Call of duty


Je vous enfumerai jusqu'au bout avec mes titres à jeux de mots plus ou moins évidents concernant le contenu... Au moins ai-je comme qualité d'essayer d’appâter le lecteur (le nombre de vue est un tant soit peu valorisant pour qui publie sur la toile).

Vous l'aurez compris, ici nulle question de FPS à la mode mais plutôt d'un descriptif de la séance d'entraînement d'hier soir qui ressemblait quelque peu à un stage commando (vous voyez l'allusion ?).

Je ne sais jamais comment poster des articles en rapport avec la boxe qui ne tombent pas dans le lieu commun de la simple dépêche annonçant le vainqueur de tel ou tel match, ou qui fasse de la pub pour un événement précis. J'ai bien tenté la description "réaliste" d'une séance, mais je ne me sens pas l'envie de vous servir du réchauffé à chaque fois (le Créateur se doit d'être créatif, par définition...).

Une nouvelle fois, le but de la séance était de nous faire travailler notre cardio, plus que l'aspect technique. Et pour du travail cardio, ce fut pour le moins réussi... Imaginez le tatami transformé en une sorte de parcours du combattant avec des ateliers de travail aussi diversifiés que ardus. Au menu : allers-retours à intervalle croissant, suivi d'un sprint en marche arrière en boxant, puis déplacement autour d'un sac de face, puis d'un autre de dos, et s’enchaînent une série de trois coups variés (enfin, c'est vite dit variés...) à un troisième sac, puis déplacement de cerceaux en cerceaux au sol en insistant bien sur le fait que seule la jambe avant doit assurer l'impulsion, et enfin rebonds en série de part et d'autre de deux bancs avec au final roulade pour descendre de ceux-ci... et rebelote... une bonne trentaine de fois, le tout découpé en rounds de deux minutes avec deux minutes de repos entre. Manquait plus que la vachette et on se serait cru à Intervilles pour les vieillards de trente ans et plus qui ont connu.

Vous avez compris ? Pas tout ? Nous non plus... enfin au début en tout cas.

C'est à ce moment que tu te rends compte que l'état d'esprit, et le mental en général, est ce qui te force à aller au bout des choses... Le corps est vite fatigué, la respiration est de plus en plus courte, les bras pèsent le plomb et les cuisses brûlent... Pourtant, entre l'orgueil qui te pousse à ne pas lâcher le premier, le respect de l’entraîneur qui devra se frapper près d'une heure de route après l'entraînement pour rentrer chez lui à presque onze heures du soir pour avoir pu entraîner deux clampins, et l'envie masochiste d'en baver pour te prouver que tu en es capable, tu continues encore et encore : tu DOIS le faire.
Chaque interlude est un répit dont tu savoures les secondes qui s’égrènent décidément trop vite, de plus en plus vite crois-tu. A chaque reprise, tu as cette seconde de battement où la volonté doit forcer les muscles à repartir.

Les conseils du coach te maintiennent dans cette voie : tu as beau les prendre pour une mini-engueulade, tu sais au fond de toi qu'il le fait pour ton bien, pour que tu corriges ce qui ne va pas. Tu sais que c'est çà, vu que tu sais ce qu'est le plaisir de partager tes connaissances. Tu aimes que tes élèves écoutent, donc tu fais pareil.

La séance fini par s'achever (enfin...) après la sempiternelle séance d'étirement-relaxation. On a échappé aux séries de pompes et abdos, qui auraient été de trop après l'effort déjà consenti ce soir. Dégouttant de sueur, à moitié brisé, tu finis par aller te changer. Tu sais que tu vas souffrir le lendemain et pendant quelques jours, mais tu te sens tellement bien... Les endorphines sont une des plus belles réussite du corps humain.

Salutations et remerciements d'usage, et encore une séance qui s'achève...
Commentaires

Démiurge


Présomptueux comme titre, n'est-il pas ? Pourtant c'est ce que je suis à chaque fois que je crée, au sens large. Que ce soit sur un bout de papier, sur ma tablette graphique, quand je rédige un article pour ce blog ou quoi que ce soit d'autre, n'est-ce pas ce que je suis pour ce contenu ?

Certains y verront une once de mégalomanie clairement affichée, mais c'est le sentiment que la Création m'inspire : autant Dieu dans la Génèse a un beau jour (ou était-ce une nuit ? Manquaient les astres à ce moment-là paraît-il...) décidé de faire émerger le monde du néant par sa simple volonté, autant c'est ce que je fais avec MON monde à chaque fois que ma volonté est assez forte pour me lancer.

La comparaison ne s'arrête pas là : la plupart du temps je conserve mes œuvres, aussi inachevées et imparfaites soient-elles, vu que j'éprouve envers elles cet amour quasi-filial que le Créateur a pour sa création. Cependant, dans des accès de colère, de désespoir ou d'ennui, il m'est arrivé de les détruire éhontément, sachant qu'en tant que leur propriétaire j'étais le seul être au monde à pouvoir demander des comptes concernant leur disparition. D'une certaine manière, en réduisant la Création au microcosme de l’œuvre, c'est donc bien moi qui en suis le Dieu unique et véritable... Pas étonnant que l'humanité se façonne des divinités à sont image vu qu'il lui est si facile d'extrapoler de la même manière que je raisonne en ce moment.

Mais je m'égare... Peut-être mon besoin créatif n'est-il justement qu'un moyen d'épancher la soif d'égarement de mon esprit, au même titre que quand je m'éloigne physiquement de la civilisation lors de mes escapades en pleine nature... Ou peut-être est-ce l'inverse : mon esprit a besoin de se nourrir de ces nouvelles images et expériences pour continuer à produire du contenu...
Commentaires

Le saut de la foi


Non je ne vais pas vous dévoiler l'emplacement du Saint Graal, je ne suis même pas menacé par des soldats nazis... J'ai simplement décidé de franchir le pas une fois pour toute et de passer sous Ubuntu 12.10 en dual-boot avec Windows 7.

Çà y est, il a craqué me direz-vous... oui et non. Je m'explique : oui j'ai installé Ubuntu, oui c'est GRUB qui est dorénavant mon gestionnaire de démarrage, mais non je n'ai pas abandonné tout espoir de faire machine arrière si le besoin s'en faisait sentir (comprendre : récupérer un Windows 7 qui démarre seul si je me lance dans la bidouille de trop pour tenter "d'optimiser" mon expérience linuxienne...).

