Retour à la chapelle Saint André de Biguglia, en décembre 2012



Changement de casquette aujourd'hui : je deviens guide touristique l'espace d'une promenade dominicale vers l'ancienne chapelle Saint André de Biguglia. Le choix de la balade de découverte s'est porté sur celle-ci de par le fait que le circuit est court mais relativement sauvage, dans le sens où le sentier est vraiment laissé à l'abandon vers la fin. Quoi de mieux pensais-je pour initier des amis aux joies de l'évasion en pleine nature ?

Je ne reviendrais pas sur le circuit en lui-même dans le sens où il a déjà fait l'objet d'une description, mais plutôt sur les approfondissements et nouvelles impressions de la journée. En effet, malgré la relative monotonie et simplicité prévue, je m'aperçois que les détails font parfois la différence : nous croisons beaucoup plus de randonneurs que lors de ma première visite, un chasseur et son chien, ainsi qu'un couple. Nous les dépassons tous rapidement de par notre relative jeunesse et fougue (surtout pour moi qui doit montrer l'exemple vu que j'endosse le rôle du démonstrateur). Je prends mon rôle au sérieux en tentant d'expliciter une nouvelle fois tout ce que j'ai pu observer sur la flore, mon domaine de prédilection, mais aussi sur la chapelle et son histoire vue que j'ai réuni quelques informations à son sujet.

Ces explications me permettent d'ailleurs de noter les-dits changements : une végétation plus drue que lors de mon premier passage, des essences plus visibles, comme par exemple les myrtes qui portent dorénavant leur baies bien noires et parfumées, les arbousiers dont la majeure partie des fruits rouges vifs désormais sont tombés à terre suite à l'épisode venteux des jours précédents, mais aussi et surtout les, lianes piquantes de toutes sorte qui reprennent peu à peu leurs droits. Ceci me fait prendre conscience que le sentier doit réellement être laissé à l'abandon, au moins depuis quelques mois vu que la situation n'était pas bien réjouissante dès alors... Une idée folle me traverse l'esprit : me balader avec une machette et de quoi marquer la piste vers la chapelle. Saugrenue n'est-il pas ? Je prends vite conscience que j'outrepasse de plus en plus mon simple rôle de spectateur-rapporteur pour passer vers celui d'acteur de la préservation du patrimoine. Après tout, n'est-ce pas déjà l'un des buts de ces carnets où je consigne toutes les informations que je peux trouver sur les lieux que je visite ? Difficile de rester indifférent face à ce en quoi on crois, même si ce n'est pas très ancien certes.

Par delà ces changements somme toute minimes mais notables, je retrouve avec une certaine satisfaction les images que j'avais déjà de cette randonnée : ce sentier forestier qui fini brutalement en chemin de maquis avec une végétation complètement différente, l'alternance rocaille naturelle et pavés improvisés déposés par la main de l'Homme, ce petit pagliaghju sur le côté que nous visitons rapidement cette fois... Toutes ces choses devenues finalement des repères familiers auxquels on s'attend. Et j'ai envie de les faire perdurer de par mon travail de rédaction.

La chapelle ralliée, nous nous arrêtons quelques instants pour que mes compagnons profitent du panorama sur l'étang qui m'enchante habituellement, et j'espère qu'il en est de même pour eux. Nous sommes vite rejoints par le couple laissé derrière nous au début du trajet. La discussion commence vite entre nos deux groupes sur les circuits de ce type à faire sur l'île. Je me rends compte que ces deux individus ont beaucoup marché eux aussi, certainement plus que moi en tout cas. Ils nous font part de quelques belles balades à effectuer dans le cap, vers Cervione, et même en Corse du sud, fief de mes hôtes d'une excursion. La prise de conscience du fait qu'il me reste encore beaucoup de chemins à arpenter est une grande motivation à persévérer, mais aussi une source d'interrogation sur ma propre expérience acquise : pourrais-je encore longtemps me contenter de mes recherches de sentiers, et surtout continuer seul ? Vous aurez compris à présent que j'ai un penchant certain pour l'introspection solitaire que la marche propose, mais si je dois pousser mes propres limites en terme de distances et de temps, la raison voudrait que je sois accompagné ne serait-ce que pour ma propre sécurité (pour éviter ma déconvenue du monte Stellu par exemple...). J'y réfléchirai, après tout ai-je déjà semé les graines d'hypothétiques futures vocations, ne serait-ce qu'aujourd'hui même.

Nous redescendons tranquillement, mes amis avec la satisfaction d'une après-midi sympathique (du moins je l'espère) et moi avec des objectifs encore revus à la hausse. Comme quoi revenir sur les choses acquises en apparences est souvent salutaire.
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Le sentier botanique de San Giovanni di Moriani en décembre 2012



Ce circuit est un paradoxe. Je n'étais pas seul pour le faire pour une fois, ce qui est déjà en soi quelque chose d'inhabituel pour moi. Je dois avouer que je n'ai jamais vu aussi peu d'espèces différentes lors d'une sortie. Ce qui me chagrine vu que je me faisais une joie de pouvoir étaler ma science de la flore locale devant mon compagnon de route. Je suis un peu dur : nous sommes fin décembre, le sentier a apparemment été débroussaillé il n'y a pas si longtemps, et à force d'observer toujours les mêmes espèces au fils de mes randonnées, j'en arrive à ne plus avoir cet émerveillement infantile face aux plantes croisées.

Mais laissons de côté les considérations bassement techniques pour se focaliser sur le circuit en lui-même. C'est la première fois depuis l'exploration de Fiuminale que je retourne en Costa Verde. J'avais particulièrement apprécié le village ruiné malgré la froid vif de la journée, quelque part je souhaitais retrouver ici des sensations similaires. L'arrivée à San Giovanni par la route est intéressante en soi : nous traversons San Nicolao entre autre, et pouvons observer la nature préservée tout autour. Le point de départ, caractérisé par l'église Saint Jean qui donne son nom au hameau est plutôt sympathique de par la vue qu'il donne sur la mer en face et le sentier forestier que l'on devine. Enfin, sympathique n'est finalement peut-être pas le terme le plus adéquat vu que le départ se fait au milieu des tombes du cimetière adjacent. Vous aurez au fil de mes récit compris l'importance que j'accorde au respect des sanctuaires, je suis toujours un peu gêné d'avoir l'impression d'en profaner un, même si je témoigne le plus grand des respect à chaque fois.

Le ton du circuit est vite donné : de nombreux panneaux soulignent les espèces botaniques remarquables, même si à ce moment on reste dans ce que je qualifierais les essences « passe-partout ». J'admets que çà a au moins le mérite pour le profane de donner un nom à ces plantes qui jonchent notre quotidien sans qu'on puisse les qualifier de quoi que ce soit d'autre que de mauvaises herbes ou d'arbres. Nous progressons mon ami et moi le long de ce sentier ascendant : je batifole de droite à gauche en quête de la petite subtilité végétale dont je pourrais lui parler afin de justifier le fait que je l'ai traîné dans ce village qui doit lui sembler être une antichambre de nulle part pour justement voir des plantes. J'épuise hélas rapidement mes classiques que je finis par simplement lui désigner du bout de mon bâton accompagnés de deux-trois phrases explicatives rapides. Pour ma part, je me satisfais de ce que je vois, comme pour toutes mes promenades d'ailleurs jusqu'à présent, mais je m'inquiète plus de savoir si lui est satisfait, le sachant en fait assez peu enclin aux escapades pédestres. Ce doute qui me taraude me rend encore un peu plus bavard qu'on ne l'ai en temps normal quand on est en compagnie de son meilleur ami : je meuble presque compulsivement les silences comme pour éviter de laisser la moindre remarque sur mon choix du jour immiscer. Je sais qu'il n'est pas comme çà, mais c'est aussi une façon pour moi de tenter d'expier ce que je crois être une faute.

Çà fait quelques temps que nous avançons en forêt, je lui explique les rudiments que je connais du marquage coloré visible, au moins ai-je l'impression de sauver les apparences, moi qui, étourdi de mon état, est le premier à perdre de vue le fil d'Ariane et à le rechercher quand je suis seul. Nous rejoignons enfin au petit hameau, où nous sommes accueillis par une meute de chiens disparates qui aboient pour protéger leur territoire. Nous avons eu tous deux des chiens, nous ne nous laissons pas impressionner et les laissons faire jusqu'à ce qu'ils s’approchent de nous pour nous renifler et quémander quelques caresses en guise de droit de passage.

En fait notre route continue en ayant juste frôlé ce petit village, le sentier dorénavant descend pour rejoindre la colline en face. Toujours rien de très notable en vue du point de vue végétal, seuls les panoramas de villages éloignés isolés à flanc de colline nous attirent pour quelques clichés souvenirs. Nous croisons une petite fontaine en pleine nature au milieu de sa végétation verte, une nouvelle photo à rapporter en trophée. Le sentier se termine sur la départementale alentours. Ou plutôt l'avons-nous fait terminer d'un accord tacite à ce moment. Mon camarade montre des signes de lassitude quant à la promenade prévue, je ne peux décemment pas m'opposer à sa volonté muette mais compréhensible, d’autant plus que nous progressons à l'ombre des montagnes à cette heure-ci et qu'il s'est vêtu très légèrement pour la saison.

Notre retour va donc suivre la route qui nous ramène à l'église, quasi parallèle au sentier suivi jusque-là. Nous aurons donc au moins profité d'une petite marche revigorante dans un cadre agréable, du moins pour moi. Je retenterai ce sentier un jour, en suivant l'itinéraire cette fois, qui sais, peut-être qu'à la belle saison la flore se montrera moins timide...
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Joyeux Noël...


Un jour en retard pour ne pas sombrer dans les traditions clichées. En même temps, qui s'attendait à ma permission pour passer un "bon" Noël ? Sans çà j'espère que vous n'avez pas été nombreux à vous le saboter exprès. Voilà mon point de vue de futur vieillard aigri sur la sémantique de cette phrase placardée partout ces derniers temps.

Nouvelle un peu plus importante à l'échelle du blog : je suis en train de reprendre toutes les promenades du rêveur solitaire vu qu'entre les débuts encore indécis sur le sens des textes et maintenant il y a un petit monde. Je remplacerai les anciens articles pour le 1er janvier probablement.

