si lointaine, être la demeure de quelqu'un d'aisé vu que des murs de pierre apparemment réguliers ceignent le tour du terrain jusque dans le maquis en contrebas. Elle est comme posée sur une petite crête rocheuse qui en y regardant de plus près se prolonge en pente douce plus en bas. Mais mon amie et guide improvisée me presse du regard pour la suivre, je continue donc, de toute manière je repasserai par-là au retour.

Nous arrivons dans la forêt qui se dresse en bas du village. La chienne s'ébat joyeusement de-ci de-là, je ne peux pas toujours la suivre donc je me rabats sur le marquage pour ce passage et cette fois-ci c'est à mon tour de la presser. Elle m'accompagne, je me sens responsable de son retour à bon port. Nous avançons donc sur le sentier qui redevient à mesure que l'on avance de plus en plus marqué, et finissons par arriver à une montée rocheuse quelque peu abrupte pour qui n'aurait pas de bonnes chaussures (ou n'aurait pas quatre pattes pour la porter, ne l'oublie pas ma chère guide qui semblait parfois s'impatienter quand je peinais à suivre...).

A son sommet, je comprends que la grotte est en fait une anfractuosité dans la falaise qui tombe à pic dans laquelle était protégée la presse dérobée pour permettre le tirage de tracts partisans. Son accès est heureusement protégé des visiteurs par de lourdes grilles métalliques, mais des vitrines laisse voir le matériel. D'aucuns auraient pensé que celui-ci aurait mieux été à l’abri dans un musée, mais je suis d'avis que son essence même ayant été de permettre aux clandestins d'alors de mener à bien leur œuvre de résistance à l'envahisseur, mieux vaut qu'il reste à tout jamais dans le lieu où son histoire s'est jouée.
Nous remontons alors, la chienne et moi-même. Elle a compris que je voulais aller dans ce lieu alors même que je ne l'avais jamais croisée ni même esquissé un quelconque besoin devant elle. Les chiens me fascineront décidément toujours pour leur dévotion sans faille envers l'être humain.

De retour au hameau plus tôt que prévu, je décide de tenter le trajet vers Sajabicu, où je me vois déjà fouler le sol d'où les fondateurs du hameau actuel ont été chassé au fil du temps. J'ai repéré un panneau indiquant le sentier au bord de la route qui m'a mené vers Porri, je m'y arrête donc. Point de balisage mais un sentier apparemment carrossable bien marqué. L'emprunter devrait être une sinécure s'il mène bien à ce que je pense.

Une nouvelle fois, c'est le temps qui est mon ennemi, mais cette fois, nullement de par les caprices du climat, mais par l'arrivée toute proche du crépuscule. Je scrute donc religieusement ma montre à intervalles réguliers afin de ne pas me laisser surprendre. J'ai suivi deux pistes possibles : au mieux suis-je tombé sur un troupeau de chèvres sur une crête avec un sentier trop peu marqué pour que je l'emprunte sans risquer de me faire surprendre par l'obscurité au retour, au pire ai-je trouvé sur l'autre un portail clos. Peut-être était-ce la bonne voie mais l'accès a-t-il été condamné en prévention d'un quelconque danger ? A l'heure où j'écris ces ligne, je ne le sais pas.

Je dois rentrer, le soleil donne des signes de fatigue. Ce ne sera une nouvelle fois que partie remise...
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Dichotomie


Un cliché, un post. C'aurait été digne au mieux d'un message Facebook ou Google+ pensez-vous. Non. Au delà de la photo-météo inutile, ce que cette image m'inspire c'est une réflexion sur la dualité des choses.

Dualité multiple si je puis dire : à un niveau basique, opposition d'un temps ensoleillé sur ma tête à ce moment (qui ne durera pas pour ceux qui veulent absolument savoir la météo à ce moment là...) alors qu'un orage violent se dresse face à moi, ce qui a pour résultat le double arc en ciel au centre ; à un niveau mental, tiraillement entre l'émerveillement quand à cette singularité chromatique (pour une fois qu'il y en a un avec des couleurs aussi soutenues) et l'agacement du type blasé pour qui ce n'est que le résultat prévisible de la diffraction de la lumière par les gouttelettes de pluie en suspension ; à un niveau philosophique, dois-je demeurer cet innocent ignorant qui a le pouvoir de rêver devant ce joli phénomène fugace, ou renoncer à toutes ces croyances enfantines et futiles et accepter ma nature d'être raisonné et raisonnable désespérant de froideur quant à la beauté du monde ?

Peu à peu (le temps de ces cinq minutes avant que la pluie n'arrive à mon niveau), j'en arrive à la seule conclusion que je peux avoir quant à ses interrogations soulevées : je suis tout à la fois. On ne peut me réduire à une seule de ces facettes, tantôt rêveur quand je marche seul sur les chemins isolés, tantôt scientifique quand je rafraîchi mes connaissances ou que j'ai à expliquer tel ou tel phénomène de mon ressort, tantôt spirituel quand je veux bien accepter l'hypothèse du "truc" qui est la finalité des choses (ce que certains appellent "Dieu"), tantôt bassement terre à terre quand le cynisme me fait réagir sur l'état du monde qui m'entoure...