J'ai juste profité du fait qu'il existe une distribution dérivée d'Ubuntu qui intègre en son sein ce qu'il faut pour effacer toute trace de son passage sur votre PC Windows si l'aventure tourne court (du moins en théorie, j'espère ne pas avoir à tester ces fonctionnalités). Cette distribution est tout simplement intitulée Ubuntu Secure Remix (description par ici). Elle ajoute simplement quelques raccourcis au dock latéral de Unity pour permettre d'effectuer simplement les tâches précitées. Bien entendu, une fois ceux-ci retirés, vous retombez sur une Ubuntu on ne peut plus classique, avec juste un PPA ajouté pour la maintenance de ces petits logiciels.

De quoi profiter un peu plus pleinement qu'avec Wubi du monde de Linux, sans sacrifier sa bouée de sauvetage...
Commentaires

La nuit des (tablettes) mortes-vivantes...


Je ne suis pas vraiment fan de film d'horreur bien gore, le sang et les boyaux m'ont toujours répugné au dernier point. A la rigueur, je préfère l'horreur psychologique (genre le premier Paranormal Activity, mais que le premier, la suite, comme beaucoup de suites, n'aurait jamais au grand jamais dû voir le jour...).

Laissons-là ces considérations hautement intéressantes sur mes goûts cinématographiques et venons-en au but premier de ce post : ma HP TouchPad.
Pour résumer rapidement la situation de cette tablette, elle a été l'objet d'un flop commercial mythique de la part de HP, et à ma connaissance le dernier appareil sous webOS commercialisé avant l'abandon de celui-ci (OpenWebOS et la non-prise en charge des anciens matériels webOS sont une véritable honte à mon humble avis...).
Comme beaucoup, j'ai profité à l'époque de la grande braderie qui a suivi cette désaffection, ce qui m'a permis d'acquérir pour une somme modique une tablette avec un bon niveau matériel et un espoir sous-jacent : pouvoir en faire une tablette Android, vue que l'écosystème webOS n'a jamais vraiment pris...

Après les balbutiements de Gingerbread, aussi adapté à l'usage tablette qu'une planche à repasser pour faire de la luge, nous eûmes droit enfin au Graal de l'époque, à savoir Android 4.0, ou ICS pour les intimes. Peu à peu toutes les fonctions ont été implémentées par la team CyanogenMOD, si bien que  qui ne connaît pas le matériel pourrait croire que c'est une tablette Android native. Ainsi, dernièrement, la prise en charge de la caméra frontale a pu être implémentée et devrait être en passe d'être intégrée officiellement aux dépôts de CM9.

Je ne peux que saluer le travail fourni par tous ces développeurs amateurs pour en arriver là vu qu'il a souvent été question de partir de zéro pour porter le code d'Android sur un matériel qui n'était pas destiné à l'exécuter. C'est même ce challenge qui m'a toujours plu dans les appareils que j'ai acquis au fil du temps, vu que quasi inexorablement je finis toujours par mettre les mains dans le cambouis pour tenter de prolonger l'espérance de vie de ceux-ci quand ils sont passés de mode.

La prochaine étape consistera je l'espère en le portage de JellyBean (Android 4.1/4.2) dessus. Les choses sont en bonne voie, et je fais totalement confiance en les développeurs pour cela. En attendant des versions fonctionnelles et stables, je préfère conserver ma liseuse de PDF en CM9, j'ai appris à refréner mes ardeurs bidouilleuses au fil du temps... peut-être un signe de maturité ?

Un pied de nez en tout cas à cet abandon volontaire de HP qui n'aura pas su se donner les moyens de poursuivre correctement dans la voie de webOS, bien que celui-ci n'ai pas vraiment été un système déméritant vu son jeune âge...
Commentaires

Les promenades du rêveur solitaire - le Monte Stello en novembre 2012


On m'a toujours dit que le bilan dépendait uniquement de l'état initial et de l'état final, je n'y ai jamais cru...

Qu'il serait déprimant de se dire que dans la vie, au début on naît et à la fin on meurt, donc que tous les truc qui se passent au milieu ne sont que du bouchage de trou sans but profond. Je me plais à penser que tout ce que l'on fait, que l'on apprend, les personnes que l'on côtoie et les lieux que l'on visite sont ce qui constitue l'essence même de notre existence.

C'est en tout cas la conclusion à laquelle j'arrive de plus en plus au fur et à mesure de mes micro-retraites sauvages. J'ai atteint la trentaine sans jamais trop quitter ma région, ou du moins sans jamais trop profiter des mes exils. Je vivais très bien en me contentant de ma petite routine, et aurais très bien pu continuer à vivre ainsi encore longtemps. Pourtant cette existence parfaitement rangée et ordonnée était-elle la meilleure à souhaiter ? Je ne suis pas en train de dire que j'ai décidé de tout plaquer pour partir à l'aventure de par le monde, il faudrait être idiot pour changer du tout au tout comme çà, et malgré mon humilité apparente, je ne me considère pas comme tel.

C'est pour combler ce vide que je vous poste le plus régulièrement possible les histoires de mes péripéties pédestres : même si je ne sais pas vraiment si elles sont suivies, par qui et dans quel but, j'aurais au moins l'impression de laisser mon emprunte sur le monde (ou du moins dans les serveurs de Blogger...).

Trêve de digression psycho-philosophique de bas étage, même si elle tente d'expliquer que mes randonnées sont des moments d'introspection très apprécié par mon esprit qui se coupe alors de ses tracas courants et s'ouvre à autre chose.

J'ai donc décidé de faire la plus longue marche de ma vie : 7 heures sans discontinuer (sauf arrêts réhydratation bien-sûr) pour près de 24 km avec 1100 mètres de dénivelé. Annonçons-le d’emblée, je me suis salement planté quant au point d'arrivée de mon périple, et je remercie tout particulièrement l'ami qui a bien charitablement daigné venir de ramener de Sisco, où j'ai fini ma course, jusqu'à Pozzo près de Lavasina ou je stationnais. J'ai commis le péché d'orgueil en refusant de faire un simple demi-tour arrivé au sommet, j'ai du en accepter le prix...