Restez connectés... et bonnes fêtes (je vous y autorise).
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Les promenades du rêveur solitaire - Les environs de Porri en décembre 2012



Il y a des circuits que j'ai fait en dilettante juste histoire de dire que je les avais fait, ou pour occuper mon temps (vous l'aurez compris depuis que vous lisez mes récits). Il y en a d'autres qui constitue des défis lancés à moi-même. Mais le but de cette balade dans les hauteurs de la Casinca est encore autre : j'ai voulu connaître et comprendre l'attachement de quelqu'un à un lieu précis. Si tu lis ce texte, tu te reconnaîtras et je tiens à clarifier ma démarche qui consiste juste à rationaliser ce qui peut sembler irrationnel à une personne extérieure à ton village. Pas spécialement envie de m'immiscer outre mesure dans le cours trépidant de ta vie, nos rencontres sporadiques et nos correspondances toutes aussi discontinues suffisent à entretenir notre amitié. Laissons-là ces considérations bien trop humaines à mon goût, elles risqueraient de me rendre sympathique...

Je diluerai le sirop du paragraphe précédent en disant que j'en ai profité pour visiter le lieu dit « grotte de la Résistance », où une imprimerie clandestine fut installée durant la Seconde Guerre mondiale. A défaut d'être féru d'histoire, je m'impose néanmoins un devoir de mémoire envers les évènements majeurs de celle-ci, particulièrement pour ceux qui ont affecté ma région d'origine.

Une chose frappe d'emblée mon esprit en arrivant dans le petit hameau (sûrement l'un des plus petits que j'ai vu depuis que j'ai commencé mes visites des terres intérieures) : la disproportion entre sa taille et la lourdeur de l'histoire qu'on lui associe. J'ai une sensation d'acharnement du destin sur de pauvres gens qui ne lui en avait pas demandé tant. Certes, la période était alors troublée, mais pourquoi en arriver là ? Je n'ai définitivement pas fois en l'Homme, hormis quelques élus dans mon esprit, c'est bien la pire bestiole que cette planète ai pu engendrer à bien des égards... mais je m'égare.

Je me dirige pensif vers le départ du sentier marqué, je suis ramené à la réalité par les aboiements d'une chienne d'une maison toute proche. A-t-elle peur de mon bâton de marche ? Je n'y prête pas attention et continue vu que c'est le seul moyen de lui faire comprendre que je ne cherche pas le conflit ou l'incursion dans son territoire. A peine refermé le portail au début du parcours, la voilà qui me rejoint et me précède : je comprends alors qu'elle veut m'accompagner. Elle a du en croiser des randonneurs qui l'on déjà rejoint cette grotte, je sais que je peux lui faire confiance pour m'aiguiller au milieu de la forêt si je venais à m'égarer.

Le chemin est une succession d'anciennes marches aménagées et de roches brutes avec parfois un terre qui semble battue. Çà n'est ni le meilleur ni le pire que j'ai foulé. J'admire à mesure que je descends le panorama désormais classique de la mer qui paraît entre des montagnes en face de moi. A l'arrière, Porri s'efface déjà avec ses maisons sur ce qui me semble être la crête de mon point de vue. A ma droite, de majestueuses montagnes aux forêts denses avec une légère brume qui leur donne une lueur presque irréelle. Je relâche alors le poids de l'histoire locale l'espace d'un instant.

Sur mon chemin je croise une ancienne bâtisse de pierre qui a du, à sa glorieuse époque qui ne devait pas être si lointaine, être la demeure de quelqu'un d'aisé vu que des murs de pierre apparemment réguliers ceignent le tour du terrain jusque dans le maquis en contrebas. Elle est comme posée sur une petite crête rocheuse qui en y regardant de plus près se prolonge en pente douce plus en bas. Mais mon amie et guide improvisée me presse du regard pour la suivre, je continue donc, de toute manière je repasserai par-là au retour.

Nous arrivons dans la forêt qui se dresse en bas du village. La chienne s'ébat joyeusement de-ci de-là, je ne peux pas toujours la suivre donc je me rabats sur le marquage pour ce passage et cette fois-ci c'est à mon tour de la presser. Elle m'accompagne, je me sens responsable de son retour à bon port. Nous avançons donc sur le sentier qui redevient à mesure que l'on avance de plus en plus marqué, et finissons par arriver à une montée rocheuse quelque peu abrupte pour qui n'aurait pas de bonnes chaussures (ou n'aurait pas quatre pattes pour la porter, ne l'oublie pas ma chère guide qui semblait parfois s'impatienter quand je peinais à suivre...).

A son sommet, je comprends que la grotte est en fait une anfractuosité dans la falaise qui tombe à pic dans laquelle était protégée la presse dérobée pour permettre le tirage de tracts partisans. Son accès est heureusement protégé des visiteurs par de lourdes grilles métalliques, mais des vitrines laisse voir le matériel. D'aucuns auraient pensé que celui-ci aurait mieux été à l’abri dans un musée, mais je suis d'avis que son essence même ayant été de permettre aux clandestins d'alors de mener à bien leur œuvre de résistance à l'envahisseur, mieux vaut qu'il reste à tout jamais dans le lieu où son histoire s'est jouée.
Nous remontons alors, la chienne et moi-même. Elle a compris que je voulais aller dans ce lieu alors même que je ne l'avais jamais croisée ni même esquissé un quelconque besoin devant elle. Les chiens me fascineront décidément toujours pour leur dévotion sans faille envers l'être humain.

De retour au hameau plus tôt que prévu, je décide de tenter le trajet vers Sajabicu, où je me vois déjà fouler le sol d'où les fondateurs du hameau actuel ont été chassé au fil du temps. J'ai repéré un panneau indiquant le sentier au bord de la route qui m'a mené vers Porri, je m'y arrête donc. Point de balisage mais un sentier apparemment carrossable bien marqué. L'emprunter devrait être une sinécure s'il mène bien à ce que je pense.

Une nouvelle fois, c'est le temps qui est mon ennemi, mais cette fois, nullement de par les caprices du climat, mais par l'arrivée toute proche du crépuscule. Je scrute donc religieusement ma montre à intervalles réguliers afin de ne pas me laisser surprendre. J'ai suivi deux pistes possibles : au mieux suis-je tombé sur un troupeau de chèvres sur une crête avec un sentier trop peu marqué pour que je l'emprunte sans risquer de me faire surprendre par l'obscurité au retour, au pire ai-je trouvé sur l'autre un portail clos. Peut-être était-ce la bonne voie mais l'accès a-t-il été condamné en prévention d'un quelconque danger ? A l'heure où j'écris ces ligne, je ne le sais pas.

Je dois rentrer, le soleil donne des signes de fatigue. Ce ne sera une nouvelle fois que partie remise...
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Dichotomie


Un cliché, un post. C'aurait été digne au mieux d'un message Facebook ou Google+ pensez-vous. Non. Au delà de la photo-météo inutile, ce que cette image m'inspire c'est une réflexion sur la dualité des choses.

Dualité multiple si je puis dire : à un niveau basique, opposition d'un temps ensoleillé sur ma tête à ce moment (qui ne durera pas pour ceux qui veulent absolument savoir la météo à ce moment là...) alors qu'un orage violent se dresse face à moi, ce qui a pour résultat le double arc en ciel au centre ; à un niveau mental, tiraillement entre l'émerveillement quand à cette singularité chromatique (pour une fois qu'il y en a un avec des couleurs aussi soutenues) et l'agacement du type blasé pour qui ce n'est que le résultat prévisible de la diffraction de la lumière par les gouttelettes de pluie en suspension ; à un niveau philosophique, dois-je demeurer cet innocent ignorant qui a le pouvoir de rêver devant ce joli phénomène fugace, ou renoncer à toutes ces croyances enfantines et futiles et accepter ma nature d'être raisonné et raisonnable désespérant de froideur quant à la beauté du monde ?

Peu à peu (le temps de ces cinq minutes avant que la pluie n'arrive à mon niveau), j'en arrive à la seule conclusion que je peux avoir quant à ses interrogations soulevées : je suis tout à la fois. On ne peut me réduire à une seule de ces facettes, tantôt rêveur quand je marche seul sur les chemins isolés, tantôt scientifique quand je rafraîchi mes connaissances ou que j'ai à expliquer tel ou tel phénomène de mon ressort, tantôt spirituel quand je veux bien accepter l'hypothèse du "truc" qui est la finalité des choses (ce que certains appellent "Dieu"), tantôt bassement terre à terre quand le cynisme me fait réagir sur l'état du monde qui m'entoure...

Tout çà pour une demie heure de pluie en début d'après-midi...
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Les promenades du rêveur solitaire - La chapelle Saint Michel de Sisco en décembre 2012



Une fois n'est pas coutume, j'ai encore été visiter les environs de Sisco dans le cadre de mes escapades. Mes vacances et le beau temps aidant, j'ai décidé sur un coup de faire une escapade éclair : une petite heure de promenade aller-retour, je pouvais me le permettre aujourd'hui...

Commençant à connaître quelque peu les environs de l'intérieur de la région de Sisco, je décide donc d'aller explorer ce sentier qui mène à la chapelle Saint Michel, qui domine les environs sur son promontoire rocheux. J'en arrive toujours à me demander ce qui passait par la tête de ceux qui un beau jour décrétaient qu'ils allaient construire un édifice religieux au fin fond de nulle part. Certes, on croise bien deux-trois ruines sur le sentier qui y mène, mais près de trente minutes pour y aller, n'était-il pas plus simple de les faire plus proches de hameaux existants ? C'est une approche bassement terre à terre, j'en ai bien conscience, mais je dois avouer qu'au final je ne me plains pas de pouvoir me promener un peu dans une nature relativement isolée...

Le sentier en lui-même est très facilement repérable au bord de la petite route, et le panneau de la chapelle aussi, d'autant plus que par élimination, si vous n'allez pas vers le col Saint Jean à votre gauche, le seul autre itinéraire mène à Saint Michel. La route est agréable, un peu trop ombragée bien qu'il ne soit pas tard, la faute au mois de décembre, mais assez jolie.

La localisation de la chapelle est très sympathique, juste au bord du vide sur son rocher qui émerge de la petite prairie d'herbe rase environnante, j'en ai fais le tour même si mon vertige m'a donné à réfléchir à ce sujet. En bonus, j'ai pu grâce à mes acrobaties voler un cliché de la statue de Michel terrassant le dragon que la chapelle consciencieusement fermée renferme. Il n'est pas aussi impressionnant que je le voudrais avec son contre-jour, mais je devrais m'en contenter.