Tout çà pour une demie heure de pluie en début d'après-midi...
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Les promenades du rêveur solitaire - La chapelle Saint Michel de Sisco en décembre 2012



Une fois n'est pas coutume, j'ai encore été visiter les environs de Sisco dans le cadre de mes escapades. Mes vacances et le beau temps aidant, j'ai décidé sur un coup de faire une escapade éclair : une petite heure de promenade aller-retour, je pouvais me le permettre aujourd'hui...

Commençant à connaître quelque peu les environs de l'intérieur de la région de Sisco, je décide donc d'aller explorer ce sentier qui mène à la chapelle Saint Michel, qui domine les environs sur son promontoire rocheux. J'en arrive toujours à me demander ce qui passait par la tête de ceux qui un beau jour décrétaient qu'ils allaient construire un édifice religieux au fin fond de nulle part. Certes, on croise bien deux-trois ruines sur le sentier qui y mène, mais près de trente minutes pour y aller, n'était-il pas plus simple de les faire plus proches de hameaux existants ? C'est une approche bassement terre à terre, j'en ai bien conscience, mais je dois avouer qu'au final je ne me plains pas de pouvoir me promener un peu dans une nature relativement isolée...

Le sentier en lui-même est très facilement repérable au bord de la petite route, et le panneau de la chapelle aussi, d'autant plus que par élimination, si vous n'allez pas vers le col Saint Jean à votre gauche, le seul autre itinéraire mène à Saint Michel. La route est agréable, un peu trop ombragée bien qu'il ne soit pas tard, la faute au mois de décembre, mais assez jolie.

La localisation de la chapelle est très sympathique, juste au bord du vide sur son rocher qui émerge de la petite prairie d'herbe rase environnante, j'en ai fais le tour même si mon vertige m'a donné à réfléchir à ce sujet. En bonus, j'ai pu grâce à mes acrobaties voler un cliché de la statue de Michel terrassant le dragon que la chapelle consciencieusement fermée renferme. Il n'est pas aussi impressionnant que je le voudrais avec son contre-jour, mais je devrais m'en contenter.

En somme une petite balade très agréable à faire pour tuer le temps...
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Les promenades du rêveur solitaire - La Marana en décembre 2012



Aujourd'hui c'est dimanche et comme tous les dimanches je n'ai pas envie de rester enfermé chez moi devant la télé ou mon PC. En effet, il y a deux catégories de geeks : ceux qui vivent quasi-reclus avec pour seuls liens avec l'extérieur Facebook ou les chats, et les autres... Et Dieu merci j'en suis un autre.
Bien que le temps ne s'annonce pas trop mal en cette fin de matinée plus que jolie pour un mois de décembre, je sais que je ne peux pas m'éloigner de trop en voyant l'amoncellement de nuages sur le cap, et l'amoncellement de boulot dominical que j'ai.

Pour rompre la monotonie, je décide quand même de partir marcher le long des plages de la Marana, d'autant plus que çà fait quelques mois que je n'y ai plus été mine de rien. Avant de m'attaquer à l'intérieur des terres, c'est le long de ces étendues infinies de sable grisâtre que j'ai fait mes armes comme marcheur à y regarder de plus près. J'ai toujours apprécié la mélodie incessante du reflux des vagues et du vent qui viennent seuls rompre le silence hors saison estivale, et surtout j'ai toujours eu en affection ces trésors découverts au gré des lendemains de tempêtes, quand le bois flotté prend des formes et des teintes variés, tantôt anguleuses tantôt rondes, plus ou moins sombres selon que la souche est récente ou déjà ballottée longuement par les vagues...

Aujourd'hui c'est dimanche, disais-je, et comme tous les dimanches je ne serai pas seul à vouloir marcher le long des ces plages. Je sais que passé un certain trajet je continuerai isolé vu que peu nombreux sont les courageux qui veulent avaler les kilomètres et sont juste là pour justifier une sortie au grand air, mais j'ai besoin de ma solitude de l'esprit. Pour çà, je branche mes écouteurs, mets ma playlist en lecture aléatoire à un volume moyen et termine l'isolation par mes lunettes de soleil bien vissées sur mon nez. Au moins aurais-je une excuse pour ignorer royalement les autres personnes croisées.

Nous sommes en décembre, le départ se fait sous un joli soleil qui vous ferai presque oublier la saison. La marche suis son cours par cette agréable journée à peine troublée par les quelques nuages qui se promènent eux aussi au gré de leur divagations propres. Cependant sur le cap, les bourgeons d'un orage ne tardent pas à se former. Aussi étrange que çà puisse semble, au lieu d'être inquiétant, ce mur de grisaille qui dévore peu à peu l'horizon en face devient juste une curiosité météorologique qui ponctue parfaitement cette promenade. J'ai toujours eu une affection toute particulière pour ces temps bâtards ou les nuages gris bleuté sombre se mêlent aux trous bleu ciel où le soleil brille encore. Qui sait alors de quel côté la balance penchera...

J'ai évité la pluie... de justesse encore une fois. J'ai ramené un souvenir : un bâton dont je compte bien faire mon bâton de randonnée attitré s'il sèche correctement... Seul l'avenir nous le dira...
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