Mon départ a donc eu lieu vers 7h30 du matin du parking du hameau de Pozzu dans les hauteurs de Brando (277mètres d'altitude), en même temps que le levé du soleil. D'ici a débuté une longue ascension vers le Monte Stellu, qui domine le cap corse du haut de ses 1300 mètres. Le chemin est pour l'instant bien balisé, et le sentier qui grimpe interminablement ne laisse pas de doute. La chaleur des premiers rayons se fait de plus en plus insistante, à moins que ce ne soit simplement le signe que mes muscles encore un peu endormis se réveillent.

Le sentier est rocailleux, mais je trouve vite un bâton pour me servir d'aide, et je me permet par ailleurs un petit complément à mon petit dejeuner avec les délicieuses arbouses qui bordent ma route... mais point trop n'en faut, en toute chose l'excès nuit.

La pente relativement raide s’adoucit progressivement et le maquis environnant devient plus ras. Le sentier, toujours aussi minéral, devient parfois le lit improvisé de petits cours d'eau qui confluent dans la vallée en contrebas. J'arrive aux abords du sommet de cette crête, d'où de fiers rochers inébranlables de surveille. Une nouvelle fois je suis seul, et je ne pense pas trouver qui que ce soit sur ma route. Tant mieux.

Nouveau changement de rythme : la pente se raidi de nouveau, la végétation basse et drue laisse de plus en plus place aux sol rocailleux. Heureusement, le marquage est toujours présent et les cairns ne manque pas. J'ai d'ailleurs ajouté ma pierre à l'édifice, si je puis dire, pour en rafraîchir certains et en élever d'autres pour essayer à mon tour d'aider les futurs marcheurs.

J'arrive enfin au sommet de cette crête avec les ruines de la bergerie de Teghime. J'ai la chance de dominer à la fois la côte orientale et occidentale du cap, même si je suis encore loin de mon but, je ressens déjà une certaine satisfaction d'en être arrivé là. Cependant, le doute m'assaille à ce moment : la route indiqué me mène vers un sentier qui semble redescendre. Sachant que je dois encore grimper de 400 mètres, je m'interroge et explore succinctement les environs pour en arriver à la conclusion que je sois tout de même emprunter ce chemin.

Je ne tarde pas à tomber sur un panneau indiquant le Monte Stellu d'un côté et la chapelle saint Jean de Mandriale (je suppose, il y a beaucoup de chapelle du même nom semble-t-il...) de l'autre. Un petit sourire en coin se forme en souvenir de mon ascension vers la-dite chapelle quelques temps auparavant, et le fait que j'avais déjà repéré là-bas un panneau indiquant que l'on pouvait rejoindre ce chemin.
Suivant les indications au sol, je continue tranquillement ma lente ascension vers le sommet qui ne tarde pas à se montrer au loin. j'en profite pour bien observer la côte occidentale qui s'offre dorénavant tout à moi.

Sur les flans de la montagne, le paysage est dorénavant principalement minéral, seules quelques touffes viennent apporter un semblant de vie à ses rochers quelque peu déchiquetés.
Le sommet s'offre bientôt à moi, et avec lui un panorama incroyable sur le cap : l'étang de Biguglia à l'est, la baie de Saint Florent à l'ouest, les petits villages du cap en contrebas... Je suis au pied d'un antenne et de son panneau solaire, et un cairn a été dressé juste à côté. J'ai décidé d'être, l'espace d'un instant, celui qui aurait posé la pierre la plus haute de ce sommet si célèbre... Joie simple qui peut se vanter de remplir le cœur d'un homme de plénitude.

Après avoir bien gravé dans ma mémoire les images du sommet, je me décide à redescendre. Certes, à la peinture à demi-effacée on voit sur un rocher indiqué la direction de Silgaggia où je dois me rendre en théorie d'après mon plan de randonnée, mais nul moyen de trouver ce marquage jaune sans tomber sur des à-pics bien trop abrupts à mon goût... Après réflexion et observation d'un marquage orangé-jaune d'or passé, je suppose que c'est celui-ci que je dois suivre. j'avoue qu'à ce moment précis, l'idée de faire un simple demi-tour me traverse l'esprit, mais je n'y prêt pas attention, me disant que je ne peut pas vraiment dévier tant que je suis un marquage et un seul...

La pente, d'abord abrupte par endroit, fini par laisser place à une sorte de plateau où je dois jouer de mes pauvres yeux pour avancer de marque en marque et ainsi me conforter dans l'idée que je suis sur la bonne voie. Je sais que j'en ai encore pour au moins 2 heures de marche donc je persiste dans cette voie, en évitant de plus en plus de songer à rebrousser chemin, d'autant plus que par définition, plus j'avance, plus le Monte Stellu s'éloigne.

Je ne m'éterniserai pas trop sur les détails de mon chemin vers Sisco : j'ai longtemps suivi la ligne de crête, tantôt dans mon paysage rocailleux limite type garrigue, tantôt sur des petites étendues de prairies à l'herbe rase, tantôt au milieu de petit bosquets, bref, un régal visuel, même si je sais dorénavant que j'ai dévié de l'itinéraire prévu... Mais que faire ? Çà doit faire 4 heures que je marche, je ne pense pas que j'en ai encore autant à faire pour arriver à retrouver la civilisation au bout du chemin balisé. Essayer de couper à travers le maquis pour rejoindre la côte, et tomber après m'être épuisé sur une falaise infranchissable, très peu pour moi... donc on continue.

Je tombe finalement sur la chapelle Saint Jean (encore une...) du col de Saint Jean (par définition...), et je retrouve alors un semblant d'espoir de rejoindre rapidement la côte, même si je vois que j'en suis encore très loin à vol d'oiseau. Je suis donc le marquage qui coupe à travers le maquis et me mène après une bonne heure supplémentaire jusqu'à un panneau marqué Moline... où ai-je déjà vu le nom de ce hameau ? Si... Il y a 2 semaines lors d'une randonnée. A défaut d'être là où je voulais, je sais que je retomberai en terrain connu (en tout cas déjà visité...).