En somme une petite balade très agréable à faire pour tuer le temps...
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Les promenades du rêveur solitaire - La Marana en décembre 2012



Aujourd'hui c'est dimanche et comme tous les dimanches je n'ai pas envie de rester enfermé chez moi devant la télé ou mon PC. En effet, il y a deux catégories de geeks : ceux qui vivent quasi-reclus avec pour seuls liens avec l'extérieur Facebook ou les chats, et les autres... Et Dieu merci j'en suis un autre.
Bien que le temps ne s'annonce pas trop mal en cette fin de matinée plus que jolie pour un mois de décembre, je sais que je ne peux pas m'éloigner de trop en voyant l'amoncellement de nuages sur le cap, et l'amoncellement de boulot dominical que j'ai.

Pour rompre la monotonie, je décide quand même de partir marcher le long des plages de la Marana, d'autant plus que çà fait quelques mois que je n'y ai plus été mine de rien. Avant de m'attaquer à l'intérieur des terres, c'est le long de ces étendues infinies de sable grisâtre que j'ai fait mes armes comme marcheur à y regarder de plus près. J'ai toujours apprécié la mélodie incessante du reflux des vagues et du vent qui viennent seuls rompre le silence hors saison estivale, et surtout j'ai toujours eu en affection ces trésors découverts au gré des lendemains de tempêtes, quand le bois flotté prend des formes et des teintes variés, tantôt anguleuses tantôt rondes, plus ou moins sombres selon que la souche est récente ou déjà ballottée longuement par les vagues...

Aujourd'hui c'est dimanche, disais-je, et comme tous les dimanches je ne serai pas seul à vouloir marcher le long des ces plages. Je sais que passé un certain trajet je continuerai isolé vu que peu nombreux sont les courageux qui veulent avaler les kilomètres et sont juste là pour justifier une sortie au grand air, mais j'ai besoin de ma solitude de l'esprit. Pour çà, je branche mes écouteurs, mets ma playlist en lecture aléatoire à un volume moyen et termine l'isolation par mes lunettes de soleil bien vissées sur mon nez. Au moins aurais-je une excuse pour ignorer royalement les autres personnes croisées.

Nous sommes en décembre, le départ se fait sous un joli soleil qui vous ferai presque oublier la saison. La marche suis son cours par cette agréable journée à peine troublée par les quelques nuages qui se promènent eux aussi au gré de leur divagations propres. Cependant sur le cap, les bourgeons d'un orage ne tardent pas à se former. Aussi étrange que çà puisse semble, au lieu d'être inquiétant, ce mur de grisaille qui dévore peu à peu l'horizon en face devient juste une curiosité météorologique qui ponctue parfaitement cette promenade. J'ai toujours eu une affection toute particulière pour ces temps bâtards ou les nuages gris bleuté sombre se mêlent aux trous bleu ciel où le soleil brille encore. Qui sait alors de quel côté la balance penchera...

J'ai évité la pluie... de justesse encore une fois. J'ai ramené un souvenir : un bâton dont je compte bien faire mon bâton de randonnée attitré s'il sèche correctement... Seul l'avenir nous le dira...
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Call of duty


Je vous enfumerai jusqu'au bout avec mes titres à jeux de mots plus ou moins évidents concernant le contenu... Au moins ai-je comme qualité d'essayer d’appâter le lecteur (le nombre de vue est un tant soit peu valorisant pour qui publie sur la toile).

Vous l'aurez compris, ici nulle question de FPS à la mode mais plutôt d'un descriptif de la séance d'entraînement d'hier soir qui ressemblait quelque peu à un stage commando (vous voyez l'allusion ?).

Je ne sais jamais comment poster des articles en rapport avec la boxe qui ne tombent pas dans le lieu commun de la simple dépêche annonçant le vainqueur de tel ou tel match, ou qui fasse de la pub pour un événement précis. J'ai bien tenté la description "réaliste" d'une séance, mais je ne me sens pas l'envie de vous servir du réchauffé à chaque fois (le Créateur se doit d'être créatif, par définition...).

Une nouvelle fois, le but de la séance était de nous faire travailler notre cardio, plus que l'aspect technique. Et pour du travail cardio, ce fut pour le moins réussi... Imaginez le tatami transformé en une sorte de parcours du combattant avec des ateliers de travail aussi diversifiés que ardus. Au menu : allers-retours à intervalle croissant, suivi d'un sprint en marche arrière en boxant, puis déplacement autour d'un sac de face, puis d'un autre de dos, et s’enchaînent une série de trois coups variés (enfin, c'est vite dit variés...) à un troisième sac, puis déplacement de cerceaux en cerceaux au sol en insistant bien sur le fait que seule la jambe avant doit assurer l'impulsion, et enfin rebonds en série de part et d'autre de deux bancs avec au final roulade pour descendre de ceux-ci... et rebelote... une bonne trentaine de fois, le tout découpé en rounds de deux minutes avec deux minutes de repos entre. Manquait plus que la vachette et on se serait cru à Intervilles pour les vieillards de trente ans et plus qui ont connu.

Vous avez compris ? Pas tout ? Nous non plus... enfin au début en tout cas.

C'est à ce moment que tu te rends compte que l'état d'esprit, et le mental en général, est ce qui te force à aller au bout des choses... Le corps est vite fatigué, la respiration est de plus en plus courte, les bras pèsent le plomb et les cuisses brûlent... Pourtant, entre l'orgueil qui te pousse à ne pas lâcher le premier, le respect de l’entraîneur qui devra se frapper près d'une heure de route après l'entraînement pour rentrer chez lui à presque onze heures du soir pour avoir pu entraîner deux clampins, et l'envie masochiste d'en baver pour te prouver que tu en es capable, tu continues encore et encore : tu DOIS le faire.
Chaque interlude est un répit dont tu savoures les secondes qui s’égrènent décidément trop vite, de plus en plus vite crois-tu. A chaque reprise, tu as cette seconde de battement où la volonté doit forcer les muscles à repartir.

Les conseils du coach te maintiennent dans cette voie : tu as beau les prendre pour une mini-engueulade, tu sais au fond de toi qu'il le fait pour ton bien, pour que tu corriges ce qui ne va pas. Tu sais que c'est çà, vu que tu sais ce qu'est le plaisir de partager tes connaissances. Tu aimes que tes élèves écoutent, donc tu fais pareil.

La séance fini par s'achever (enfin...) après la sempiternelle séance d'étirement-relaxation. On a échappé aux séries de pompes et abdos, qui auraient été de trop après l'effort déjà consenti ce soir. Dégouttant de sueur, à moitié brisé, tu finis par aller te changer. Tu sais que tu vas souffrir le lendemain et pendant quelques jours, mais tu te sens tellement bien... Les endorphines sont une des plus belles réussite du corps humain.

Salutations et remerciements d'usage, et encore une séance qui s'achève...
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Démiurge


Présomptueux comme titre, n'est-il pas ? Pourtant c'est ce que je suis à chaque fois que je crée, au sens large. Que ce soit sur un bout de papier, sur ma tablette graphique, quand je rédige un article pour ce blog ou quoi que ce soit d'autre, n'est-ce pas ce que je suis pour ce contenu ?

Certains y verront une once de mégalomanie clairement affichée, mais c'est le sentiment que la Création m'inspire : autant Dieu dans la Génèse a un beau jour (ou était-ce une nuit ? Manquaient les astres à ce moment-là paraît-il...) décidé de faire émerger le monde du néant par sa simple volonté, autant c'est ce que je fais avec MON monde à chaque fois que ma volonté est assez forte pour me lancer.

La comparaison ne s'arrête pas là : la plupart du temps je conserve mes œuvres, aussi inachevées et imparfaites soient-elles, vu que j'éprouve envers elles cet amour quasi-filial que le Créateur a pour sa création. Cependant, dans des accès de colère, de désespoir ou d'ennui, il m'est arrivé de les détruire éhontément, sachant qu'en tant que leur propriétaire j'étais le seul être au monde à pouvoir demander des comptes concernant leur disparition. D'une certaine manière, en réduisant la Création au microcosme de l’œuvre, c'est donc bien moi qui en suis le Dieu unique et véritable... Pas étonnant que l'humanité se façonne des divinités à sont image vu qu'il lui est si facile d'extrapoler de la même manière que je raisonne en ce moment.

Mais je m'égare... Peut-être mon besoin créatif n'est-il justement qu'un moyen d'épancher la soif d'égarement de mon esprit, au même titre que quand je m'éloigne physiquement de la civilisation lors de mes escapades en pleine nature... Ou peut-être est-ce l'inverse : mon esprit a besoin de se nourrir de ces nouvelles images et expériences pour continuer à produire du contenu...
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Le saut de la foi


Non je ne vais pas vous dévoiler l'emplacement du Saint Graal, je ne suis même pas menacé par des soldats nazis... J'ai simplement décidé de franchir le pas une fois pour toute et de passer sous Ubuntu 12.10 en dual-boot avec Windows 7.

Çà y est, il a craqué me direz-vous... oui et non. Je m'explique : oui j'ai installé Ubuntu, oui c'est GRUB qui est dorénavant mon gestionnaire de démarrage, mais non je n'ai pas abandonné tout espoir de faire machine arrière si le besoin s'en faisait sentir (comprendre : récupérer un Windows 7 qui démarre seul si je me lance dans la bidouille de trop pour tenter "d'optimiser" mon expérience linuxienne...).

J'ai juste profité du fait qu'il existe une distribution dérivée d'Ubuntu qui intègre en son sein ce qu'il faut pour effacer toute trace de son passage sur votre PC Windows si l'aventure tourne court (du moins en théorie, j'espère ne pas avoir à tester ces fonctionnalités). Cette distribution est tout simplement intitulée Ubuntu Secure Remix (description par ici). Elle ajoute simplement quelques raccourcis au dock latéral de Unity pour permettre d'effectuer simplement les tâches précitées. Bien entendu, une fois ceux-ci retirés, vous retombez sur une Ubuntu on ne peut plus classique, avec juste un PPA ajouté pour la maintenance de ces petits logiciels.

De quoi profiter un peu plus pleinement qu'avec Wubi du monde de Linux, sans sacrifier sa bouée de sauvetage...
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La nuit des (tablettes) mortes-vivantes...


Je ne suis pas vraiment fan de film d'horreur bien gore, le sang et les boyaux m'ont toujours répugné au dernier point. A la rigueur, je préfère l'horreur psychologique (genre le premier Paranormal Activity, mais que le premier, la suite, comme beaucoup de suites, n'aurait jamais au grand jamais dû voir le jour...).