De retour aux abord de la civilisation, je croise un riverain de la piste avec qui je commence à discuter, et qui m'apprend qu'il suis une formation pour justement devenir accompagnateur de randonnée, et que par ailleurs son formateur organise fréquemment des excursions au départ du rond point à 100 mètre de chez moi... Signe du ciel ou simple foutage de gueule cosmique ?

Je décide de rejoindre la marine de Sisco, au moins serais-je alors sur la route du cap et je pourrais toujours faire du stop pour retrouver ma voiture... et me voilà repartit pour près de 2 heures.

Fort heureusement, comme je vous l'annonçais, alors que j'étais en train de me mettre en condition pour quémander de l'aide, moi qui préférerai mourir que de l'accepter en temps normal (orgueil mal placé, source de tous les péchés...), je reçois un coup de fil d'un ami alors même que je pensais ne pas pouvoir encore capter de réseau (la Corse est merveilleuse : dès que vous êtes à 1 km de la route, vous perdez tout moyen de communication...). Dieu merci, nous avons pu convenir d'une mission de récupération à Sisco au abords de la route du cap, vu qu'après 24 km de crapahutage sauvage, mes pieds commençaient sérieusement à me faire souffrir le martyr...



Bref, dans la vie, au début on naît, à la fin on meurt, mais au milieu il s'en passe des trucs...
Commentaires

Les promenades du rêveur solitaire : Les environs de Stella (Borgo) en novembre 2012




La quête de l'inachevé : voilà ce qui décrit le mieux mon escapade du jour. En effet, j'ai eu l'occasion de pratiquer ce chemin avec mon Initiateur au monde de la randonnée. A la manière de Dante et Virgile, nous tentâmes une première ascension de ce long sentier vers le sommet de la forêt de Stella, non loin de Borgo. Mais nous nous égarâmes en suivant un petit chemin qui nous ramena au début de notre voyage.
L’Initiateur est parti, mais l'élève se doit de continuer l’œuvre du maître, d'autant plus que le chemin du jour ressembla trait pour trait à une divine comédie que je vais vous retranscrire ici...

Chant I : L'enfer

Quand j'étais au milieu du cours de notre vie, je me vis entouré d'une sombre brume, après avoir perdu le chemin le plus droit.
La semaine fut relativement dure, les besoins de solitude pour l'esprit et de mobiliser ce corps comme pour expier quelque faute se font alors ressentir plus que jamais ce samedi après-midi... Le temps n'est pas de la partie avec ces lourds nuages gris et cette brume qui ceins les sommets où j'ai le dessein de me rendre, je sais que je risque gros en voulant monter si haut pour partir à l'aventure avec ce firmament sombre et hostile qui me menace et m’obscurcis la vision. Tant pis, la majeure partie du chemin pour accéder au départ a déjà été parcourue, le route est très large, je devrais m'en sortir. Qu'importe, Dieu seul sait pourquoi mais me perdre ne serait pas un problème tant je veux couper temporairement les pont avec le cours classique de mon existence.
Je partis donc sur ce sentier rocailleux, souvent abrupte pour le novice, sachant pertinemment que l'épée de Damoclès de la fureur céleste n'attendait que le moment le plus inopportun pour s'abattre sur moi. Je me sentais alors comme le condamné attendant l'exécution de la sentence prononcée : après l'indignation vient cette acceptation de l'inévitable.
L'ascension fut souvent monotone, la visibilité réduite me donnant envie de rebrousser chemin à chaque pas consenti sur ce long chemin pierreux, et l'humidité ambiante n'arrangeait rien de sorte que je fus en nage alors même que je venais de partir.
Je tins bon, j'avais en moi cette envie de m'enfoncer de plus en plus profond dans cette brume de toute manière. Pourquoi ? Dieu seul, définitivement, le savait. Peut-être avais-je alors vraiment besoin d'oublier la société, ses contraintes et ses conventions absurdes, ne fusse-ce que pour une après midi, une seule et unique après midi.
Çà ne faisait que trois quarts d'heure que j'étais parti et la route ne semblait déjà pas avoir de fin.
J'arrivai cependant promptement à ce carrefour maudit, avec son marquage qui nous induisit en erreur la première fois, nous empêchant de fait l'accès aux plus hautes sphères. La brume semblait d'ailleurs moins dense là-haut quand j'osai lever les yeux comme pour quémander grâce, était-ce un signe d'un appel du firmament à le rejoindre ?
Je partis donc seul par ce sentier caché, afin de retourner enfin au monde clair, et sans me soucier de prendre du repos ; et je montais tant, l'esprit devant, la fatigue derrière, que j'aperçus à la fin tous les jolis objets que supporte le Ciel, et je pus sortir et revoir dans mon esprit les étoiles.

Chant II : Le purgatoire

L’esquif de mon génie à présent tend la voile et s’apprête à courir sur des ondes plus belles, laissant derrière lui cette mer trop cruelle. Je suis prêt à chanter le royaume second, où l’esprit des humains vient se purifier et se rend digne ainsi de monter jusqu’au Ciel.
J'arrive enfin au dessus du banc de brume qui étouffe la plaine. Peu à peu le paysage de maquis dense cède la place à une succession de petits carrés de prairie verdoyante avec son herbe rase, toujours cependant cernée de bosquets denses et impénétrables. Éole est farceur en ce jour, et m'envoie encore quelques nuées humides pour m'éprouver, mais on sent que l'élévation est en cours et s'oppose aux effets néfastes des brumes en contrebas.
L'astre du jour ne tarde pas à se dévoiler en jouant à cache-cache avec les nuages les plus hauts, réchauffant l'atmosphère tantôt si fraîche malgré l'effort physique fourni.
De toutes parts jaillissent au milieu même de ma route des petits ruisseaux au gazouillis apaisant, signe de la luxuriance de la région avec sa végétation variée et bien fournie.
Ce même sentier, jadis si droit et monotone finit vite par devenir de plus en plus sinueux à mesure que je pénètre à proprement parler dans le bois de Stella. Le chemin est de plus en plus rocailleux et raide, parfois même un peu glissant, mais tel est le prix à payer pour qui veut être digne d'arriver au sommet. C'est au fil des épreuves rencontrées que le corps et l'esprit marquent leur valeur, prouvant ainsi qu'ils sont dignes du but consenti.
Je finis par tomber sur une bifurcation qui s'enfonçait plus encore au cœur de ces bois, j'essayai bien de la suive mais le chemin devenant trop énigmatique, en plus de l'horloge qui ne cessait de tourner, je revins bredouille sur mes pas...
Mais puisque les paragraphes que j’avais consacrés à ce second cantique ont été tous remplis, le frein de l’art me dit que je dois m’arrêter.
Ensuite je revins de cette forêt sacrée, régénéré, pareil à la plante nouvelle qu’un feuillage nouveau vient de renouveler, pur enfin, et tout prêt à monter aux étoiles.