Laissons-là ces considérations hautement intéressantes sur mes goûts cinématographiques et venons-en au but premier de ce post : ma HP TouchPad.
Pour résumer rapidement la situation de cette tablette, elle a été l'objet d'un flop commercial mythique de la part de HP, et à ma connaissance le dernier appareil sous webOS commercialisé avant l'abandon de celui-ci (OpenWebOS et la non-prise en charge des anciens matériels webOS sont une véritable honte à mon humble avis...).
Comme beaucoup, j'ai profité à l'époque de la grande braderie qui a suivi cette désaffection, ce qui m'a permis d'acquérir pour une somme modique une tablette avec un bon niveau matériel et un espoir sous-jacent : pouvoir en faire une tablette Android, vue que l'écosystème webOS n'a jamais vraiment pris...

Après les balbutiements de Gingerbread, aussi adapté à l'usage tablette qu'une planche à repasser pour faire de la luge, nous eûmes droit enfin au Graal de l'époque, à savoir Android 4.0, ou ICS pour les intimes. Peu à peu toutes les fonctions ont été implémentées par la team CyanogenMOD, si bien que  qui ne connaît pas le matériel pourrait croire que c'est une tablette Android native. Ainsi, dernièrement, la prise en charge de la caméra frontale a pu être implémentée et devrait être en passe d'être intégrée officiellement aux dépôts de CM9.

Je ne peux que saluer le travail fourni par tous ces développeurs amateurs pour en arriver là vu qu'il a souvent été question de partir de zéro pour porter le code d'Android sur un matériel qui n'était pas destiné à l'exécuter. C'est même ce challenge qui m'a toujours plu dans les appareils que j'ai acquis au fil du temps, vu que quasi inexorablement je finis toujours par mettre les mains dans le cambouis pour tenter de prolonger l'espérance de vie de ceux-ci quand ils sont passés de mode.

La prochaine étape consistera je l'espère en le portage de JellyBean (Android 4.1/4.2) dessus. Les choses sont en bonne voie, et je fais totalement confiance en les développeurs pour cela. En attendant des versions fonctionnelles et stables, je préfère conserver ma liseuse de PDF en CM9, j'ai appris à refréner mes ardeurs bidouilleuses au fil du temps... peut-être un signe de maturité ?

Un pied de nez en tout cas à cet abandon volontaire de HP qui n'aura pas su se donner les moyens de poursuivre correctement dans la voie de webOS, bien que celui-ci n'ai pas vraiment été un système déméritant vu son jeune âge...
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Les promenades du rêveur solitaire - le Monte Stello en novembre 2012


On m'a toujours dit que le bilan dépendait uniquement de l'état initial et de l'état final, je n'y ai jamais cru...

Qu'il serait déprimant de se dire que dans la vie, au début on naît et à la fin on meurt, donc que tous les truc qui se passent au milieu ne sont que du bouchage de trou sans but profond. Je me plais à penser que tout ce que l'on fait, que l'on apprend, les personnes que l'on côtoie et les lieux que l'on visite sont ce qui constitue l'essence même de notre existence.

C'est en tout cas la conclusion à laquelle j'arrive de plus en plus au fur et à mesure de mes micro-retraites sauvages. J'ai atteint la trentaine sans jamais trop quitter ma région, ou du moins sans jamais trop profiter des mes exils. Je vivais très bien en me contentant de ma petite routine, et aurais très bien pu continuer à vivre ainsi encore longtemps. Pourtant cette existence parfaitement rangée et ordonnée était-elle la meilleure à souhaiter ? Je ne suis pas en train de dire que j'ai décidé de tout plaquer pour partir à l'aventure de par le monde, il faudrait être idiot pour changer du tout au tout comme çà, et malgré mon humilité apparente, je ne me considère pas comme tel.

C'est pour combler ce vide que je vous poste le plus régulièrement possible les histoires de mes péripéties pédestres : même si je ne sais pas vraiment si elles sont suivies, par qui et dans quel but, j'aurais au moins l'impression de laisser mon emprunte sur le monde (ou du moins dans les serveurs de Blogger...).

Trêve de digression psycho-philosophique de bas étage, même si elle tente d'expliquer que mes randonnées sont des moments d'introspection très apprécié par mon esprit qui se coupe alors de ses tracas courants et s'ouvre à autre chose.

J'ai donc décidé de faire la plus longue marche de ma vie : 7 heures sans discontinuer (sauf arrêts réhydratation bien-sûr) pour près de 24 km avec 1100 mètres de dénivelé. Annonçons-le d’emblée, je me suis salement planté quant au point d'arrivée de mon périple, et je remercie tout particulièrement l'ami qui a bien charitablement daigné venir de ramener de Sisco, où j'ai fini ma course, jusqu'à Pozzo près de Lavasina ou je stationnais. J'ai commis le péché d'orgueil en refusant de faire un simple demi-tour arrivé au sommet, j'ai du en accepter le prix...

Mon départ a donc eu lieu vers 7h30 du matin du parking du hameau de Pozzu dans les hauteurs de Brando (277mètres d'altitude), en même temps que le levé du soleil. D'ici a débuté une longue ascension vers le Monte Stellu, qui domine le cap corse du haut de ses 1300 mètres. Le chemin est pour l'instant bien balisé, et le sentier qui grimpe interminablement ne laisse pas de doute. La chaleur des premiers rayons se fait de plus en plus insistante, à moins que ce ne soit simplement le signe que mes muscles encore un peu endormis se réveillent.

Le sentier est rocailleux, mais je trouve vite un bâton pour me servir d'aide, et je me permet par ailleurs un petit complément à mon petit dejeuner avec les délicieuses arbouses qui bordent ma route... mais point trop n'en faut, en toute chose l'excès nuit.

La pente relativement raide s’adoucit progressivement et le maquis environnant devient plus ras. Le sentier, toujours aussi minéral, devient parfois le lit improvisé de petits cours d'eau qui confluent dans la vallée en contrebas. J'arrive aux abords du sommet de cette crête, d'où de fiers rochers inébranlables de surveille. Une nouvelle fois je suis seul, et je ne pense pas trouver qui que ce soit sur ma route. Tant mieux.

Nouveau changement de rythme : la pente se raidi de nouveau, la végétation basse et drue laisse de plus en plus place aux sol rocailleux. Heureusement, le marquage est toujours présent et les cairns ne manque pas. J'ai d'ailleurs ajouté ma pierre à l'édifice, si je puis dire, pour en rafraîchir certains et en élever d'autres pour essayer à mon tour d'aider les futurs marcheurs.

J'arrive enfin au sommet de cette crête avec les ruines de la bergerie de Teghime. J'ai la chance de dominer à la fois la côte orientale et occidentale du cap, même si je suis encore loin de mon but, je ressens déjà une certaine satisfaction d'en être arrivé là. Cependant, le doute m'assaille à ce moment : la route indiqué me mène vers un sentier qui semble redescendre. Sachant que je dois encore grimper de 400 mètres, je m'interroge et explore succinctement les environs pour en arriver à la conclusion que je sois tout de même emprunter ce chemin.

Je ne tarde pas à tomber sur un panneau indiquant le Monte Stellu d'un côté et la chapelle saint Jean de Mandriale (je suppose, il y a beaucoup de chapelle du même nom semble-t-il...) de l'autre. Un petit sourire en coin se forme en souvenir de mon ascension vers la-dite chapelle quelques temps auparavant, et le fait que j'avais déjà repéré là-bas un panneau indiquant que l'on pouvait rejoindre ce chemin.
Suivant les indications au sol, je continue tranquillement ma lente ascension vers le sommet qui ne tarde pas à se montrer au loin. j'en profite pour bien observer la côte occidentale qui s'offre dorénavant tout à moi.

Sur les flans de la montagne, le paysage est dorénavant principalement minéral, seules quelques touffes viennent apporter un semblant de vie à ses rochers quelque peu déchiquetés.
Le sommet s'offre bientôt à moi, et avec lui un panorama incroyable sur le cap : l'étang de Biguglia à l'est, la baie de Saint Florent à l'ouest, les petits villages du cap en contrebas... Je suis au pied d'un antenne et de son panneau solaire, et un cairn a été dressé juste à côté. J'ai décidé d'être, l'espace d'un instant, celui qui aurait posé la pierre la plus haute de ce sommet si célèbre... Joie simple qui peut se vanter de remplir le cœur d'un homme de plénitude.

Après avoir bien gravé dans ma mémoire les images du sommet, je me décide à redescendre. Certes, à la peinture à demi-effacée on voit sur un rocher indiqué la direction de Silgaggia où je dois me rendre en théorie d'après mon plan de randonnée, mais nul moyen de trouver ce marquage jaune sans tomber sur des à-pics bien trop abrupts à mon goût... Après réflexion et observation d'un marquage orangé-jaune d'or passé, je suppose que c'est celui-ci que je dois suivre. j'avoue qu'à ce moment précis, l'idée de faire un simple demi-tour me traverse l'esprit, mais je n'y prêt pas attention, me disant que je ne peut pas vraiment dévier tant que je suis un marquage et un seul...

La pente, d'abord abrupte par endroit, fini par laisser place à une sorte de plateau où je dois jouer de mes pauvres yeux pour avancer de marque en marque et ainsi me conforter dans l'idée que je suis sur la bonne voie. Je sais que j'en ai encore pour au moins 2 heures de marche donc je persiste dans cette voie, en évitant de plus en plus de songer à rebrousser chemin, d'autant plus que par définition, plus j'avance, plus le Monte Stellu s'éloigne.

Je ne m'éterniserai pas trop sur les détails de mon chemin vers Sisco : j'ai longtemps suivi la ligne de crête, tantôt dans mon paysage rocailleux limite type garrigue, tantôt sur des petites étendues de prairies à l'herbe rase, tantôt au milieu de petit bosquets, bref, un régal visuel, même si je sais dorénavant que j'ai dévié de l'itinéraire prévu... Mais que faire ? Çà doit faire 4 heures que je marche, je ne pense pas que j'en ai encore autant à faire pour arriver à retrouver la civilisation au bout du chemin balisé. Essayer de couper à travers le maquis pour rejoindre la côte, et tomber après m'être épuisé sur une falaise infranchissable, très peu pour moi... donc on continue.