Chant III : Le Paradis

La gloire de Celui qui met le monde en branle remplit tout l’univers, mais son éclat est tel qu’il resplendit plus fort ou moins, selon les lieux.
Je montai jusqu’au ciel qui prend de sa splendeur la plus grande partie, et j’ai connu des choses qu’on ne peut ni sait dire en rentrant de là-haut, car en se rapprochant de l’objet de ses vœux l’intelligence y court et s’avance si loin qu’on ne saurait la suivre avec notre mémoire.
J'ai rebroussé chemin, disais-je donc, mais pour suivre un ultime sentier, le plus raide, le plus glissant et ombragé de l'ascension entamée en ce jour. Mon courage fut constamment mis à contribution pour arriver au sommet convoité, mais ma curiosité à la vue de ces murets verts de mousse, gisant au milieu de nulle part, m'aida bien dans cette entreprise.
Au sommet de ceux-ci, perdue au milieu des bois environnants, je trouvai avec étonnement une petite prairie ronde, parfaitement plate et avec un foyer central, probablement utilisé par les chasseurs des environs lors de leurs battues. Au milieu de ces forêts sombres à l'apparence hostile, de cette nuée ambiante étouffante, j'avais alors atteint le petit paradis terrestre dont mon âme avait besoin aujourd'hui pour se ressourcer... J'en fis le tour comme l'enfant insouciant qui découvre sa nouvelle aire de jeu, explorant chaque singularité visible, profitant du panorama infini offert sur la plaine, dont la vision m'apparaissait de plus en plus claire avec la brume qui se dissipait peu à peu.
J'eu alors la sensation d'être libéré du poids de ces tracas, certes infimes, mais qui vous accablent inutilement... A ce moment précis, j'aurais peut-être du essayer de continuer encore...
Mais j’étais hors d’état de voler aussi haut ; quand soudain mon esprit ressentit comme un choc un éclair qui venait combler tous mes désirs.
L’imagination perdit ici ses forces ; mais déjà mon envie avec ma volonté tournaient comme une roue aux ordres de l’amour qui pousse le soleil et les autres étoiles.

Épilogue

Le retour se fit paisiblement avec mon nouveau compagnon le Soleil qui concéda finalement d'accompagner cet homme régénéré qui s'offrait en pénitent repentant à sa vue au sommet de son aventure du jour.
Comme touché par une grâce merveilleuse qui touche les tréfonds de l'âme qui a su s'en rendre digne par l'effort consenti, je pus profiter de la vision des alentours, claire et nimbée de cette douce lumière de fin de journée pour clore mon chemin.
Par contre, je ne pouvais consentir à terminer ce voyage sans suivre une nouvelle fois le sentier maudit, celui-là même qui comme je l’énonçai plusieurs fois plus avant nous avait trompé dans notre quête mon Virgile d'alors et moi-même. Ce fus donc un dernier hommage que je fis, et un travail de mémoire pour un bon moment passé avec un ami.
J'espère que cette narration originale vous a plu, et vous a vous aussi donné envie de monter à l’Étoile (Stella en corse).
Commentaires

Un lundi soir à l'entraînement


Il est 19 heures. Ou plutôt 18h55, après tout j'arrive bien assez en avance pour me permettre de m'esquiver avant l'heure. De toute manière j'en ai marre de servir de punching ball pour tous ces gens à peine malade qui ne veulent pas débourser le moindre centime pour leur santé et qui pense que je cherche au mieux à les escroquer, au pire à les empoisonner (ne me tentez pas, de par ma formation je suis parfaitement capable de le faire sans laisser de traces...).

L'envie de partir à l'entraînement n'est pas vraiment là : si je m'écoutais je rentrerai ma caler chez moi avec pour ne plus entendre personne jusqu'à demain. Quoi que... après tout çà ne me tuera pas de me dépenser, au contraire vu que le lundi soir on est entre membres du club, et que ceux de Lucciana ne viennent pas, çà sera plus tranquille. et puis, Adrien nous fait  des entraînements cardio, c'est toujours bon et pas trop dangereux niveau ecchymoses. Seul bémol : si je suis seul, je risque d'en baver... pourtant, avec toute cette publicité entre le site, les pages Facebook et Google+ et le fil Twitter, je n'arrive pas à comprendre le manque de succès du club. On est entre gens sympathiques, on s'amuse bien aux entraînements mais on bosse quand même, même si le ring n'est pas pour moi.

J'arrive comme à chaque fois vers 19h10, j'attends cinq minutes dans ma voiture garée dans les ténèbres du parking éloigné pour éviter la cohue des parents des karatékas qui squattent la salle juste avant nous, et je me décide à me rapprocher pour voir les forces en présence. Et... personne. Bon, c'est pas comme si je ne l'avais pas prévu, d'autant plus que Mathieu et Adrien ne tardent pas. Prise de contact avec discussions d'usage, jusque là la routine.
De longue minutes s'écoulent et personne d'autre. Puis Alain arrive. Il me semble l'avoir croisé l'an dernier quand j'avais encore le temps d'y aller au tout début. Je ne suis pas sûr donc le rapport reste distant (je suis comme çà).

Les petits karatékas partis, avec 5 bonnes minutes de retard pour changer, transformation rapide de ma tenue ou je troque mon chemise-jean-chaussures de ville contre mes bon vieux effets de boxeur : le t-shirt que l'on s'étaient fait floqués il y a deux ans (collector s'il en est), le short en satin qui va bien avec sa coquille qui me rassure (les mecs ne pensent définitivement qu'à cette partie de leur anatomie...) et surtout les bandes bien délavées.
Jean André arrive entre temps, encore 5 minutes de blablas même si l'on est en tout et pour tout 5, dont un entraîneur,  un gars qui fait de l'entrainement type HIIT et un invalide de 20 ans... La dream team au complet quoi... Bon ben on tournera encore à deux ce soir, avec Alain. Et zou ! départ pour les traditionnels tours de course autour du tatami, avec exercices divers et variés qui te font cracher tes poumons d'asthmatique, mais qui sont un mal nécessaire pour ce qui t'attend...