Je tombe finalement sur la chapelle Saint Jean (encore une...) du col de Saint Jean (par définition...), et je retrouve alors un semblant d'espoir de rejoindre rapidement la côte, même si je vois que j'en suis encore très loin à vol d'oiseau. Je suis donc le marquage qui coupe à travers le maquis et me mène après une bonne heure supplémentaire jusqu'à un panneau marqué Moline... où ai-je déjà vu le nom de ce hameau ? Si... Il y a 2 semaines lors d'une randonnée. A défaut d'être là où je voulais, je sais que je retomberai en terrain connu (en tout cas déjà visité...).

De retour aux abord de la civilisation, je croise un riverain de la piste avec qui je commence à discuter, et qui m'apprend qu'il suis une formation pour justement devenir accompagnateur de randonnée, et que par ailleurs son formateur organise fréquemment des excursions au départ du rond point à 100 mètre de chez moi... Signe du ciel ou simple foutage de gueule cosmique ?

Je décide de rejoindre la marine de Sisco, au moins serais-je alors sur la route du cap et je pourrais toujours faire du stop pour retrouver ma voiture... et me voilà repartit pour près de 2 heures.

Fort heureusement, comme je vous l'annonçais, alors que j'étais en train de me mettre en condition pour quémander de l'aide, moi qui préférerai mourir que de l'accepter en temps normal (orgueil mal placé, source de tous les péchés...), je reçois un coup de fil d'un ami alors même que je pensais ne pas pouvoir encore capter de réseau (la Corse est merveilleuse : dès que vous êtes à 1 km de la route, vous perdez tout moyen de communication...). Dieu merci, nous avons pu convenir d'une mission de récupération à Sisco au abords de la route du cap, vu qu'après 24 km de crapahutage sauvage, mes pieds commençaient sérieusement à me faire souffrir le martyr...



Bref, dans la vie, au début on naît, à la fin on meurt, mais au milieu il s'en passe des trucs...
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Les promenades du rêveur solitaire : Les environs de Stella (Borgo) en novembre 2012




La quête de l'inachevé : voilà ce qui décrit le mieux mon escapade du jour. En effet, j'ai eu l'occasion de pratiquer ce chemin avec mon Initiateur au monde de la randonnée. A la manière de Dante et Virgile, nous tentâmes une première ascension de ce long sentier vers le sommet de la forêt de Stella, non loin de Borgo. Mais nous nous égarâmes en suivant un petit chemin qui nous ramena au début de notre voyage.
L’Initiateur est parti, mais l'élève se doit de continuer l’œuvre du maître, d'autant plus que le chemin du jour ressembla trait pour trait à une divine comédie que je vais vous retranscrire ici...

Chant I : L'enfer

Quand j'étais au milieu du cours de notre vie, je me vis entouré d'une sombre brume, après avoir perdu le chemin le plus droit.
La semaine fut relativement dure, les besoins de solitude pour l'esprit et de mobiliser ce corps comme pour expier quelque faute se font alors ressentir plus que jamais ce samedi après-midi... Le temps n'est pas de la partie avec ces lourds nuages gris et cette brume qui ceins les sommets où j'ai le dessein de me rendre, je sais que je risque gros en voulant monter si haut pour partir à l'aventure avec ce firmament sombre et hostile qui me menace et m’obscurcis la vision. Tant pis, la majeure partie du chemin pour accéder au départ a déjà été parcourue, le route est très large, je devrais m'en sortir. Qu'importe, Dieu seul sait pourquoi mais me perdre ne serait pas un problème tant je veux couper temporairement les pont avec le cours classique de mon existence.
Je partis donc sur ce sentier rocailleux, souvent abrupte pour le novice, sachant pertinemment que l'épée de Damoclès de la fureur céleste n'attendait que le moment le plus inopportun pour s'abattre sur moi. Je me sentais alors comme le condamné attendant l'exécution de la sentence prononcée : après l'indignation vient cette acceptation de l'inévitable.
L'ascension fut souvent monotone, la visibilité réduite me donnant envie de rebrousser chemin à chaque pas consenti sur ce long chemin pierreux, et l'humidité ambiante n'arrangeait rien de sorte que je fus en nage alors même que je venais de partir.
Je tins bon, j'avais en moi cette envie de m'enfoncer de plus en plus profond dans cette brume de toute manière. Pourquoi ? Dieu seul, définitivement, le savait. Peut-être avais-je alors vraiment besoin d'oublier la société, ses contraintes et ses conventions absurdes, ne fusse-ce que pour une après midi, une seule et unique après midi.
Çà ne faisait que trois quarts d'heure que j'étais parti et la route ne semblait déjà pas avoir de fin.
J'arrivai cependant promptement à ce carrefour maudit, avec son marquage qui nous induisit en erreur la première fois, nous empêchant de fait l'accès aux plus hautes sphères. La brume semblait d'ailleurs moins dense là-haut quand j'osai lever les yeux comme pour quémander grâce, était-ce un signe d'un appel du firmament à le rejoindre ?
Je partis donc seul par ce sentier caché, afin de retourner enfin au monde clair, et sans me soucier de prendre du repos ; et je montais tant, l'esprit devant, la fatigue derrière, que j'aperçus à la fin tous les jolis objets que supporte le Ciel, et je pus sortir et revoir dans mon esprit les étoiles.

Chant II : Le purgatoire

L’esquif de mon génie à présent tend la voile et s’apprête à courir sur des ondes plus belles, laissant derrière lui cette mer trop cruelle. Je suis prêt à chanter le royaume second, où l’esprit des humains vient se purifier et se rend digne ainsi de monter jusqu’au Ciel.
J'arrive enfin au dessus du banc de brume qui étouffe la plaine. Peu à peu le paysage de maquis dense cède la place à une succession de petits carrés de prairie verdoyante avec son herbe rase, toujours cependant cernée de bosquets denses et impénétrables. Éole est farceur en ce jour, et m'envoie encore quelques nuées humides pour m'éprouver, mais on sent que l'élévation est en cours et s'oppose aux effets néfastes des brumes en contrebas.
L'astre du jour ne tarde pas à se dévoiler en jouant à cache-cache avec les nuages les plus hauts, réchauffant l'atmosphère tantôt si fraîche malgré l'effort physique fourni.
De toutes parts jaillissent au milieu même de ma route des petits ruisseaux au gazouillis apaisant, signe de la luxuriance de la région avec sa végétation variée et bien fournie.
Ce même sentier, jadis si droit et monotone finit vite par devenir de plus en plus sinueux à mesure que je pénètre à proprement parler dans le bois de Stella. Le chemin est de plus en plus rocailleux et raide, parfois même un peu glissant, mais tel est le prix à payer pour qui veut être digne d'arriver au sommet. C'est au fil des épreuves rencontrées que le corps et l'esprit marquent leur valeur, prouvant ainsi qu'ils sont dignes du but consenti.
Je finis par tomber sur une bifurcation qui s'enfonçait plus encore au cœur de ces bois, j'essayai bien de la suive mais le chemin devenant trop énigmatique, en plus de l'horloge qui ne cessait de tourner, je revins bredouille sur mes pas...
Mais puisque les paragraphes que j’avais consacrés à ce second cantique ont été tous remplis, le frein de l’art me dit que je dois m’arrêter.
Ensuite je revins de cette forêt sacrée, régénéré, pareil à la plante nouvelle qu’un feuillage nouveau vient de renouveler, pur enfin, et tout prêt à monter aux étoiles.

Chant III : Le Paradis

La gloire de Celui qui met le monde en branle remplit tout l’univers, mais son éclat est tel qu’il resplendit plus fort ou moins, selon les lieux.
Je montai jusqu’au ciel qui prend de sa splendeur la plus grande partie, et j’ai connu des choses qu’on ne peut ni sait dire en rentrant de là-haut, car en se rapprochant de l’objet de ses vœux l’intelligence y court et s’avance si loin qu’on ne saurait la suivre avec notre mémoire.
J'ai rebroussé chemin, disais-je donc, mais pour suivre un ultime sentier, le plus raide, le plus glissant et ombragé de l'ascension entamée en ce jour. Mon courage fut constamment mis à contribution pour arriver au sommet convoité, mais ma curiosité à la vue de ces murets verts de mousse, gisant au milieu de nulle part, m'aida bien dans cette entreprise.
Au sommet de ceux-ci, perdue au milieu des bois environnants, je trouvai avec étonnement une petite prairie ronde, parfaitement plate et avec un foyer central, probablement utilisé par les chasseurs des environs lors de leurs battues. Au milieu de ces forêts sombres à l'apparence hostile, de cette nuée ambiante étouffante, j'avais alors atteint le petit paradis terrestre dont mon âme avait besoin aujourd'hui pour se ressourcer... J'en fis le tour comme l'enfant insouciant qui découvre sa nouvelle aire de jeu, explorant chaque singularité visible, profitant du panorama infini offert sur la plaine, dont la vision m'apparaissait de plus en plus claire avec la brume qui se dissipait peu à peu.
J'eu alors la sensation d'être libéré du poids de ces tracas, certes infimes, mais qui vous accablent inutilement... A ce moment précis, j'aurais peut-être du essayer de continuer encore...
Mais j’étais hors d’état de voler aussi haut ; quand soudain mon esprit ressentit comme un choc un éclair qui venait combler tous mes désirs.
L’imagination perdit ici ses forces ; mais déjà mon envie avec ma volonté tournaient comme une roue aux ordres de l’amour qui pousse le soleil et les autres étoiles.

Épilogue

Le retour se fit paisiblement avec mon nouveau compagnon le Soleil qui concéda finalement d'accompagner cet homme régénéré qui s'offrait en pénitent repentant à sa vue au sommet de son aventure du jour.
Comme touché par une grâce merveilleuse qui touche les tréfonds de l'âme qui a su s'en rendre digne par l'effort consenti, je pus profiter de la vision des alentours, claire et nimbée de cette douce lumière de fin de journée pour clore mon chemin.
Par contre, je ne pouvais consentir à terminer ce voyage sans suivre une nouvelle fois le sentier maudit, celui-là même qui comme je l’énonçai plusieurs fois plus avant nous avait trompé dans notre quête mon Virgile d'alors et moi-même. Ce fus donc un dernier hommage que je fis, et un travail de mémoire pour un bon moment passé avec un ami.
J'espère que cette narration originale vous a plu, et vous a vous aussi donné envie de monter à l’Étoile (Stella en corse).
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Un lundi soir à l'entraînement


Il est 19 heures. Ou plutôt 18h55, après tout j'arrive bien assez en avance pour me permettre de m'esquiver avant l'heure. De toute manière j'en ai marre de servir de punching ball pour tous ces gens à peine malade qui ne veulent pas débourser le moindre centime pour leur santé et qui pense que je cherche au mieux à les escroquer, au pire à les empoisonner (ne me tentez pas, de par ma formation je suis parfaitement capable de le faire sans laisser de traces...).

L'envie de partir à l'entraînement n'est pas vraiment là : si je m'écoutais je rentrerai ma caler chez moi avec pour ne plus entendre personne jusqu'à demain. Quoi que... après tout çà ne me tuera pas de me dépenser, au contraire vu que le lundi soir on est entre membres du club, et que ceux de Lucciana ne viennent pas, çà sera plus tranquille. et puis, Adrien nous fait  des entraînements cardio, c'est toujours bon et pas trop dangereux niveau ecchymoses. Seul bémol : si je suis seul, je risque d'en baver... pourtant, avec toute cette publicité entre le site, les pages Facebook et Google+ et le fil Twitter, je n'arrive pas à comprendre le manque de succès du club. On est entre gens sympathiques, on s'amuse bien aux entraînements mais on bosse quand même, même si le ring n'est pas pour moi.

J'arrive comme à chaque fois vers 19h10, j'attends cinq minutes dans ma voiture garée dans les ténèbres du parking éloigné pour éviter la cohue des parents des karatékas qui squattent la salle juste avant nous, et je me décide à me rapprocher pour voir les forces en présence. Et... personne. Bon, c'est pas comme si je ne l'avais pas prévu, d'autant plus que Mathieu et Adrien ne tardent pas. Prise de contact avec discussions d'usage, jusque là la routine.
De longue minutes s'écoulent et personne d'autre. Puis Alain arrive. Il me semble l'avoir croisé l'an dernier quand j'avais encore le temps d'y aller au tout début. Je ne suis pas sûr donc le rapport reste distant (je suis comme çà).

Les petits karatékas partis, avec 5 bonnes minutes de retard pour changer, transformation rapide de ma tenue ou je troque mon chemise-jean-chaussures de ville contre mes bon vieux effets de boxeur : le t-shirt que l'on s'étaient fait floqués il y a deux ans (collector s'il en est), le short en satin qui va bien avec sa coquille qui me rassure (les mecs ne pensent définitivement qu'à cette partie de leur anatomie...) et surtout les bandes bien délavées.
Jean André arrive entre temps, encore 5 minutes de blablas même si l'on est en tout et pour tout 5, dont un entraîneur,  un gars qui fait de l'entrainement type HIIT et un invalide de 20 ans... La dream team au complet quoi... Bon ben on tournera encore à deux ce soir, avec Alain. Et zou ! départ pour les traditionnels tours de course autour du tatami, avec exercices divers et variés qui te font cracher tes poumons d'asthmatique, mais qui sont un mal nécessaire pour ce qui t'attend...

Et d'ailleurs çà ne manque pas : 3 ateliers d'une minute chacun avec 30 secondes de récupération entre chaque, en tournante. Au menu : sac avec pieds-poings en mise en situation de sortie sur distance rapprochée ; sac avec enchaînement pieds low-kick, middle-kick, high-kick ; et shadow en guise de récupération active. Lancez-vous pour 5-6 séries sans repos et tâchez de ne pas vous essouffler, vous verrez...

Une fois ceci fait, on pensait être tirés d'affaire, mais on a eu la surprise d'avoir une simulation grandeur nature de sortie sur distance rapprochée (limite corps à corps). rétrospectivement, je pense qu'on peut dire que le plus dur a été de nous imposer de nous rapprocher... Nous sommes des gens pudiques nous môssieur... On ne se colle pas entre mecs dès le premier soir... Plus sérieusement, çà nous aura au moins permit de mettre en évidence un manque flagrant d'imagination malgré les menaces d'Adrien de nous faire faire des pompes si on refaisait toujours les mêmes enchaînements.

Pour finir quelques petits rounds de touche-touche pour entretenir l'amitié, quelques pompes et abdos et encore une bonne suée pour ce lundi soir à l'entrainement...
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Les promenades du rêveur solitaire - Rutali "Tra aghje e pagliaghji" en novembre 2012




Aller se promener dans le Nebbiu par temps couvert, quelle bonne idée n'est-ce pas ? Pour ceux qui ne connaissent pas (c'est à dire près de 99,9 % de la population mondiale, vu que la Corse n'est pas le centre du monde), c'est une région de l'île qui, comme son nom l'indique, est (très) souvent embrumée de par sa situation géographique où la proximité du littoral et des montagnes tend à faire s'accumuler les masses nuageuses basses. Pourtant n'exagérons rien : à environ 600 mètres d'altitude, on reste dans les limites du raisonnable en terme de visibilité, d'autant plus que le temps est gris mais plutôt stable.

J'ai donc décidé en ce jour de suivre le chemin de randonnée « tra aghje e pagliaghji » près de Rutali. Je n'ai pas grand chose à perdre en ce samedi gris, plus propice à une après midi d'inactivité intense qu'à partir en dehors pour une sortie pédestre improvisée. J'y vais alors gaiement d'une certaine façon, vu que je trouve une excuse pour fuir mon appartement, net sans compter le fait que la route est toute proche de chez moi une nouvelle fois.

Une fois aux abords de Rutali, le départ se fait peu avant l'entrée au village, le panneau indiquant le chemin étant visible depuis le bord de la route. Pour une fois je suis hors d'un hameau, je suis satisfait ma misanthropie latente s'exprimant, je préfère en effet m'adonner à ma passion à l'abri des regards. Non pas que j'ai honte, mais d'une certaine manière je dois ainsi m'assurer d'éviter de nouer d'autres liens éphémères avec mes semblables. Mais laissons là ces considérations.

En fait, le panneau indique simplement un petit sentier à suivre en forêt pour rejoindre le circuit à proprement parler. Ce sentier est d'ailleurs assez intéressant en lui-même dans le sens où l'on y aperçoit déjà les-dits pagliaghji, anciennes bâtisses de pierre à usage surtout pastoral. La région en semble très riche en terme de quantité ainsi qu'en qualité, certains ayant été plus ou moins réhabilités pour les besoins des visiteurs en mal de monuments illustrant la pédagogie voulue par les initiateurs de la boucle.

Une fois la forêt traversée, la direction pour tomber sur une petite borne d'information donnant des détails sur le chemin de randonnée ainsi que sur l'utilisation passée des pagliaghji et des aghje – aires de battage – associées, est indiquée. La boucle est courte alors, et c'est tant mieux finalement, les brumes du Nebbiu me font un peu peur pour un hypothétique retour à l'aveugle, même si je n'y crois pas trop.
De cabane en cabane, je profite au contraire d'un panorama de plus en plus intense et clair sur l'étang de Biguglia en contrebas, et sur les montagnes à l'opposé (la brume à leurs crêtes est à la fois sublime et inquiétante, qui sait si elle s'abattra sur moi en brouillard ou en pluie si je n'y prête attention...).

Je finis par atteindre deux endroits chargés d'émotion : au lieu marqué « I Pughjali », on peut apercevoir les tombes de six tirailleurs marocains tombés durant la Seconde Guerre Mondiale lors de la libération de la Corse, et non loin, dans les hauteurs, une croix blanche qui commémore le crash d'un Dragon2B en 2008 alors qu'il était en intervention pour secourir une jeune femme qui venait d'accoucher... Je ne suis pas quelqu'un de croyant, mais par égard pour les personnes décédées en ces lieux, je n'ai pas envie de m’appesantir de trop sur le sujet. J'avais pourtant beau savoir à l'avance que je passerai près du lieu de cet accident tragique, le fait de m'approcher de cette croix me laisse quand même un arrière goût de tristesse au milieu de ce que je me figurais comme une balade destinée à me détendre un peu en cette fin de semaine. Ce mois de novembre s'annonce bien morne avec ces trajets dans des lieux où la mort vous entoure de son souvenir silencieux mais indélébile...

Une nouvelle fois la vie continue, nous n'avons d'autre choix que d'aller de l'avant malgré toutes les choses plus ou moins dures et injustes qui peuvent nous tomber à tout moment sur le coin de la face sans crier gare. C'est en quelque sorte la plus grande force de l'être humain : avancer quoi qu'il se soit dressé devant lui, pour lui-même ou pour les autres, au choix. Plus ou moins consciemment, nous savons tous que c'est notre unique alternative au fond. J'applique alors cette conclusion en me décidant à poursuivre ma route, non sans marquer les deux lieux de ma bénédiction, à prendre pour ce qu'elle vaut, par un discret signe de croix à chaque fois.

La boucle s'achève tranquillement alors, je retombe sur le sentier qui mène au point d'information du départ. J'explore rapidement les derniers pagliaghji et aghje, et rentre rapidement par le chemin forestier d'où j'étais arrivé. J'ai évité une nouvelle fois les caprices des éléments et j'ai pu partager l'histoire des tragédies locales. J'ai de la chance, car d'une certaine façon çà me rend plus humain, ou du moins plus apte à comprendre la détresse d'autrui.
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Le Quetzal de Schrödinger


Ubuntu, on aime ou on n'aime pas (mais pas les deux à la fois, il n'a de quantique que le nom pour le coup...), tout dépend des goûts de chacun. Déjà que Gnome 3 anime beaucoup de débats sur la toile quant au bien-fondé de la direction prise qui en déroute plus d'un, Unity termine d'enfoncer le clou en se permettant de prendre sa propre direction vis à vis du Gnome Shell.

Pourtant, après une escapade "Gnome pur jus" avec openSUSE 12.1 puis 12.2, je dois dire que Unity m'a plutôt positivement étonné. Venant de Windows (non je n'ai pas honte, pourquoi se priver du système préinstallé sur mon PC ?) j'avais pris au fil des versions mes habitudes avec la barre des tâches et le menu Démarrer, qui même s'ils n'étaient pas la quintessence de l'efficacité permettaient de switcher rapidement entre mes diverses fenêtres si le besoin se faisait sentir...
Sous Gnome Shell, cette absence de barre des tâches s'était finalement vite fait sentir justement, le visuel des applications ouvertes étant quand même appréciable. Unity et son dock latéral permet de remédier en partie à cela, vu que finalement celui-ci reprend les fonctionnalités de la barre de Windows, tout en sachant se faire discret si on lui demande de s'éclipser quand il n'est pas solicité.