Et d'ailleurs çà ne manque pas : 3 ateliers d'une minute chacun avec 30 secondes de récupération entre chaque, en tournante. Au menu : sac avec pieds-poings en mise en situation de sortie sur distance rapprochée ; sac avec enchaînement pieds low-kick, middle-kick, high-kick ; et shadow en guise de récupération active. Lancez-vous pour 5-6 séries sans repos et tâchez de ne pas vous essouffler, vous verrez...

Une fois ceci fait, on pensait être tirés d'affaire, mais on a eu la surprise d'avoir une simulation grandeur nature de sortie sur distance rapprochée (limite corps à corps). rétrospectivement, je pense qu'on peut dire que le plus dur a été de nous imposer de nous rapprocher... Nous sommes des gens pudiques nous môssieur... On ne se colle pas entre mecs dès le premier soir... Plus sérieusement, çà nous aura au moins permit de mettre en évidence un manque flagrant d'imagination malgré les menaces d'Adrien de nous faire faire des pompes si on refaisait toujours les mêmes enchaînements.

Pour finir quelques petits rounds de touche-touche pour entretenir l'amitié, quelques pompes et abdos et encore une bonne suée pour ce lundi soir à l'entrainement...
Commentaires

Les promenades du rêveur solitaire - Rutali "Tra aghje e pagliaghji" en novembre 2012




Aller se promener dans le Nebbiu par temps couvert, quelle bonne idée n'est-ce pas ? Pour ceux qui ne connaissent pas (c'est à dire près de 99,9 % de la population mondiale, vu que la Corse n'est pas le centre du monde), c'est une région de l'île qui, comme son nom l'indique, est (très) souvent embrumée de par sa situation géographique où la proximité du littoral et des montagnes tend à faire s'accumuler les masses nuageuses basses. Pourtant n'exagérons rien : à environ 600 mètres d'altitude, on reste dans les limites du raisonnable en terme de visibilité, d'autant plus que le temps est gris mais plutôt stable.

J'ai donc décidé en ce jour de suivre le chemin de randonnée « tra aghje e pagliaghji » près de Rutali. Je n'ai pas grand chose à perdre en ce samedi gris, plus propice à une après midi d'inactivité intense qu'à partir en dehors pour une sortie pédestre improvisée. J'y vais alors gaiement d'une certaine façon, vu que je trouve une excuse pour fuir mon appartement, net sans compter le fait que la route est toute proche de chez moi une nouvelle fois.

Une fois aux abords de Rutali, le départ se fait peu avant l'entrée au village, le panneau indiquant le chemin étant visible depuis le bord de la route. Pour une fois je suis hors d'un hameau, je suis satisfait ma misanthropie latente s'exprimant, je préfère en effet m'adonner à ma passion à l'abri des regards. Non pas que j'ai honte, mais d'une certaine manière je dois ainsi m'assurer d'éviter de nouer d'autres liens éphémères avec mes semblables. Mais laissons là ces considérations.

En fait, le panneau indique simplement un petit sentier à suivre en forêt pour rejoindre le circuit à proprement parler. Ce sentier est d'ailleurs assez intéressant en lui-même dans le sens où l'on y aperçoit déjà les-dits pagliaghji, anciennes bâtisses de pierre à usage surtout pastoral. La région en semble très riche en terme de quantité ainsi qu'en qualité, certains ayant été plus ou moins réhabilités pour les besoins des visiteurs en mal de monuments illustrant la pédagogie voulue par les initiateurs de la boucle.

Une fois la forêt traversée, la direction pour tomber sur une petite borne d'information donnant des détails sur le chemin de randonnée ainsi que sur l'utilisation passée des pagliaghji et des aghje – aires de battage – associées, est indiquée. La boucle est courte alors, et c'est tant mieux finalement, les brumes du Nebbiu me font un peu peur pour un hypothétique retour à l'aveugle, même si je n'y crois pas trop.
De cabane en cabane, je profite au contraire d'un panorama de plus en plus intense et clair sur l'étang de Biguglia en contrebas, et sur les montagnes à l'opposé (la brume à leurs crêtes est à la fois sublime et inquiétante, qui sait si elle s'abattra sur moi en brouillard ou en pluie si je n'y prête attention...).

Je finis par atteindre deux endroits chargés d'émotion : au lieu marqué « I Pughjali », on peut apercevoir les tombes de six tirailleurs marocains tombés durant la Seconde Guerre Mondiale lors de la libération de la Corse, et non loin, dans les hauteurs, une croix blanche qui commémore le crash d'un Dragon2B en 2008 alors qu'il était en intervention pour secourir une jeune femme qui venait d'accoucher... Je ne suis pas quelqu'un de croyant, mais par égard pour les personnes décédées en ces lieux, je n'ai pas envie de m’appesantir de trop sur le sujet. J'avais pourtant beau savoir à l'avance que je passerai près du lieu de cet accident tragique, le fait de m'approcher de cette croix me laisse quand même un arrière goût de tristesse au milieu de ce que je me figurais comme une balade destinée à me détendre un peu en cette fin de semaine. Ce mois de novembre s'annonce bien morne avec ces trajets dans des lieux où la mort vous entoure de son souvenir silencieux mais indélébile...

Une nouvelle fois la vie continue, nous n'avons d'autre choix que d'aller de l'avant malgré toutes les choses plus ou moins dures et injustes qui peuvent nous tomber à tout moment sur le coin de la face sans crier gare. C'est en quelque sorte la plus grande force de l'être humain : avancer quoi qu'il se soit dressé devant lui, pour lui-même ou pour les autres, au choix. Plus ou moins consciemment, nous savons tous que c'est notre unique alternative au fond. J'applique alors cette conclusion en me décidant à poursuivre ma route, non sans marquer les deux lieux de ma bénédiction, à prendre pour ce qu'elle vaut, par un discret signe de croix à chaque fois.

La boucle s'achève tranquillement alors, je retombe sur le sentier qui mène au point d'information du départ. J'explore rapidement les derniers pagliaghji et aghje, et rentre rapidement par le chemin forestier d'où j'étais arrivé. J'ai évité une nouvelle fois les caprices des éléments et j'ai pu partager l'histoire des tragédies locales. J'ai de la chance, car d'une certaine façon çà me rend plus humain, ou du moins plus apte à comprendre la détresse d'autrui.
Commentaires

Le Quetzal de Schrödinger


Ubuntu, on aime ou on n'aime pas (mais pas les deux à la fois, il n'a de quantique que le nom pour le coup...), tout dépend des goûts de chacun. Déjà que Gnome 3 anime beaucoup de débats sur la toile quant au bien-fondé de la direction prise qui en déroute plus d'un, Unity termine d'enfoncer le clou en se permettant de prendre sa propre direction vis à vis du Gnome Shell.

Pourtant, après une escapade "Gnome pur jus" avec openSUSE 12.1 puis 12.2, je dois dire que Unity m'a plutôt positivement étonné. Venant de Windows (non je n'ai pas honte, pourquoi se priver du système préinstallé sur mon PC ?) j'avais pris au fil des versions mes habitudes avec la barre des tâches et le menu Démarrer, qui même s'ils n'étaient pas la quintessence de l'efficacité permettaient de switcher rapidement entre mes diverses fenêtres si le besoin se faisait sentir...
Sous Gnome Shell, cette absence de barre des tâches s'était finalement vite fait sentir justement, le visuel des applications ouvertes étant quand même appréciable. Unity et son dock latéral permet de remédier en partie à cela, vu que finalement celui-ci reprend les fonctionnalités de la barre de Windows, tout en sachant se faire discret si on lui demande de s'éclipser quand il n'est pas solicité.

Autre point intéressant, la disparition de la barre de menu des applications qui fusionne avec la barre supérieure et s'affiche au survol de la souris. Que ce soit clair : au début c'est surprenant (surtout quand tu ne le sais pas... et que tu passes trois plombes à le chercher...), mais finalement pas plus anergonomique qu'un bandeau perdu en permanence pour des fonctions souvent à disposition sous forme de raccourcis en icônes.

Niveau "petits plus qui vont bien", la logithèque est bien pourvue, et le concept du centre de téléchargement à la app store devient plus sympathique que de devoir télécharger ses propres fichiers d'installation, les exécuter, choisir les chemins d'installation, décocher l'installation insidieuse de la toolbar fournie avec... Les mises à jour en sont d'ailleurs d'autant facilitées vu que toutes les sources déclarées font l'objet de la recherche.

Concernant le hardware : complètement bluffé... Fini l'ère du Linux à configurer austèrement à compiler ses propres pilotes dans un terminal, que ce soit ma carte graphique (une petite Radeon HD histoire de jouer à Diablo III à l'occasion), mon imprimante-scanner ou ma tablette graphique, tout marche sans manœuvre supplémentaire avec Ubuntu ! Certes, les "joueurs-bidouilleurs" chercheront à installer les pilotes AMD-ATI propriétaires pour gagner encore en efficacité, mais même de ce côté-là, le pilote libre fourni d'office rempli bien son oeuvre pour du surf et de la bureautique (mon usage actuel du PC quoi...).

En conclusion, à l'aube de Windows 8, qui tranche avec les standards préétablis ces dernières années et tente le paris risqué de l'unification des 3 mondes numériques (le PC, la tablette et le smartphone), on voit, s'il était encore besoin de le démontrer, que le monde de Linux prend doucement mais surement une ampleur bien méritée de par ses qualités intrinsèques. Et surtout, que malgré cette mode de l'unification qui frappe même son petit dernier (Android), chacun peut trouver chaussure à son pied avec les nombreuses distributions disponibles.
Cependant, je mets de l'eau dans mon vin concernant l'OS de Microsoft :  comme expliqué précédemment, je l'ai testé sur un matériel vieillissant, sans pilotes adaptés et rapidement le temps d'être dérouté par ModernUI. D'où ma relative déception. Mais je salue la prise de risque salutaire pour faire bouger le monde trop figé des interfaces utilisateurs, qui finalement depuis des années nous ressert les mêmes recettes avec simplement plus de cosmétique pour faire passer la pilule.
Commentaires

Les promenades du rêveur solitaire - Les environs de Sisco en novembre 2012


Le 1er novembre. Un jour triste par excellence vu qu'il précède celui des morts et que de toute manière la plupart d'entre nous se rendent au cimetière ce jour là. Un jour important dans les traditions de l'île : peu d'insulaires ne se plient pas au rituel du dépôt de fleurs sur les tombes et de bougies allumées pour commémorer ceux qui les ont quittés. Je n'aime pas les traditions, du moins pas si je me sens contrains de les respecter, la mémoire de mes défunts me suffit bien au-delà de ce rendez-vous avec le tout Bastia au cimetière. Je n'ai pas envie de m'afficher dans cette sorte de mascarade où la véritable attachement aux êtres aimés se mêle avec la simple convention sociale vide de sens.

Une fois n'est pas coutume, je ne me rends pas au cimetière. J'ai envie de marcher, cette fois-ci plus pour la marche loin des regards que pour une quelconque envie d'exploration. Je veux juste être seul, profiter de la belle journée en contraste total avec les circonstances religieuses fêtées. C'est tout. Je veux retourner dans le cap, Dieu seul sait combien de temps je pourrais encore m'y rendre avant que la saison ne se dégrade et que je doive me restreindre à des trajets proches et moins longs à parcourir. Je veux tenter les environs de Sisco où j'ai trouvé un circuit à faire selon deux boucles possibles, et je veux faire la plus longue qui relie nombre de petit hameaux des hauteurs de la commune.