Autre point intéressant, la disparition de la barre de menu des applications qui fusionne avec la barre supérieure et s'affiche au survol de la souris. Que ce soit clair : au début c'est surprenant (surtout quand tu ne le sais pas... et que tu passes trois plombes à le chercher...), mais finalement pas plus anergonomique qu'un bandeau perdu en permanence pour des fonctions souvent à disposition sous forme de raccourcis en icônes.

Niveau "petits plus qui vont bien", la logithèque est bien pourvue, et le concept du centre de téléchargement à la app store devient plus sympathique que de devoir télécharger ses propres fichiers d'installation, les exécuter, choisir les chemins d'installation, décocher l'installation insidieuse de la toolbar fournie avec... Les mises à jour en sont d'ailleurs d'autant facilitées vu que toutes les sources déclarées font l'objet de la recherche.

Concernant le hardware : complètement bluffé... Fini l'ère du Linux à configurer austèrement à compiler ses propres pilotes dans un terminal, que ce soit ma carte graphique (une petite Radeon HD histoire de jouer à Diablo III à l'occasion), mon imprimante-scanner ou ma tablette graphique, tout marche sans manœuvre supplémentaire avec Ubuntu ! Certes, les "joueurs-bidouilleurs" chercheront à installer les pilotes AMD-ATI propriétaires pour gagner encore en efficacité, mais même de ce côté-là, le pilote libre fourni d'office rempli bien son oeuvre pour du surf et de la bureautique (mon usage actuel du PC quoi...).

En conclusion, à l'aube de Windows 8, qui tranche avec les standards préétablis ces dernières années et tente le paris risqué de l'unification des 3 mondes numériques (le PC, la tablette et le smartphone), on voit, s'il était encore besoin de le démontrer, que le monde de Linux prend doucement mais surement une ampleur bien méritée de par ses qualités intrinsèques. Et surtout, que malgré cette mode de l'unification qui frappe même son petit dernier (Android), chacun peut trouver chaussure à son pied avec les nombreuses distributions disponibles.
Cependant, je mets de l'eau dans mon vin concernant l'OS de Microsoft :  comme expliqué précédemment, je l'ai testé sur un matériel vieillissant, sans pilotes adaptés et rapidement le temps d'être dérouté par ModernUI. D'où ma relative déception. Mais je salue la prise de risque salutaire pour faire bouger le monde trop figé des interfaces utilisateurs, qui finalement depuis des années nous ressert les mêmes recettes avec simplement plus de cosmétique pour faire passer la pilule.
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Les promenades du rêveur solitaire - Les environs de Sisco en novembre 2012


Le 1er novembre. Un jour triste par excellence vu qu'il précède celui des morts et que de toute manière la plupart d'entre nous se rendent au cimetière ce jour là. Un jour important dans les traditions de l'île : peu d'insulaires ne se plient pas au rituel du dépôt de fleurs sur les tombes et de bougies allumées pour commémorer ceux qui les ont quittés. Je n'aime pas les traditions, du moins pas si je me sens contrains de les respecter, la mémoire de mes défunts me suffit bien au-delà de ce rendez-vous avec le tout Bastia au cimetière. Je n'ai pas envie de m'afficher dans cette sorte de mascarade où la véritable attachement aux êtres aimés se mêle avec la simple convention sociale vide de sens.

Une fois n'est pas coutume, je ne me rends pas au cimetière. J'ai envie de marcher, cette fois-ci plus pour la marche loin des regards que pour une quelconque envie d'exploration. Je veux juste être seul, profiter de la belle journée en contraste total avec les circonstances religieuses fêtées. C'est tout. Je veux retourner dans le cap, Dieu seul sait combien de temps je pourrais encore m'y rendre avant que la saison ne se dégrade et que je doive me restreindre à des trajets proches et moins longs à parcourir. Je veux tenter les environs de Sisco où j'ai trouvé un circuit à faire selon deux boucles possibles, et je veux faire la plus longue qui relie nombre de petit hameaux des hauteurs de la commune.

Le départ se fait à partir du hameau de Moline, où je dois longer la rivière qui coule vivement en bas de celui-ci pour poursuivre. Le sentier est très rapidement forestier, et je ne peux m'empêcher de jeter un œil à ce cours d'eau qui gronde furieusement si près de moi malgré sa taille relativement modeste. Je décide de m'en approcher pour voler quelques clichés contrairement à mon idée initiale de marche simple. Focalisé sur le cours d'eau, je suis cependant ramené à la réalité par un bruissement assez important à mes pieds, suffisamment en tout cas pour que j'ai l'impression qu'il était le fait d'un animal qui passait par là. Je ne sais ce qui l'a produit au juste, et ne veux pas le savoir. Comme par instinct de conservation, j'élude le pseudo-danger est évitant soigneusement de regarder mes pieds. J'ai bien peur que ce soit une couleuvre réveillée par la douceur ambiante, et qui voulait tranquillement lézarder sous les rayons tièdes du soleil de novembre. Ma réaction est idiote : quand bien même j'aurais été attaqué par un animal, éviter de voir mon agresseur n'aurait rien changé à l'issue de la confrontation. Si ç'avait été un serpent je lui aurait laissé le champ de bataille de par ma peur panique et incontrôlée de ces bestioles. Si ç'avait été autre chose, une blessure infligée par l'autre belligérant m'aurait contraint au combat. J'ai finalement eu la meilleur réaction de compromis : rester sur mes positions, ou plutôt les quitter posément, plutôt que de risquer une attaque de panique et devoir rebrousser chemin tout affolé avec la honte d'avoir pu être l'objet de railleries de possibles spectateurs.

Tracassé par cette interrogation sur la véritable nature de la vibration, je poursuis le sentier forestier en direction du hameau de Balba où il est dit qu'une tour ronde et des maisons d'américains sont visibles. En effet, à mon arrivée, je peux constater la présence de celles-ci. Mais je m'en fiche un peu : d'une part ce ne sont pas les premières tours ou demeures d'américains que j'aurais vu en l'espace de quelques mois, et d'autre part je n'ai qu'à moitié le cœur à çà, je le dis et le répète encore. Soit. Direction Muncaghja pour une autre tour. Je trace droit par le sentier pédestre qui, je m'en aperçois, coupe par endroits la départementale qui relie les hameaux entre eux. J'oscille en permanence entre la présence humaine et la nature, c'est troublant d'une certaine façon. Je dois tantôt lire des marques de couleur, tantôt des panneaux de signalisation routière, j'ai un goût amer à ce moment, je regrette un peu cette balade qui me semble alors bien fade.

Pourtant, à mesure que je grimpe le long de ce sentier, je ne peux que constater le nombre impressionnant de sépultures visibles. La pensée un peu narquoise qu'elles illustrent bien la journée dessine un sourire au coin de mon visage, j'aurais presque honte du mauvais goût de mes pensées. Au moins suis-je alors en train de penser, de m'abandonner un peu à la rêverie en oubliant le reste. Muncaghja ne tarde pas à apparaître, mais pas cette tour carrée dont le guide parle. Suis bien là où je dois être ? A priori oui, mais dans ce cas, où est ce monument que je ne vois nulle part ? Alors que mon esprit est assailli par le doute d'avoir bifurqué au mauvais moment et de finir nulle part pour la première fois, je scrute toutes les directions à la recherche du précieux sésame manquant... qui se dresse en fait juste derrière moi en levant un peu la tête. Ouf. Je peux continuer... ou me rapprocher un peu de la tour qui m'a causé tant de tracas inutiles. Après tout qu'ai-je à perdre si ce n'est quelques minutes ? Une nouvelle fois, ma route croise celle du cimetière du hameau. Décidément, le Ciel doit vouloir me faire passer un message au sujet de ma désertion de mes obligations de mémoire. Qu'importe, ce qui est fait est fait, je dois terminer mon parcours dans tous les cas.

Direction Barrigioni puis Teghje, le bien nommé hameau aux toits de lauze (« teghje » justement en corse). Pour une fois je me surprends à admirer l'architecture d'habitations humaines, et surtout à oser emprunter les ruelles sans avoir l'impression d'empiéter sur l'espace vital d'autrui. L'interlude est même un peu trop court à mon goût, le long chemin vers le couvent Saint Antoine m'attend. Je me trompe cependant de route en empruntant pendant quelques minutes celle de la petite boucle que je ne voulais pas faire. Celle-ci m'emmenait au cœur de la forêt en contrebas du hameau de pierre, une nouvelle fois encore plus en retrait du tumulte qu'un village peu évoquer. Le chemin peu marqué me fait vite comprendre mon erreur, même si je dois concéder que l’emprunter ne m'aurais pas plus que çà gêné. Mais bon, on me promet les ruines d'un moulin et d'un pont. La symbolique de ces lieux jadis plein de vie et désormais ombres de leur splendeur passée me rappelle ce jour funeste que je vis. D'une certaine façon, c'est çà mon devoir de mémoire, loin de la visite futile de monuments de pierre où les défunts reposent, le devoir de se souvenir de ce que les morts ont pu représenter de leur vivant, sans pour autant renier leur passage à l'au-delà.

Je m'enfonce ainsi dans la forêt en contrebas et tombe en effet sur le moulin qui jouxte une rivière à l'eau grondante. J'admire le contraste entre cette eau si fougueuse, en mouvement rapide et effréné, et l'édifice de pierre désormais figé dans le temps. Je continue ces symboliques en traversant le pont au-dessus du cours d'eau : le lien entre la vie et la mort me semble très étroit en ce jour, bien plus qu'il ne me le paraissait en d'autres moments. Ces réflexions un peu métaphysiques apparaissant au gré des détours des sentiers sont un peu le sel de mes escapades. De prime abord, on peu les juger inadéquates pour une activité présumée physique de par sa nature, et pourtant l'isolement dans un environnement différent du sien aboutit souvent à de belles réflexions.

Je continue mon chemin qui sort bientôt de la forêt pour aboutir à un paysage plus dégagé mais de fait plus monotone. Une fois la phase allégorique passée, le reste du chemin me semblerait presque fade... J'aboutis ainsi presque dépité au monastère Saint Antoine, mais le cerbère local incarné dans le corps frêle de ce dogue français qui m'aboie hardiment pour un être de sa taille m'évoque alors le gardien infernal qui m'enjoint de ne piper mot de mon séjour dans son au-delà...