Le départ se fait à partir du hameau de Moline, où je dois longer la rivière qui coule vivement en bas de celui-ci pour poursuivre. Le sentier est très rapidement forestier, et je ne peux m'empêcher de jeter un œil à ce cours d'eau qui gronde furieusement si près de moi malgré sa taille relativement modeste. Je décide de m'en approcher pour voler quelques clichés contrairement à mon idée initiale de marche simple. Focalisé sur le cours d'eau, je suis cependant ramené à la réalité par un bruissement assez important à mes pieds, suffisamment en tout cas pour que j'ai l'impression qu'il était le fait d'un animal qui passait par là. Je ne sais ce qui l'a produit au juste, et ne veux pas le savoir. Comme par instinct de conservation, j'élude le pseudo-danger est évitant soigneusement de regarder mes pieds. J'ai bien peur que ce soit une couleuvre réveillée par la douceur ambiante, et qui voulait tranquillement lézarder sous les rayons tièdes du soleil de novembre. Ma réaction est idiote : quand bien même j'aurais été attaqué par un animal, éviter de voir mon agresseur n'aurait rien changé à l'issue de la confrontation. Si ç'avait été un serpent je lui aurait laissé le champ de bataille de par ma peur panique et incontrôlée de ces bestioles. Si ç'avait été autre chose, une blessure infligée par l'autre belligérant m'aurait contraint au combat. J'ai finalement eu la meilleur réaction de compromis : rester sur mes positions, ou plutôt les quitter posément, plutôt que de risquer une attaque de panique et devoir rebrousser chemin tout affolé avec la honte d'avoir pu être l'objet de railleries de possibles spectateurs.

Tracassé par cette interrogation sur la véritable nature de la vibration, je poursuis le sentier forestier en direction du hameau de Balba où il est dit qu'une tour ronde et des maisons d'américains sont visibles. En effet, à mon arrivée, je peux constater la présence de celles-ci. Mais je m'en fiche un peu : d'une part ce ne sont pas les premières tours ou demeures d'américains que j'aurais vu en l'espace de quelques mois, et d'autre part je n'ai qu'à moitié le cœur à çà, je le dis et le répète encore. Soit. Direction Muncaghja pour une autre tour. Je trace droit par le sentier pédestre qui, je m'en aperçois, coupe par endroits la départementale qui relie les hameaux entre eux. J'oscille en permanence entre la présence humaine et la nature, c'est troublant d'une certaine façon. Je dois tantôt lire des marques de couleur, tantôt des panneaux de signalisation routière, j'ai un goût amer à ce moment, je regrette un peu cette balade qui me semble alors bien fade.

Pourtant, à mesure que je grimpe le long de ce sentier, je ne peux que constater le nombre impressionnant de sépultures visibles. La pensée un peu narquoise qu'elles illustrent bien la journée dessine un sourire au coin de mon visage, j'aurais presque honte du mauvais goût de mes pensées. Au moins suis-je alors en train de penser, de m'abandonner un peu à la rêverie en oubliant le reste. Muncaghja ne tarde pas à apparaître, mais pas cette tour carrée dont le guide parle. Suis bien là où je dois être ? A priori oui, mais dans ce cas, où est ce monument que je ne vois nulle part ? Alors que mon esprit est assailli par le doute d'avoir bifurqué au mauvais moment et de finir nulle part pour la première fois, je scrute toutes les directions à la recherche du précieux sésame manquant... qui se dresse en fait juste derrière moi en levant un peu la tête. Ouf. Je peux continuer... ou me rapprocher un peu de la tour qui m'a causé tant de tracas inutiles. Après tout qu'ai-je à perdre si ce n'est quelques minutes ? Une nouvelle fois, ma route croise celle du cimetière du hameau. Décidément, le Ciel doit vouloir me faire passer un message au sujet de ma désertion de mes obligations de mémoire. Qu'importe, ce qui est fait est fait, je dois terminer mon parcours dans tous les cas.

Direction Barrigioni puis Teghje, le bien nommé hameau aux toits de lauze (« teghje » justement en corse). Pour une fois je me surprends à admirer l'architecture d'habitations humaines, et surtout à oser emprunter les ruelles sans avoir l'impression d'empiéter sur l'espace vital d'autrui. L'interlude est même un peu trop court à mon goût, le long chemin vers le couvent Saint Antoine m'attend. Je me trompe cependant de route en empruntant pendant quelques minutes celle de la petite boucle que je ne voulais pas faire. Celle-ci m'emmenait au cœur de la forêt en contrebas du hameau de pierre, une nouvelle fois encore plus en retrait du tumulte qu'un village peu évoquer. Le chemin peu marqué me fait vite comprendre mon erreur, même si je dois concéder que l’emprunter ne m'aurais pas plus que çà gêné. Mais bon, on me promet les ruines d'un moulin et d'un pont. La symbolique de ces lieux jadis plein de vie et désormais ombres de leur splendeur passée me rappelle ce jour funeste que je vis. D'une certaine façon, c'est çà mon devoir de mémoire, loin de la visite futile de monuments de pierre où les défunts reposent, le devoir de se souvenir de ce que les morts ont pu représenter de leur vivant, sans pour autant renier leur passage à l'au-delà.

Je m'enfonce ainsi dans la forêt en contrebas et tombe en effet sur le moulin qui jouxte une rivière à l'eau grondante. J'admire le contraste entre cette eau si fougueuse, en mouvement rapide et effréné, et l'édifice de pierre désormais figé dans le temps. Je continue ces symboliques en traversant le pont au-dessus du cours d'eau : le lien entre la vie et la mort me semble très étroit en ce jour, bien plus qu'il ne me le paraissait en d'autres moments. Ces réflexions un peu métaphysiques apparaissant au gré des détours des sentiers sont un peu le sel de mes escapades. De prime abord, on peu les juger inadéquates pour une activité présumée physique de par sa nature, et pourtant l'isolement dans un environnement différent du sien aboutit souvent à de belles réflexions.

Je continue mon chemin qui sort bientôt de la forêt pour aboutir à un paysage plus dégagé mais de fait plus monotone. Une fois la phase allégorique passée, le reste du chemin me semblerait presque fade... J'aboutis ainsi presque dépité au monastère Saint Antoine, mais le cerbère local incarné dans le corps frêle de ce dogue français qui m'aboie hardiment pour un être de sa taille m'évoque alors le gardien infernal qui m'enjoint de ne piper mot de mon séjour dans son au-delà...

Je termine ma route en longeant une nouvelle fois un cimetière. Décidément je n'aurais pu y échapper. Mais au moins ai-je pu avoir une pensée, certainement plus profonde qu'elle ne l'aurait été si j'avais simplement été sur la tombe familiale, pour les défunts qui sont, et seront toujours, chers à mon cœur.
Commentaires