Je termine ma route en longeant une nouvelle fois un cimetière. Décidément je n'aurais pu y échapper. Mais au moins ai-je pu avoir une pensée, certainement plus profonde qu'elle ne l'aurait été si j'avais simplement été sur la tombe familiale, pour les défunts qui sont, et seront toujours, chers à mon cœur.
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Réflexions sur l'avenir : Windows 8 - openSUSE 12.2 - Ubuntu 12.10

Un bon gros sujet bien geekesque s'il en est. Pourtant à l'aube du déploiement de Windows 8 et de sa ModernUI très "tablettisante", la question de la remise en question justement doit se poser. Surtout que mon matériel est un tantinet vieillissant (même s'il répond encore parfaitement à mes besoins vu que je ne joue quasiment plus sur PC, ni ailleurs d'ailleurs...).

Je l'ai déjà dit : j'ai installé openSUSE 12.2 avec GNOME 3 sur un de mes vieux portables (KDE, j'ai beau essayer, pas moyen... Pourtant c'est le plus proche de Windows à mon sens...) et je fais mumuse avec le GNOME Shell, voire même avec les dépôts de Tumbleweed (la rolling release d'openSUSE).
Rien à redire de l'expérience linuxienne : lancer Chromium est identique quel que soit l'OS, et pour le reste vu que je travaille surtout avec des outils issus de l'open source, je retrouve la même chose également (GIMP, Libre Office (même si je dois souvent produire des document sous MS Office... bonjour la compatibilité)...).
Gros bémol : pas de pilote propriétaire pour la vieille Radeon intégrée, donc des performances qui me semblent quand même en deçà de ce qu'elles devraient être (malgré l'âge avancé du vénérable ordinateur...).

Pourtant j'ai voulu quand même tester la version d'essai publique de Windows 8 sur mon deuxième portable (je suis très conservateur dans l'âme), et quelle ne fut pas ma surprise vis à vis de la prise en main du bestiaux... Que ce soit clair, je suis à la base fan de Metro, pardon ModernUI, depuis l'avènement de Windows Phone 7, le style sobre et épuré me bluffe et me ferait presque (j'ai bien dit presque...) regretter mon allégeance à Android. Cependant, ce qui est adapté à l'usage tactile ne l'est pas forcément à la souris et au clavier (et vice versa).
Alors oui, il y a un semblant de bureau avec une barre des tâches sans menu démarrer (???) pour pouvoir utiliser les bons vieux exécutables, mais le futur proche annoncé est la généralisation des applications sauce ModernUI. Parfait pour des petites applications à la sauce tablette/téléphone, mais je reste circonspect quand à l'efficacité au quotidien de la solution.
Je dois reconnaître que mon jugement est surement durci à l'encontre du nouveau Windows car son démarrage sur mon vieux PC est lent... très lent... TROP LENT !!! Là où même un Vista s'ouvrait en 2 minutes, il lui en faut presque 5 pour daigner m'afficher le merdier les tuiles... Par ailleurs la carte graphique intégrée n'ayant pas de pilotes spécifiques pour Windows 8, la sale résolution a achevé de me dégoûter de la bête.
Ce qui me rassure, c'est qu'il semble que je ne sois pas le seul dérouté par 8... On verra bien si un jour je change de PC si j'aurais envie de m'y plonger plus en détail.

Enfin, sur mon "fixe", j'ai profité de l'existence de Wubi pour faire un test d'Ubuntu 12.10.
Wubi est un outils génial dans le sens ou il permet d'installer Ubuntu à partir de Windows dans un fichier qui lui fait office de système de fichier indépendant, tout en restant dans le giron dudit Windows, donc sans aucun effet adverse pour l'environnement de base de l'ordinateur (tellement vrai quand vous avez une partition de restauration du bouzin, gaffe à rien lui faire à celle-là...).
Un simple redémarrage permet de switcher entre les 2 OS sans que Ubuntu ne soit pénalisé par une virtualisation. A priori, le seul souci vient d'une perte de performance dûe à l'installation au sein d'un système de fichier de Windows, moins adapté qu'un bon vrai partitionnement. Mais rien de bien méchant, la bête tournant au petit oignons.
Au sujet d'Ubuntu : Unity ou on aime ou on n'aime pas, le fait est qu'à moins de tenter l'aventure avec une des variantes comme Kubuntu, on ne peut pas y couper... Finalement, la prise en main n'est pas si désagréable que çà, et l'on retrouve des repères "à la Windows" dès que l'on comprend que le dock latéral est à peu près équivalent à la barre des tâches avec les raccourcis ancrés dessus. Le plus déstabilisant reste les menus ds applications qui se fondent à la barre supérieure mais qui n'apparaissent qu'au survol de la souris... une petite habitude à prendre.
Comme pour son petit camarade openSUSE, ma logithèque ne s'est pas trouvée trop pénalisée, et j'irais même jusqu'à vous avouer qu'au jour d'aujourd'hui il est devenu mon système préféré à l'usage (ne reste plus qu'à configurer Insync pour avoir ma synchro Google Drive et mon petit monde sera parfait...).

En conclusion, le monde de l'informatique est plus que jamais à un tournant dans l'histoire des OS, de par le bon en avant de Microsoft pour Windows 8 qui oblige les utilisateurs à se remettre en question et non plus à se cramponner comme de simples mollusques à leurs petits habitudes acquises au fil du temps. Le créneau est à saisir pour les distributions Linux, d'autant plus que leur maturité n'est plus à démontrer (ma tablette graphique et mon imprimante fonctionnent sans que j'ai eu à faire quoi que ce soit niveau driver, que demander de plus ?) et que les questions d'ergonomie pour l'utilisateur lambda sont à l'ordre du jour, n'en déplaisent aux puristes des commandes en terminal (un coup à prendre, je le faisais bien sous DOS à l'époque de Windows 3.11...).

La partie ne fait que commencer, pour notre plus grand plaisir amis utilisateurs...
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Les promenades du rêveur solitaire - La chapelle Saint André de Biguglia en octobre 2012



Hier la chapelle Sainte Marie de la commune de mon enfance, aujourd'hui la chapelle Saint André de la commune où je réside. Le temps est incroyablement beau en cette fin octobre, mais par rapport à la veille incroyablement plus froid. Pour Furiani je n'avais qu'un t-shirt en coron léger et encore il faisait très bon , pour Biguglia je suis passé à la polaire. Ceci me fait prendre conscience que je dois rester vigilant quand à l'équipement que j'amène avec moi dans ces escapades. En admettant qu'il puisse m'arriver quoi que ce soit qui me retarderait dans mon parcours, ou que la mauvaise météo me rattrape, je ne tiens pas à grossir la rubrique dans fais divers, catégorie randonneur imprudent.

Mais passons. J'accède aux hauteurs du village de Biguglia d'où le tracé part juste derrière un petit lavoir. Un escalier de béton brut marque le début de la piste à suivre. Çà ne me semble pas très naturel mais je sais que les choses vont changer bientôt vu que les ruines de la chapelle Saint André où je veux aller sont en pleine nature et surtout loin des habitations. Le petit sentier forestier est sympathique, pas encore abrupt, et laisse entrevoir le désormais panorama classique de l'étang de Biguglia et d'une part de plus en plus importante de la plaine à mesure que l'on grimpe. Quelques pagliaghji en ruine agrémentent le tout alors même que le chemin perd de sa netteté de part les feuilles mortes qui jonchent le pied des arbres environnants. Mais rien de bien sorcier jusque là, ayant croisé un panneau avec un laconique mais utile « CHAPELLE » un peu avant. Panneau que je redresse quelque peu d'ailleurs, les aléas de la météo et un entretien tout relatif à mon avis l'ayant quelque peu chahuté.

A mesure que l'altitude croit, les arbres se raréfient pour laisser place au maquis de bruyères entrelacées de joyeusetés à épine qui vous font apprécier une tenue couvrante en lieu et place d'une légère, même si le froid sec de la journée la justifiait déjà comme annoncé plus haut. La route rétrécit drastiquement, je suis ce qui semble être une rigole formée par l'écoulement des eaux de pluie où j'ai parfois juste la place de passer sans me faufiler malgré mon petit gabarit. Çà commence à tirer sur les cuisses vu que la pente augmente. C'est l'archétype même du passage que je n'aime pas dans mes promenades : la visibilité éteint restreinte par la densité de la végétation, vous êtes contraints bon gré mal gré de suivre cette unique voie en espérant ne pas avoir loupé une bifurcation semi-emmurée d'arbustes ayant trop poussé l'été.

La montagne semble encore haute, le vent se lève, accentuant l'impression de froid qui traverse un peu ma polaire. J'ai bien un coupe-vent dans mon équipement mais c'est encore supportable donc pas d'urgence à l'enfiler. La végétation devient désormais presque rase, la vue se dégage sur le sommet en face de moi, mais également sur la plaine derrière, que la vision balaie largement de par la netteté de l'horizon épuré par le souffle du vent. La chapelle est désormais en vue. Du moins ce qu'il en reste. En effet, le temps a fait sur elle son œuvre de destruction : seul subsiste réellement le mur à l'arrière de ce qui a du être l'autel. Une croix de bois s'y dresse avec une petite plaque à la mémoire d'une personne disparue. J'ai mis un peu de temps avant d'oser pénétrer dans les ruines. Les lieux sacrés ont mon profond respect même si je ne l'exprime pas en dehors de ces rares moments où je les côtoie encore.

Le moment est solennel : seul au milieu de nulle part, dans les vestiges de la chapelle du saint patron de ma ville actuelle, avec près de mille ans d'histoire sous mes pas. Une nouvelle fois la plaine s'offre à moi en bas, toujours aussi magnifique à mes yeux malgré sa relative morosité quand on la compare aux rivages tourmentés du cap, de la Balagne ou du sud, ou bien aux mont et vallées du centre. Pourtant, en tant que bastiais de souche, ayant migré progressivement vers la périphérie sud, j'y suis attaché comme l'enfant aime sa mère sans se soucier aucunement de son apparence.

Il fait de plus en plus frais, je dois me résoudre à redescendre, d’autant plus que les nuages qui passent furtivement devant les rayons du soleil tendent à faire encore chuter la température par moments. La descente est aussi délectable que la montée vu que j'ai ce paysage de carte postale décrit plus haut devant moi. Et quand bien même je traverse la forêt qui me bouche la vue sur les alentours, je suis tout de même heureux d'avoir pu, si près de chez moi pourtant, profiter d'une piste à l'histoire intimement liée à Biguglia.
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